Société

Pikine : Chute mortelle d’un maçon de 22 ans sur un chantier sans sécurité

Un drame est venu endeuiller le secteur du bâtiment dans la banlieue dakaroise. Ce samedi 10 octobre 2026, aux environs de 14 heures, un jeune maçon a perdu la vie après avoir fait une chute mortelle depuis le troisième étage d’un immeuble en construction à Pikine Rue 10, à proximité de la pharmacie Dame Thiaré.

Avisés dès l’alerte, les éléments du commissariat d’arrondissement de Pikine sous le commandement du commissaire Alioune Fall se sont immédiatement transportés sur les lieux du drame.

À leur arrivée, les policiers ont découvert le corps sans vie de la victime, allongé à même le sol sur la terrasse d’une concession voisine en rez-de-chaussée. L’inspection préliminaire du corps a révélé de graves lésions apparentes au niveau de la région crânienne, des saignements nasaux importants ainsi que de multiples égratignures sur les bras.

La victime a été identifiée : il s’agit du sieur A. Diallo, âgé d’environ 22 ans et domicilié au quartier Pikine Guinaw Rails.

Un accident de travail mortel durant une manœuvre

Les premiers éléments recueillis auprès des témoins apportent un éclairage précis sur le déroulement des faits. Selon le témoignage de son collègue de travail, le sieur M. Ndong, le jeune Diallo était chargé d’effectuer des travaux d’enduit sur la façade du troisième étage de cet immeuble en chantier de type R+4.

Positionné plus haut, sur la terrasse supérieure du chantier, M. Ndong avait pour rôle de ravitailler la victime en mortier selon des sources de Seneweb . La manœuvre s’effectuait à l’aide d’un bocal rempli de mélange, rattaché à une corde glissant sur une poulie. C’est au cours de cette opération que le drame s’est produit : la corde a soudainement cédé en pleine manœuvre.

Submergé et percuté de plein fouet par la charge qui s’est décrochée, A. Diallo a perdu l’équilibre avant d’être violenté et projeté dans le vide pour atterrir sur la terrasse mitoyenne. Le choc a été d’une extrême violence ; le jeune ouvrier est décédé sur le coup.

Un manquement flagrant aux règles de sécurité

Au-delà de la rupture mécanique, l’enquête met en lumière de graves défaillances en matière de sécurité du travail. D’après les premières constatations des enquêteurs :

Aucun des ouvriers présents sur le site ne portait d’équipement de protection individuelle (EPI) au moment des faits.

Le chantier ne disposait d’aucun dispositif de protection collective, tel qu’un échafaudage réglementaire ou des filets de sécurité anti-chute.

La corde incriminée dans l’accident a été immédiatement saisie par les forces de l’ordre pour servir de pièce à conviction. Alertés, les sapeurs-pompiers ont procédé à l’enlèvement du corps sans vie en vue de son dépôt à la morgue et de la réalisation d’une autopsie.

Sur le plan judiciaire, le collègue de la victime, M. Ndong, a été conduit dans les locaux du commissariat d’arrondissement pour y être entendu. L’entrepreneur responsable du chantier, le sieur L. Guissé, absent au moment du drame, a fait l’objet d’une convocation urgente aux fins d’audition.

L’enquête, ouverte pour éclairer l’ensemble des responsabilités dans cet accident du travail mortel, suit son cours. Le procureur Saliou Dicko a été informé des faits.