Ciments du Sahel : une grève perturbe la production, des pertes pouvant atteindre un milliard par jour
Aux Ciments du Sahel, le bras de fer social fait peser une lourde incertitude sur la production. Confidentiel Dakar décrit une grève inédite dans l’histoire de l’entreprise et rapporte que son niveau de production, annoncé à 19 000 tonnes de ciment par jour, est fortement affecté. Le média évoque un risque de pertes pouvant atteindre un milliard par jour en cas de prolongation du mouvement, sans détailler la méthode de calcul de cette estimation.
Au cœur des tensions figurent les rémunérations du personnel d’appoint. Selon la publication, celles-ci seraient deux à trois fois inférieures à celles pratiquées chez les concurrents. Plus de 2 000 employés seraient concernés par cette situation. Le média oppose ces niveaux de salaire à ceux des cadres, qu’il présente comme nettement plus élevés.
Ces écarts auraient également des conséquences sur la fidélisation des travailleurs. D’après Confidentiel Dakar, d’autres cimenteries recruteraient régulièrement des salariés des Ciments du Sahel, attirés par de meilleures conditions de rémunération. La question salariale apparaît ainsi comme un élément central du malaise décrit au sein de l’entreprise.
Le mouvement intervient dans un contexte d’organisation syndicale du personnel. La publication rapporte que des travailleurs ont constitué un syndicat et obtenu des délégués du personnel. Elle affirme que les grévistes ont respecté les procédures encadrant l’exercice du droit de grève.
Pour maintenir l’activité, des moyens de remplacement auraient été mobilisés. Confidentiel Dakar indique qu’une société d’intérim intervient dans le fonctionnement de l’usine et que des cadres participent à la continuité des opérations. Ces derniers travailleraient, depuis plusieurs jours, douze heures par jour en moyenne.
L’issue du bras de fer reste également incertaine. Dans son édition du 12 octobre, Confidentiel Dakar annonce que des négociations pourraient s’ouvrir dans les heures suivantes. Le média rapporte néanmoins que Michel, présenté comme le frère cadet de l’actionnaire principal Latfallah, adopterait une position ferme à l’égard des grévistes et refuserait de négocier avec eux.

