Argentine: le prestigieux hôpital pédiatrique Garrahan de Buenos Aires au bord de l’effondrement
En Argentine, la santé n’est pas épargnée par la « tronçonneuse » du président ultralibéral Javier Milei qui ne cache pas son projet de démanteler l’hôpital public. C’est pour le défendre que des milliers de soignants sont descendus dans les rues de la capitale jeudi 17 juillet à l’appel des médecins de l’hôpital Garrahan, la prestigieuse institution pédiatrique désormais à bout de souffle.
À l’écart de l’imposant cortège de blouses blanches qui défilent vers le palais présidentiel argentin, Delvia brandit timidement une pancarte : « Mon fils est tombé malade à neuf ans, il a été admis au Garrahan dans un moment critique et ils lui ont diagnostiqué la maladie de Crohn, c’est le seul hôpital où il peut être traité…. Et c’est un interne qui a découvert la maladie… Alors, je viens défendre l’hôpital ».
Joaquin est interne en pédiatrie. Aujourd’hui, son salaire ne lui permet plus de s’en sortir : « On traverse des nuits noires, avec des pensées horribles par moment. Je te mentirais si je ne te disais pas que oui, j’ai remis en question ma carrière. J’ai trouvé des forces ailleurs, des choses qui m’apportent du sens autrement, pas forcément sur le plan économique. Mais il devient de plus en plus difficile de trouver des raisons pour persister dans cette profession. »
Depuis l’élection de Javier Milei, il y a 18 mois, 200 professionnels de santé ont déjà démissionné du Garrahan dont Ana dirige les urgences : « Grâce au redoublement d’efforts de ceux qui tiennent à cet endroit et refusent de le laisser s’effondrer, nous parvenons malgré tout à maintenir une assistance de qualité. Mais le mal qu’on est en train de faire est très profond. Évidemment, nous nous battons de toutes nos forces pour arrêter ce processus à temps, car nous savons que ce qui est en jeu, c’est la santé des enfants de tout le pays. »
Cet hôpital traite en effet près de la moitié des enfants atteints de cancer en Argentine où la santé privée est très coûteuse.
RFI

