À 23 CENTIMETRES DU SEUIL D’EXPLOITATION DU BARRAGE: Lâchers d’eau imminents à Manantali, la vallée retient son souffle
La Société d’exploitation de Manantali et de Félou (SEMAF) annonce des lâchers d’eau dans la semaine, dès que la retenue atteindra la cote normale maximale d’exploitation de 208,05 mètres IGN. Ces opérations devraient entraîner une hausse du niveau du fleuve Sénégal dans certaines zones riveraines. Les populations sont invitées à prendre les précautions nécessaires pour protéger les personnes et les biens.
La retenue du barrage de Manantali se rapproche de son niveau maximal d’exploitation. Selon le communiqué de la SEMAF, les lâchers d’eau interviendront dès que le lac atteindra la cote de 208,05 mètres IGN. Leur déclenchement reste donc conditionné à l’évolution du niveau de la retenue.
D’après les données du bulletin hydrologique du 12 octobre 2026, à 8 heures, transmises à notre rédaction, la cote à Manantali amont barrage s’établit à 207,82 mètres IGN, contre 208,28 mètres à la même date en 2025. Il ne reste ainsi que 23 centimètres avant d’atteindre le seuil annoncé. Le débit turbiné est de 317 mètres cubes par seconde.
Une retenue qui poursuit son remplissage
Les données disponibles ces derniers jours confirment la progression du niveau du lac. Le bulletin de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), consacré à la situation au 1er octobre 2026, indiquait une cote de 205,57 mètres IGN à Manantali. Le document signalait également une montée des eaux de Bakel jusqu’à Saint-Louis, liée à la propagation de l’onde de crue.
La SEMAF prévient que les lâchers feront monter le niveau de l’eau dans certaines zones riveraines. Elle appelle les personnes dont les activités sont liées au fleuve à redoubler de prudence et demande aux populations de prendre toutes les précautions utiles pour leur sécurité et celle de leurs biens. De Bakel à Saint-Louis, en passant par Matam et Podor, le suivi des informations hydrologiques et des consignes des autorités sera essentiel.
Un barrage qui régule une partie des apports du fleuve
Situé au Mali, sur le Bafing, le barrage de Manantali assure notamment la production d’électricité et la régulation des écoulements. Dans une interview publiée sur le site de la SEMAF, son directeur général expliquait que l’ouverture des vannes s’effectue progressivement, en fonction de la montée des eaux et des consignes d’exploitation.
L’évolution du fleuve Sénégal dépend également des apports d’autres affluents, dont le Bakoye et la Falémé. Les bulletins de l’OMVS prennent ainsi en compte leurs débits, en complément des eaux provenant de Manantali. La surveillance doit donc porter sur l’ensemble du bassin pour apprécier la situation dans la vallée.
Mamadou Lamine CAMARA

