Travail domestique : Mamadou Lamine Dianté préconise la revalorisation des salaires et la formation
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a appelé lundi à renforcer la valorisation économique et sociale du travail domestique, notamment par l’ajustement des salaires, la formation professionnelle et l’amélioration de la protection sociale.
“Le plus important à mon humble avis demeure la valorisation économique et sociale du travail domestique”, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un forum régional qui se tient à Dakar sur le thème “Valoriser le travail domestique, sécuriser les droits”. La rencontre est organisée par l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Selon le ministre de la Fonction publique, la valorisation du travail domestique implique d’abord un ajustement des salaires des travailleuses et travailleurs domestiques en fonction du coût de la vie.
Il a toutefois rappelé que les salaires minimaux des travailleurs domestiques ont été revalorisés à plusieurs reprises au Sénégal, la dernière modification remontant à 2025.
Il a également préconisé la mise en place de mécanismes permettant aux travailleurs domestiques d’accéder à des formations pour renforcer leurs compétences et leur ouvrir des perspectives de carrière.
“Il est également important d’encourager la conclusion de contrats écrits permettant de clarifier les conditions d’emploi, mais surtout de prévenir les conflits”, a-t-il souligné, estimant que ces contrats doivent préciser les tâches confiées, la rémunération, les horaires et les congés.
Mamadou Lamine Dianté a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de sensibiliser davantage les employeurs et les travailleurs domestiques à leurs droits et obligations respectifs.
“Il nous appartient de faire en sorte que les droits des travailleuses et travailleurs domestiques ne deviennent pas de simples principes, mais qu’ils se traduisent concrètement dans la vie quotidienne de ces derniers”, a-t-il déclaré.
Abordant la question des inspections au sein des domiciles, le ministre a évoqué la nécessité de trouver un équilibre entre le respect de l’inviolabilité du domicile et l’application effective des droits des travailleurs.
Le Sénégal dispose de textes réglementaires encadrant le travail domestique depuis 1968, a-t-il rappelé, tout en reconnaissant que le pays n’a pas encore ratifié la Convention n° 189 de l’OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques, adoptée en 2011.
Cette Convention entrée en vigueur le 5 septembre 2013, vise à garantir des conditions de travail décentes et des droits fondamentaux au personnel domestique.
Réagissant aux préoccupations exprimées par les organisations syndicales sur les réformes du travail et de la sécurité sociale, il a assuré que le gouvernement restait ouvert à la concertation.
“Le gouvernement est aussi disposé et reste ouvert au dialogue, mais un dialogue constructif et un dialogue sincère”, a-t-il indiqué, estimant que les acteurs étaient “loin d’avoir atteint le point de rupture”.
Ce forum régional de Dakar, qui se poursuit jusqu’au 21 octobre, réunit des représentants de douze pays francophones d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Maghreb. Il vise à examiner les moyens de renforcer les droits et la protection des travailleurs domestiques.

