La faim baisse dans le monde mais progresse en Afrique
Alors que la faim recule dans le monde, elle progresse en Afrique. C’est l’un des constats alarmants du rapport annuel publié ce lundi 28 juillet, par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’agence alerte sur l’impact durable de l’inflation des prix alimentaires et appelle à des mesures urgentes pour protéger les plus vulnérables.
Conflits armés, sécheresses, stagnation de la production agricole… La FAO dresse un panorama sombre de l’insécurité alimentaire en Afrique. À ces fragilités structurelles s’ajoutent les conséquences des chocs récents comme la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et la flambée des prix. Les aliments les plus nutritifs – fruits, lait, œufs – deviennent ainsi inaccessibles pour une large part des ménages.
David Laborde, directeur de la division économie agroalimentaire à la FAO, observe une dégradation du contenu des assiettes : « Les produits de base comme l’huile de palme, le riz ou le blé ont vu leur prix augmenter plus vite que d’autres produits comme les fruits et légumes sur les marchés locaux. Mais comme les gens sont plus pauvres, ils ont sacrifié la consommation des fruits et des légumes pour maintenir leur apport calorique sur les produits de base. »
Un nouvel indicateur mondial, validé cette année, montre que seul un quart des enfants africains mangent suffisamment varié, mettant ainsi en avant des carences, des retards de croissance et des vulnérabilités. « Certains enfants en Afrique ne voient pas ou ne verront pas ces aliments dans leurs assiettes avant l’âge de 7 ou 8 ans. Le but, ce n’est pas juste de manger. C’est de manger bien, pour assurer une bonne santé et un développement aussi bien physique qu’intellectuel », précise David Laborde.

