CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DES JOJ « DAKAR 2026 »: Derrière la magie, les signatures sénégalaises
De la direction artistique aux costumes, de la scénographie aux chorégraphies, des talents sénégalais ont donné corps au spectacle présenté samedi 31 octobre au stade Abdoulaye Wade. Khady Niang, Xalil Cissé, Adama Diop, Marianne Niox, Selly Raby Kane, Khady Kassé et bien dautres ont apporté leur savoir-faire à cette première olympique africaine.
Le public a applaudi les artistes, les couleurs et les tableaux déployés sur la pelouse. Derrière ces images, une équipe de créateurs a imaginé, coordonné et façonné la cérémonie douverture des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Une réussite collective dont les signatures traversent plusieurs métiers de la création sénégalaise.
À la direction des cérémonies, Khady Niang a porté la préparation de ce rendez-vous. Formée au maquillage professionnel en France et aux États-Unis, passée par le Festival mondial des arts nègres de 2010, elle a mis son expérience au service de cette production. À ses côtés, Xalil Cissé, créateur et organisateur dévénements culturels, a assuré la direction artistique. Adama Diop, comédien et metteur en scène, a signé la mise en scène. Trois responsabilités complémentaires pour transformer une ambition culturelle en spectacle de stade.
Le récit faisait dialoguer trois personnages symboliques : Alkebulan, Keb et Sitoé, associés au passé, au présent et à lavenir. Cette traversée des générations a offert un fil conducteur aux expressions traditionnelles et contemporaines réunies sur scène. Le conteur Massamba Guèye a également contribué à la dimension narrative du spectacle.
Des costumes aux mouvements, un travail dorfèvre
Les silhouettes et les tenues portaient notamment la signature de Maguette Guèye, Khadija Ba et Selly Raby Kane, identifiées par lAPS parmi les créatrices des costumes. Khady Kassé intervenait à la scénographie, tandis que Marième Ngom avait en charge lhabillage, le maquillage et la coiffure. Aline Alima Moné Diédhiou, au maquillage, et Madeleine Ngoné Sagna, à la coiffure, figurent également parmi les professionnelles mobilisées.
Lampleur du chantier se mesure aux chiffres communiqués par le Comité international olympique : près de 1 500 costumes confectionnés localement, plus de 5 000 heures de travail et environ une centaine de professionnels de la création et de lartisanat. Derrière chaque apparition, des mains ont coupé, assemblé et ajusté les pièces destinées à donner sa cohérence visuelle au spectacle.
La chorégraphie générale revenait à Marianne Niox, fondatrice dARTEA et co-initiatrice du festival Kaay Fecc. Le compositeur et beatmaker Iss 814 assurait la création musicale. Oumar Niang, dit Minuss, poète et figure du slam sénégalais, tenait la coordination artistique, au croisement des différentes équipes.
Sur scène, cette préparation a trouvé ses interprètes : Kiné Lam, Baaba Maal, Souleymane Faye, Daara J Family ou encore Dip Doundou Guiss ont incarné plusieurs générations musicales. Les lutteurs Modou Lô, Sa Thiès, Eumeu Sène et Franc ont, eux aussi, inscrit les gestes de larène dans la célébration.
Autre rencontre entre les disciplines : Boubou Design a réalisé en direct un portrait de Sitoé, dévoilé avec la participation de Khaby Lame. Au total, la production a réuni 1 115 artistes et interprètes, dont 628 danseurs. Au-delà des vedettes, la cérémonie aura ainsi donné une visibilité internationale à toute une chaîne de compétences. Cest aussi dans ces ateliers, ces répétitions et ces métiers de coulisses que sest construite la fête de Diamniadio.
Fatou DIOUF

