LA CHRONIQUE DE MLD: Le pouvoir, le FMI et le coût de la vie…Par Mamadou Lamine DIATTA
Mauvais temps pour l’économie sénégalaise en cette période-charnière Post-Tabaski pendant laquelle les chefs de famille tirent le diable par la queue dans une morosité ambiante qui traduit un spleen invitant subséquemment au découragement.
Dans de telles circonstances, le pouvoir Diomaye-Sonko est forcément sur la sellette d’autant qu’il faut toujours trouver un responsable pour ne pas dire un bouc-émissaire. Surtout que les choix politiques, diplomatiques et économiques du régime-Pastef sont controversés pour dire le moins. Les tergiversations et autres errements sont saillants. La culture de l’Etat ne s’apprend pas en un tournemain. Autant dire que l’apprentissage continue au grand dam d’un peuple désargenté.
Le pays est en proie à des tensions de trésorerie qui relèvent du secret de polichinelle et pourtant tous les regards étaient rivés sur ce mois de juin censé traduire la reprise des décaissements du FMI. C’est ce que l’Institution financière avait prévu. Au final, les négociations ont viré à l’échec et le ministre des finances Cheikh Diba s’est fait éconduire, la tête basse.
C’est connu, le FMI et la banque mondiale ne travaillent pour le développement d’aucun pays au monde fût-il le Sénégal pays stable nouvellement admis dans le cercle restreint des pays pétroliers et gaziers. Mais faudrait-il reprocher au FMI de reporter sine die l’injection de plus de mille (1000) milliards cfa dans notre économie avec comme motif la poursuite du traitement du dossier relatif aux supposés faux chiffres du Sénégal ? Non, puisqu’il s’agit d’un processus long et rigoureux.
Tout de même, la détérioration de nos rapports avec ce gendarme financier est manifeste et pour les hautes autorités du Sénégal, le temps est compté. Il faut trouver hic et nunc des modes alternatifs de financement pour le fonctionnement de l’administration notamment le paiement des salaires et la subvention des denrées de consommation courante et des hydrocarbures afin d’accompagner des ménages désemparés. C’est sans doute ce qui explique ce recours (incontrôlé ?)et cet endettement massif auprès du marché financier de l’espace UEMOA. En 15 mois de pouvoir, le régime a emprunté près de 2500 milliards cfa dans ce marché sous-régional réputé dynamique et agile. Faudrait-il s’en émouvoir au point de faire dans la raillerie en disant que le Sénégal emprunte de l’argent frais auprès de privés ivoiriens ou maliens ? Non et cette attitude des politiciens professionnels reste puérile et contre-productive. L’argent n’a pas de nationalité et les Etats se débrouillent comme ils peuvent pour relancer leur machine économique et redynamiser le cycle de production des richesses. C’est basique et l’on ne saurait réinventer la roue. Juste signaler que dans le cas d’espèce, le hic c’est que cet argent collecté dans la sous-région est destiné aux dépenses de fonctionnement et non aux investissements sur des projets structurants. Autrement dit, le cycle de dépendance est consolidé au grand dam de la relance économique.
La question est de savoir maintenant comment ce régime qui clame son souverainisme économique urbi et orbi compte convaincre son peuple afin d’ériger la valeur-travail au rang de surpriorité. L’idée c’est qu’à l’image de ce que les dragons asiatiques ont réussi, le Sénégal a surtout besoin d’un Leadership transformationnel qui puisse tirer toutes les populations vers une productivité intensive histoire d’accéder enfin à la souveraineté alimentaire, à l’industrialisation et à la création de valeur ajoutée et de richesses par ricochet. C’est ce cycle vertueux, cette chaîne de valeurs qu’il faudrait mettre en place avec humilité et détermination.
Evidemment, il faut également apprécier à sa juste valeur la politique fiscale agressive du pouvoir dans le cadre d’une mobilisation vigoureuse des recettes surtout avec l’investissement de niches jusque-là inexplorées. En veillant quand même à mener cette stratégie avec tact et intelligence car trop d’impôts, tue l’impôt. Il faut surtout veiller à la préservation et au renforcement de l’entreprise et aux milliers d’emplois créés. Le maître-mot étant : Il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or.

