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L’Amérique latine, un exemple pour la régulation des réseaux sociaux et de l’IA?

Les dirigeants du Chili, du Brésil, de la Colombie, de l’Uruguay, ainsi que de l’Espagne, se retrouvent lundi 21 juillet à Santiago, lors du sommet « Democracy Forever ». Ces pays cherchent à protéger les droits de leurs citoyens et la démocratie, notamment face aux nouvelles technologies et aux géants de la Tech. Certains sont déjà des pionniers dans leur régulation, pouvant inspirer d’autres pays.
C’est la confirmation d’une tendance régionale aux conséquences mondiales. Le président du Chili Gabriel Boric accueille lundi 21 juillet à Santiago un sommet pour la « défense de la démocratie », avec la participation de ses homologues colombien Gustavo Petro, brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et uruguayen Yamandú Orsi, ainsi que celle du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Alors que la rencontre vise à promouvoir le « multilatéralisme, la démocratie et une coopération mondiale fondée sur la justice sociale », selon la présidence chilienne, les dirigeants présents veulent le faire via la lutte contre la désinformation et la régulation des nouvelles technologies.

Car de nombreux pays d’Amérique latine cherchent à protéger les droits de leurs citoyens face à la montée en puissance des réseaux sociaux et d’autres nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle (IA).

Dernier exemple en date, le Brésil continue d’adopter une posture très ferme concernant la lutte contre la désinformation, dans le but de protéger ses institutions et les droits de ses citoyens face aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies. Sa Cour suprême a durci le 26 juin la régulation des plateformes comme X, TikTok Instagram ou Facebook : les entreprises de la Tech sont désormais tenues responsables pour toute publication illégale et doivent les retirer « immédiatement », sans attendre une injonction d’un juge.

Preuve de l’importance de la décision, qui est inédite et qui fera jurisprudence : elle dérange jusqu’à Washington. Lorsque Donald Trump a annoncé son intention d’infliger des droits de douane punitifs au Brésil, il a avant tout dénoncé une supposée « chasse aux sorcières » contre l’ex-chef d’État brésilien Jair Bolsonaro. Mais dans sa lettre adressée à son homologue de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, mercredi 9 juillet, le président américain a également dénoncé ce qu’il considère comme des mesures de « censure » de la justice brésilienne contre les plateformes américaines de réseaux sociaux.

« Question de souveraineté nationale »

« L’Amérique latine et le Brésil, particulièrement, prennent de plus en plus une position pour la régulation des réseaux sociaux », explique Nicole Sanchotene, postdoctorante et chercheuse au NetLab, laboratoire sur internet et les réseaux sociaux de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). Et le sommet à Santiago est l’image d’« un effort collectif et un effort d’interaction, palpable notamment au Brésil, mais aussi en Argentine et au Chili ».