JOJ « DAKAR 2026 » -DIAGNA NDIAYE AUX FEDERATIONS: « Sans vous, il ny a pas de Jeux »
À deux semaines de louverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) « Dakar 2026 », Mamadou Diagna Ndiaye mobilise les fédérations sportives. Lors dun déjeuner organisé ce samedi 17 octobre à Keur Ayo, le président du Comité dorganisation les a appelées à susciter des vocations, à garantir lexemplarité et à faire vivre les infrastructures après lévénement.
« Le COJOJ construit les stades, le CNOSS porte la flamme, mais ce sont les fédérations qui portent lâme des Jeux ». Devant les présidents de fédération réunis à Keur Ayo, Mamadou Diagna Ndiaye a placé les acteurs du mouvement sportif au cur de la réussite de Dakar 2026. Son message est direct : lorganisation des premiers Jeux olympiques de la jeunesse en Afrique engage lensemble du sport sénégalais. « Beaucoup de gens pensent que les JOJ, cest laffaire du COJOJ. Du CNOSS. De Diagna. Non ! Cest votre affaire », a-t-il lancé. Avant dinsister : « Sans vous, il ny a pas de Jeux. Il y a juste des bâtiments ».
À lapproche de louverture des jeux, le 31 octobre à 17 heures, au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, Diagna Ndiaye a fixé trois grandes attentes aux fédérations : « Mobiliser la jeunesse, incarner une organisation exemplaire et préparer lhéritage des Jeux ».
« Soyez les entraîneurs de la Nation »
La première mission concerne la participation des populations. Pour le président du Comité dorganisation, les fédérations doivent dépasser le seul encadrement de leurs compétiteurs. « Dabord, soyez les entraîneurs de la Nation, pas seulement de vos athlètes », a-t-il demandé, les invitant à ouvrir leurs clubs et à multiplier les initiations, aussi bien à Dakar quà Ziguinchor, Matam ou Saint-Louis. « Un gamin qui na jamais vu un match de hockey, faites-le toucher une crosse. Une fille qui na jamais fait de judo, faites-lui essayer une prise », a-t-il illustré.
Lambition est de faire du rendez-vous olympique un déclencheur de vocations. « Les JOJ, ce nest pas 15 jours de compétition. Cest 15 jours pour quun enfant sénégalais se dise : moi aussi, je peux. Je vous demande de les transformer en nos meilleurs ambassadeurs », a-t-il déclaré, les invitant à intervenir dans les écoles et à participer aux animations. « Quils montrent que le sport, ce nest pas seulement gagner, cest partager », a-t-il dit.
« Si on veut être respectés, on doit être irréprochables »
Le deuxième axe de son intervention porte sur lexemplarité. « Ensuite, soyez exemplaires. Le monde va nous juger sur un détail », a prévenu Diagna Ndiaye qui, sur larbitrage, exige une impartialité totale. « Pas de favoritisme. Pas de cest le Sénégal, on doit gagner. Non. Si on veut être respectés, on doit être irréprochables », a-t-il insisté.
La même exigence sapplique à laccueil des délégations étrangères. Rappelant sa volonté dorganiser « des Jeux authentiques, à la hauteur de la Teranga », il a demandé aux fédérations de traduire cette ambition dans leurs relations quotidiennes avec les visiteurs. « Cest vous qui allez lincarner sur le terrain, pas moi dans les discours », a-t-il affirmé.
Le président du CNOSS a également attiré lattention sur la protection des jeunes participants, confrontés à la pression sportive, aux réseaux sociaux et aux sollicitations dagents. « Protégez-les. Encadrez-les, a-t-il demandé. Votre rôle, cest dêtre leur bouclier. Que le village soit pour eux un souvenir de joie, pas de stress ».
« Ne laissez pas lhéritage dans les mains du ministère ou du COJOJ »
Au-delà de la compétition, le président du Comité dorganisation veut engager dès maintenant la réflexion sur lutilisation des équipements après les Jeux. « Le 14 novembre, les caméras vont séteindre. Les volontaires vont rentrer chez eux. Quest-ce qui va rester ? Cest la seule question qui mintéresse, a-t-il lancé aux responsables fédéraux. Une piscine olympique ? Alors je veux 1000 gamins qui apprennent à nager en 2027. Un nouveau dojo à Iba Mar Diop ? Alors je veux un championnat scolaire. Une piste rénovée ? Alors je veux une convention avec lÉducation Nationale ».
Ces exemples traduisent sa volonté de voir les investissements servir durablement la formation, le sport scolaire et laccès à la pratique. « Ne laissez pas lhéritage dans les mains du ministère ou du COJOJ. Prenez-le. Cest votre héritage. Les infrastructures, cest pour vous. Maintenant, cest à vous de jouer. Montrez que vous méritez ces investissements », a-t-il exhorté.
« Une seule équipe »
Pour conclure, Diagna Ndiaye a appelé à lunité du mouvement sportif autour de cette échéance historique. « On ma confié la plus belle mission : organiser les Jeux à la maison. Mais je ne pourrai pas la réussir seul, a-t-il confié. Dans quinze jours, on ne sera plus 35 fédérations séparées. On sera une seule équipe. Léquipe du Sénégal qui accueille le monde ».
Adama AIDARA

