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Royaume-Uni: nouvelles tensions aux abords d’un hôtel hébergeant des demandeurs d’asile

Cris hostiles, fumigènes, jets de bouteilles : la façade de l’hôtel Bell, à Epping non loin de Londres, s’est transformée en champ de bataille. Des manifestants prennent pour cible cet hôtel qui héberge des demandeurs d’asile. Des heurts ont encore éclaté dimanche 21 juillet.
À l’origine du conflit qui éclabousse la ville d’Epping, ville au nord-est de Londres dans le comté d’Essex, il y a cette mise en examen d’un migrant âgé de 37 ans et accusé d’agressions sexuelles, rapporte notre correspondante dans la capitale britannique, Sidonie Gaucher. L’individu aurait tenté d’embrasser une adolescente de 14 ans, ce qu’il a nié quand il a été présenté à la justice jeudi.

Cette affaire a été le point de départ de tensions qui ont encore éclaté dimanche 20 juillet dans la soirée. Plusieurs centaines de manifestants ont jeté des projectiles en direction de la façade de l’hôtel Bell et en direction des forces de l’ordre déployées pour maintenir le calme. Dans leur viseur : les demandeurs d’asile logés dans l’établissement. « Renvoyez-les chez eux », « Sauvons nos enfants », ont-ils scandé, et « Expulsons les criminels étrangers », « Défendons nos filles », pouvait-on lire sur leurs pancartes.

Cinq personnes ont été interpellées, a indiqué la police. Quatre d’entre elles ont été arrêtées à leur arrivée au rassemblement, pour suspicion de troubles violents lors d’une précédente manifestation, jeudi soir, lors de laquelle huit policiers ont été blessés. La cinquième personne a été arrêtée « après qu’un de nos véhicules banalisés a été endommagé ce soir (dimanche) », a indiqué la police de l’Essex dans un communiqué.

Ces tensions autour des hôtels de migrants ne sont pas nouvelles au Royaume-Uni. Depuis plus d’un an, ces structures provisoires sont régulièrement attaquées et deviennent l’épicentre des crispations politiques. En filigrane, c’est toujours l’origine des demandeurs d’asile qui alimente le débat. Plusieurs influenceurs d’extrême droite se sont emparés de l’affaire d’Epping.

Jugés trop coûteux – plus de 8 millions de livres par jour –, les hôtels accueillant des demandeurs d’asile doivent fermer d’ici 2029, promettent les gouvernements successifs, qu’ils soient conservateurs ou travaillistes. Mais au-delà des chiffres, c’est toute la politique migratoire du Royaume-Uni qui reste sous tension. Ces heurts rappellent les émeutes anti-immigration qui avaient secoué le pays l’été dernier après le meurtre de trois fillettes par un jeune Britannique d’origine rwandaise dans la ville de Southport.

RFI