ActualitéPolitiqueSociété

GRÈVE GÉNÉRALE DES 21, 22 ET 23 OCTOBRE: Le ministère conteste le préavis et brandit la menace de sanctions

À la veille de la grève générale annoncée pour les 21, 22 et 23 octobre 2026, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public a remis en cause la portée juridique du préavis unique déposé par les centrales syndicales. Dans un communiqué, il a averti des risques de retenues sur salaire et de sanctions disciplinaires, tout en appelant à poursuivre les discussions au moins jusquen janvier 2027.

Le bras de fer social se déplace sur le terrain juridique. Alors que les centrales syndicales entament ce mercredi trois jours de grève dans les secteurs public, parapublic et privé, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public conteste la procédure suivie pour déclencher ce mouvement. Tout en reconnaissant le droit de grève aux travailleurs, le département de tutelle rappelle que son exercice obéit à des conditions distinctes selon les secteurs. Il considère ainsi quun préavis unique adressé au seul ministre chargé de la Fonction publique et du Travail ne peut couvrir lensemble des travailleurs concernés.

Un préavis unique au cur de la contestation
Dans les secteurs privé et parapublic, le ministère invoque la loi n° 2026-18 du 3 septembre 2026 portant Code du travail, notamment ses dispositions relatives au règlement des différends collectifs. Selon le communiqué, le différend doit dabord être notifié à linspecteur du travail et de la sécurité sociale compétent ou au directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, lorsquil concerne plusieurs ressorts territoriaux. Ce nest quen cas de non-conciliation ou de conciliation partielle quun préavis de trente jours peut être adressé à la direction de lentreprise ou de létablissement, avec ampliation à lautorité du travail compétente.
Pour la Fonction publique, le ministère se réfère à larticle 7 de la loi n° 61-33 du 15 juin 1961 relative au Statut général des fonctionnaires. Il rappelle que la cessation collective du travail doit être précédée dun préavis écrit dun mois, précisant les motifs et la durée du mouvement, déposé par une organisation syndicale représentative auprès de lautorité administrative compétente. Concernant les fonctionnaires des collectivités territoriales, le préavis doit être notifié au président du conseil départemental ou au maire, précise le document.
Sur cette base, les services de Mamadou Lamine Dianté estiment que « la démarche retenue par les centrales ne saurait servir de base légale à une grève générale et couvrir les travailleurs et agents relevant desdits secteurs ».

Retenues sur salaire et sanctions évoquées
Le communiqué avertit qu« une grève déclenchée en violation des procédures » rappelées est considérée comme « illicite » par le ministère. Il évoque, « pour les travailleurs concernés, des retenues sur salaire correspondant aux journées non travaillées, ainsi que des sanctions disciplinaires ». Le département mentionne également « la perte du droit aux indemnités et dommages-intérêts prévus en cas de rupture du contrat de travail ».
Dans le secteur public de lÉducation et de la Formation, le ministère affirme par ailleurs qu« aucun préavis écrit de grève na été déposé depuis la signature du protocole daccord du 16 avril 2026 entre le gouvernement et les organisations syndicales représentatives du secteur ».

Les JOJ et la continuité du service public invoqués
Au-delà de largument juridique, le ministère souligne que « cette mobilisation intervient à quelques jours de louverture des Jeux olympiques de la jeunesse, prévue le 31 octobre 2026 ». Il estime que « cet événement mobilise toute la Nation et engage limage internationale du Sénégal ».
Le département en appelle ainsi au sens des responsabilités et à lesprit patriotique des organisations syndicales pour préserver la continuité du service public. Malgré ses mises en garde, le ministère maintient son appel au dialogue. Il invite les centrales à accéder à la demande du Premier ministre de renoncer à la grève et de poursuivre les discussions « au moins dici janvier 2027 ».

Lamine DIEDHIOU