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Mali: une nouvelle «Charte pour la paix et la réconciliation» qui divise

Au Mali, le projet de nouvelle Charte nationale pour la paix et la réconciliation a été remis cette semaine au président de transition, le général Assimi Goïta. Un texte censé « panser les blessures profondes laissées par des années de crises multiformes » et « jeter les bases d’un Mali apaisé, uni et tourné vers l’avenir », selon la présidence. Mais les rebelles indépendantistes du Nord, qui n’avaient pas été associés, le rejettent catégoriquement, tout comme les politiques d’opposition.

Le texte complet n’a pas encore été publié. Il devrait l’être sous peu, après son adoption par le Conseil national de transition et sa promulgation par le chef de l’État. Mais d’après les fuites auxquelles RFI a pu avoir accès, son champ est très vaste : ses 106 articles parlent de justice, d’économie, de gouvernance, d’éducation, de lutte contre la corruption… Surtout, le texte « souligne la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes ». En clair, sans facilitation ou sans ingérence, selon les points de vue, étrangère.

L’accord de paix de 2015, conclu avec les indépendantistes du Nord et rompu par les autorités maliennes de transition, avait été élaboré avec l’appui d’une médiation internationale conduite par l’Algérie, devenue bête noire des militaires au pouvoir. Le nouveau texte est présenté par les autorités de transition comme une alternative nationale et souveraine.

« Concertation et inclusivité »

La nouvelle charte a été « élaborée dans un esprit de concertation et d’inclusivité », se félicite la présidence. Lors de la remise du projet de charte, le général Assimi Goïta a même souligné « le caractère participatif du processus », sous les applaudissements nourris des participants. Si des représentants de l’État et des collectivités, des organisations professionnelles, des syndicats ou des religieux ont bien été associés, la plupart des partis politiques – désormais dissous – avaient boycotté les travaux.

Quant aux principaux concernés, les rebelles indépendantistes du FLA, ils n’avaient pas été conviés. Le régime de transition les considère comme « terroristes », au même titre que les groupes jihadistes.