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Fin d’une présence militaire française : une page se tourne au Sénégal

Le 17 juillet 2025 marque la fin d’une présence militaire française permanente au Sénégal, amorcée dès l’indépendance en 1960. Plus de soixante années de coopération, de restructurations et de reformulations stratégiques se clôturent avec la remise du camp Geille aux autorités sénégalaises. Retour sur une relation aux accents tactiques, politiques et historiques.

Depuis l’indépendance du Sénégal en 1960, la coopération militaire avec la France s’est construite par étapes successives. Sur plus de six décennies, cette relation s’est adaptée aux contextes géopolitiques, aux orientations stratégiques et aux besoins opérationnels des deux pays.

En 1960, au lendemain de l’indépendance, un accord de coopération militaire est signé. La France s’engage alors à accompagner la création d’une armée nationale sénégalaise et à intervenir en cas de menace extérieure. Cette entente devient le socle d’une alliance militaire durable.

En 1974, cette présence prend forme avec l’installation des Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV) à Dakar. Ces unités assurent alors une mission permanente d’encadrement et de soutien, structurée autour de partenariats opérationnels et logistiques.

Mais en 2011, un tournant s’opère. Les FFCV deviennent les Éléments Français au Sénégal (EFS), symbolisant un glissement stratégique : l’objectif n’est plus la défense territoriale mais la coopération technique, axée sur la formation, l’entraînement et les échanges militaires.

À partir de 2023, le retrait des forces françaises s’accélère. Plusieurs sites emblématiques — Rufisque, Maréchal, Saint-Exupéry et Contre-Amiral Protet — sont restitués aux autorités sénégalaises. La présence devient progressivement plus discrète.

Le 17 juillet 2025, le camp Geille — dernier bastion sous commandement français — est officiellement remis à l’État sénégalais. Ce transfert marque la fin complète de la présence militaire française permanente au Sénégal, tournant symbolique d’une coopération militaire inaugurée plus de soixante ans plus tôt.

Ainsi s’achève une parenthèse stratégique ouverte au lendemain de l’indépendance. De l’encadrement initial à l’expertise technique, cette présence aura traversé les réformes, les régimes et les générations. En 2025, les portes du dernier camp se ferment, refermant un cycle gravé dans les mémoires institutionnelles, dans les parcours de soldats… et dans l’histoire partagée entre les deux nations.

Fatima Seye journaliste GTV