FORMATION PROFESSIONNELLE: Idrissa Samb expose ses cinq priorités pour une formation tournée vers l’emploi
Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Idrissa Samb, a présidé, ce week-end, l’inauguration du centre d’application AMDI 2.0. Placée sous le thème « L’innovation, la professionnalisation et l’employabilité des étudiants au service de la formation », la cérémonie lui a permis de présenter les cinq préoccupations majeures de son ministère. Il a plaidé pour une formation fondée sur la pratique et l’acquisition de compétences répondant aux besoins du pays.
Former des professionnels capables de répondre aux exigences du marché du travail. C’est l’ambition défendue par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Idrissa Samb, lors de l’inauguration du centre d’application AMDI 2.0, ce week-end. Le ministre a salué la démarche de l’Institut AMDI, qu’il distingue des « centres bus », où les équipements dorment et où les formations ne débouchent sur rien. « AMDI fait partie des réussites. Pourquoi ? Parce qu’AMDI a compris une chose simple : on ne forme pas simplement des esprits, on forme des mains, des yeux, des corps, on forme des professionnels », a-t-il déclaré.
Il a mis en avant les quatre pôles de l’institut, qui répondent, selon lui, à des besoins réels du pays : la santé, pour disposer de soignants compétents, l’agroalimentaire, pour nourrir les populations et transformer les matières premières, le management, pour fournir des cadres aux entreprises, et le génie, pour contribuer à la construction du pays. Dédié aux analyses biologiques, à l’agroalimentaire et à l’agrobusiness, le nouveau centre AMDI 2.0 constitue, à ses yeux, un « espace d’application » où les étudiants apprennent « à prélever, à analyser, à transformer et à commercialiser ». « On y apprend les gestes justes, et les gestes justes, c’est ce qui manque le plus à notre économie », a-t-il souligné.
Partir des besoins pour construire la formation
Au-delà des félicitations, Idrissa Samb a exposé les cinq chantiers qui préoccupent son ministère. Le premier concerne l’adéquation entre la formation et l’emploi. « On a trop souvent formé pour former, on a rempli des amphis, on a délivré des diplômes et après, le jeune se retrouve sur le marché avec son papier mais sans compétence recherchée. C’est une faute collective. Nous devons inverser la logique : partir du besoin, puis construire la formation », a-t-il martelé.
La deuxième préoccupation porte sur la qualité et la certification. Pour le ministre, le diplôme doit attester de compétences réelles et reposer sur des exigences clairement définies. « Un diplôme, ce n’est pas un droit acquis, c’est une preuve qu’on sait faire. Il faut des référentiels clairs, des évaluations rigoureuses, des certifications reconnues. Mon ministère travaille à l’harmonisation des programmes et à l’alignement progressif sur le système LMD. Nous ferons en sorte que nos diplômes soient reconnus ici et ailleurs », a-t-il assuré.
Financer la formation et favoriser la mobilité
Le financement constitue le troisième chantier. Idrissa Samb a insisté sur la nécessité de mobiliser les dispositifs existants et de renforcer les partenariats entre les secteurs public et privé. « La formation professionnelle coûte cher, mais savez-vous ce qui coûte encore plus cher ? L’inaction, le chômage des jeunes, la dépendance. Le partenariat public-privé n’est pas une option, c’est une méthode. La taxe d’apprentissage existe, utilisons-la. Les contrats d’apprentissage existent, développons-les », a-t-il déclaré.
La quatrième préoccupation concerne la mobilité et la reconnaissance des diplômes. Le ministre estime que la mobilité doit être considérée comme une source d’enrichissement. « Nos jeunes doivent pouvoir aller voir ailleurs, apprendre ailleurs, revenir », a-t-il affirmé.
Des compétences au service de la souveraineté alimentaire
Cinquième priorité évoquée : la souveraineté alimentaire. Idrissa Samb a réaffirmé le soutien de son ministère à cette ambition, en soulignant le rôle déterminant de la formation des professionnels du secteur. « Pour nourrir un pays, il faut des agronomes, des techniciens agroalimentaires, des spécialistes de la transformation et de la commercialisation », a-t-il expliqué.
Le ministre a également décliné la feuille de route de l’État : accélérer la réforme de la formation professionnelle, renforcer les passerelles entre les filières, soutenir les centres d’application, travailler à la reconnaissance des acquis de l’expérience et mettre l’accent sur la certification des compétences.
Il a enfin lancé un appel aux différents acteurs. Aux entreprises, il a demandé d’ouvrir leurs portes, aux collectivités, d’investir dans la formation, aux partenaires techniques et financiers, de faire confiance aux jeunes, et aux enseignants, de poursuivre leur propre formation. Aux étudiants, Idrissa Samb a recommandé d’être exigeants et de rechercher la compétence au-delà du diplôme. « On ne forme pas que des esprits, on forme des mains », a-t-il insisté.
Abdoulaye DIAO

