Politique

ABDOU MBOW, DÉPUTÉ ET RESPONSABLE DE L’APR «Le Sénégal n’appartient ni à Ousmane Sonko encore moins à son parti Pastef…»

La sortie du leader de Pastef a fait réagir le député et responsable de l’Apr. Abdou Mbow évoque un «duel de tous les dangers à Pastef » et estime que le «projet » a viré aux «pro‐ jectiles ».

Les masques tombent. Le vernis républi‐ cain dont se paraient le Premier ministre Ousmane Sonko et ses compères de Pastef, craquelle de toutes parts et met à nu l’absence criarde de sens de l’Etat des hommes qui nous dirigent de‐ puis mars 2024 », a tranché Abdou Mbow.

Pour le député de Takku Wallu et responsable de l’Apr, «la sortie cathodique et mé‐ diatique de Ousmane Sonko a révélé sa violence naturelle et nature « putschiste », qui lui permet d’envahir la diplomatie, pourtant domaine ré‐ servé du Chef de l’Etat de de déclarer qu’il n’a pas à pro‐ mulguer les décrets de nomi‐ nations signés par le

Président Diomaye Faye. Il termine hier (ndlr, avant‐hier) en roue libre. Dans un « langage » décomplexé, il défie le Président de tous les Sénégalais, et finit même par lui inti‐ mer l’ordre de gouverner selon les règles de Pastef et non de la République. Il a signifié au Président Diomaye Faye que lui, Ousmane Sonko, était « actionnaire majoritaire du pouvoir. Son voyage en Chine lui aura donné des allures de Deng Sonko Ping, et l’envie de res‐ taurer le vieux « politburo » soviétique et communiste ». Abdou Mbow d’ajouter : «Il a peut‐être été énervé par les images de Diomaye aux côtés de Trump et, encouragé par la passivité de notre Chef de l’Etat, lorsque quelques jours avant, dans sa première salve, il incendiait la magistrature, dont Diomaye Faye est pour‐ tant le chef. Diomaye a fait le sourd.

Pourquoi ne pas conti‐ nuer ?

Ses propos d’hier (ndlr, avant‐hier) sont dangereux, car il se prépare à un nouveau Gatsa‐gatsa avec le Président de la République, exhortant même la jeunesse à s’y prépa‐ rer ». Selon lui, «un Premier ministre de notre pays qui in‐ jurie nos magistrats, qualifie de « fumiers » notre société civile, « fumiers » signifiant or‐ dures et détritus en français, sans que le procureur ne s’autosaisisse comme il l’avait fait pour le « gougnafier » de Moustapha Diakhaté ». Abdou Mbow est formel : « Ce que vit le Sénégal est iné‐ dit, notre pays est désormais un énorme malentendu. Un tel malentendu, qu’à cette heure si grave pour notre avenir, tant économique que sé‐ curitaire, à tel point que, ce n’est pas un hasard, le Prési‐ dent américain invite les pays africains qui lui font face, pour avoir un œil sur ce qui se passe au Mali, il est incompré‐ hensible que notre Premier ministre n’ait pas « Le Sénégal en tête », mais juste sa petite personne et son si grand des‐ tin. C’est ce qui s’appelle « ré‐ fléchir à côté de sa tête »! ». D’après lui, «notre Répu‐ blique vit quatre années après, au rythme de Adji Sarr et d’Ousmane Sonko,

puisque cette séquence est consécutive aux propos tenus par son vice‐président de l’Assemblée nationale qui lui a attribué le rôle d’un sim‐ ple client allant honorer une prostituée. C’est cette bombe dont il a voulu effacer les effets assourdissants, qui a valu sa diatribe haineuse contre tous ceux qui ne se sont pas couchés à ses pieds. Le Sénégal n’est plus qu’une vaste chronique judiciaire». Abdou Mbow de conclure : «J’en appelle à une convergence de toutes les forces po‐ litiques et sociales pour que collectivement nous préservions l’intégrité de la fonction présidentielle, que le premier ministre cherche à banaliser. Le Sénégal n’appartient ni à Ousmane Sonko encore moins à son parti Pastef. Le Président Bassirou Diomaye Faye doit comprendre qu’il est l’héritier d’une lignée de Chefs d’Etat sénégalais qui ont toujours fait rayonner l’image de la fonction qu’il oc‐ cupe aujourd’hui, grâce à la confiance placée en lui par le peuple Sénégalais et qui nous a valu une stabilité politique et institutionnelle depuis 1960 ainsi qu’un rayonnement de notre pays à l’international. Cette image est en grand danger, du fait des pro‐ pos à la limite du séditieux, tenus par le Pm à l’endroit de notre Président de la Répu‐ blique. Le Sénégal n’est pas decemode!Lalibertéetla contradiction sont l’inspira‐ tion et l’expiration du sénéga‐ lais moyen. Les Sénégalais n’accepteront jamais de se soumettre à la tyrannie, en‐ core moins de se taire face à l’abus de pouvoir. Soyons plus que vigilants, nous vi‐ vons un moment dangereux.

Libération Quotidien