Burkina Faso: le capitaine Traoré lance la «Ligue de la souveraineté», un nouveau championnat de football
Au Burkina Faso, le président Ibrahim Traoré se soucie de l’avenir du football. Intitulée « Thérapie de choc pour un grand corps malade », son initiative prévoit la création d’une « Ligue de la souveraineté ». Un nouveau championnat destiné à « valoriser la jeunesse », selon le gouvernement.
La récente déroute des Étalons face à l’Argentine, battus 7 à 0 lors d’un match amical le 4 octobre, a peut-être été la défaite de trop aux yeux du président. Le capitaine Ibrahim Traoré n’a pas fait mystère de sa colère et a proféré des menaces contre la Fédération burkinabè de football, dénonçant l’impréparation de la rencontre.Seulement voilà, la Fédération, comme celles des autres pays, bénéficie d’un statut particulier, protégé par les règles de la FIFA, comme l’explique le journaliste Yoro Mangara. « Les fédérations, elles, sont dépendantes de la FIFA parce que la fédération, c’est une entité de gens qui ont été élus. Et la Fédération burkinabè de football dépend de la FIFA. »
Un nouveau championnat pour concurrencer la Fédération ?L’initiative présidentielle, présentée lundi 12 octobre 2026 aux gouverneurs des 17 régions du Burkina Faso, prévoit donc la création d’un championnat de « la souveraineté ». Selon la présidence, celui-ci devrait créer un millier d’emplois et générer pour chaque joueur un revenu mensuel de 200 000 francs CFA, soit environ 300 euros mensuels.Pour Yoro Mangara, cette nouvelle compétition pourrait concurrencer le championnat existant. « Même si l’autre existe encore, elle ne pourra pas tenir s’il y a une ligue beaucoup plus professionnelle, avec beaucoup plus d’argent. Les plus grands joueurs vont forcément aller vers cette nouvelle ligue lancée par le président, parce qu’elle va être beaucoup plus lucrative et beaucoup plus intéressante pour les footballeurs. »Un projet lucratif et fédérateur, fondé sur le patriotisme sportif, pour motiver la relève du football burkinabè et, espère-t-on à Ouagadougou, éviter de nouvelles déroutes comme celle évoquée face à l’Argentine.

