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LA CHRONIQUE DE MLD: Inondations, des sédatifs comme solutions…

Au Sénégal, la gestion d’une problématique aussi sérieuse que les inondations se fait toujours de manière spectaculaire en ignorant royalement l’avis des ingénieurs et autres spécialistes en aménagement du territoire. Comme si les régimes qui ont jusque-là gouverné le pays, des années Diouf à nos jours, se sont passés le fin mot de l’agitation stérile. Leur potion magique : Annoncer à grand renfort de publicité des sommes faramineuses pour endormir les pauvres populations et hop un nouveau cycle d’inondations s’installe de nouveau lors du prochain hivernage. Un cercle vicieux bâti essentiellement sur des calculs politiciens pour ne pas dire électoralistes.
Droit dans ses bottes, le Premier ministre Al Aminou Lo a annoncé il ya quelques jours une enveloppe de 921 milliards de fr cfa au titre d’un programme national de lutte contre ce phénomène récurrent qui hante le sommeil des paisibles populations de Dakar. Comme s’il s’agissait de noyer les 766 milliards cfa injectés afin de lutter efficacement contre les inondations lors du magistère du Président Macky Sall. 766 passés dans la rubrique pertes et profits ? Donnons plutôt notre langue au chat. Toujours est-il qu’à ce jour, aucune évaluation n’a été faite de l’utilisation de cette importante somme. Mais enfin, si la question existentielle des inondations pouvait se régler à coups de milliards dans des initiatives d’urgence, ça se saurait. Clairement.
En tous les cas, la nouvelle manne financière (près de 1000 milliards cfa) déclinée par le gouvernement, va encore aiguiser les appétits des prédateurs à col blanc qui saisissent souvent de telles occasions pour vivre de ce qu’on appelle trivialement le Business des inondations. Déjà que les propriétaires de motopompes et autres outils de gestion de ces aléas climatiques se frottent les mains à chaque hivernage dès que l’Etat déclenche le fameux Plan ORSEC, un gouffre annuel à milliards qui n’est finalement qu’un sédatif qui règle momentanément les problèmes à la place de mesures durables. Un recours qui a du reste tout l’air d’un pis-aller pour soulager les sinistrés de manière provisoire.
Or, il faut une volonté politique inébranlable, des mesures courageuses du gouvernement ; disons des solutions radicales comme des déplacements massifs de populations installées dans les zones précaires, les voies naturelles d’eau comme la zone de captage à la lisière de Grand- Yoff, Wakhinane ou ailleurs en banlieue. Même la cité du Plan Diakhaye érigée en grande pompe sous Wade est inondable. C’est dire. L’idée c’est d’ailleurs de trouver une nouvelle capitale administrative ou à défaut transférer beaucoup d’activités économiques en dehors de la capitale. Dakar, telle qu’elle est configurée actuellement, n’est plus viable en ce qu’elle est d’ailleurs une véritable bombe écologique avec une pression démographique inouïe.On ne peut plus continuer de concentrer près d’un quart de la population du Sénégal sur moins d’1% du territoire national. C’est une situation ubuesque. Il faut sonner le tocsin ici et maintenant. Faudrait-il le rappeler, hormis Dakar, Saint Louis et Kaolack sont également touchées avec des établissements scolaires classés à haut risque.
Il faut signaler qu’au Sénégal, les inondations ont démarré sous le magistère du Président Abdou Diouf mais à l’époque (années 1989 à 2000), le phénomène était bien circonscrit dans quelques quartiers spontanés de la banlieue comme Djeddah Thiaroye kaw sans oublier Pikine et Guédiawaye. À sa décharge, le successeur du Président Senghor a eu l’idée de lancer le Plan Orsec sous la supervision de l’armée nationale. En vérité, ce plan n’offre aucune solution structurelle. C’est juste une mesure d’urgence destinée à parer au plus pressé.
Mais c’est sous Wade que la théâtralisation de ces aléas climatiques a débuté… Pourtant il avait pris des initiatives hardies comme le Plan Diakhaye de relogement et d’aménagement de l’espace…
En revanche, c’est avec Macky Sall qu’on a assisté à la création du premier ministère chargé de la restructuration et de l’aménagement des zones d’inondation. Une innovation qui n’avait point permis la fin des inondations. Le problème étant resté entier.