Abbas devant l’ONU: la politique israélienne menace « jusqu’à la vie et l’existence » des Palestiniens
Les politiques israéliennes ne se contentent plus de compromettre la solution à deux Etats, elles menacent désormais « la vie et l’existence mêmes » des Palestiniens, a dénoncé jeudi le président de l’Autorité palestinienne à la tribune de l’ONU. »Le danger ne se limite plus à saper la solution à deux Etats et à empêcher la création de l’Etat palestinien. Il en est désormais arrivé à menacer la vie et l’existence mêmes du peuple palestinien sur sa terre natale », a affirmé Mahmoud Abbas dans une vidéo pré-enregistrée, faute de pouvoir prononcer son discours en personne en raison d’un refus d’octroi de visa. »Ce qui se déroule à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne sont pas des incidents isolés, mais bien un projet colonial malveillant visant à rendre la vie des Palestiniens plus difficile dans leur patrie et à les contraindre à la quitter », a-t-il poursuivi.L’intensification de la colonisation « vise à séparer le nord de la Cisjordanie de son sud, à isoler Jérusalem-Est de son environnement palestinien et à empêcher la création d’un État palestinien géographiquement continu », a-t-il déploré.A Gaza, où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis octobre 2025, les forces israéliennes occupent plus de 60% du petit territoire surpeuplé. Et, en Cisjordanie, les violences des colons extrémistes israéliens se sont multipliées conduisant des pays comme le Royaume-Uni, la France et le Canada à prendre des sanctions économiques.Alors que 160 pays reconnaissent désormais un Etat de Palestine, Mahmoud Abbas a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies « à intervenir de manière urgente et responsable ». »Aujourd’hui, nous disons au monde que sauver la solution commence par préserver la terre sur laquelle l’Etat palestinien doit être établi et protéger les personnes qui y vivent », a-t-il lancé.Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a, lui, regretté dans un discours à l’ONU « l’impasse actuelle à Gaza, et plus largement en Palestine » après la dynamique positive l’an passé avec la reconnaissance d’un Etat de Palestine par de nombreux pays dont la France. »La solution à deux Etats ne saurait attendre plus longtemps », a déclaré jeudi de son côté le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, en marge de l’Assemblée. « La communauté internationale a fait quelques pas vers sa réalisation, mais ils sont clairement insuffisants ».Mahmoud Abbas a par ailleurs souligné qu’il avait « rempli » ses obligations en lançant un programme de réformes et « en renonçant à la violence et au terrorisme ».- Obstacles logistiques -Les Palestiniens s’acheminent en outre vers des élections législatives le 28 novembre avant des élections présidentielles, a-t-il poursuivi, comme il s’y était engagé dans une lettre adressée en juin 2025 au président français, Emmanuel Macron, et au prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.Mercredi, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, avait exhorté à la tenue du scrutin de novembre alors que la communauté internationale redoute son report notamment en raison de difficultés logistiques concernant l’acheminement du matériel de vote dans la bande de Gaza ou l’octroi de visas pour des observateurs internationaux en Cisjordanie, souhaités notamment par l’Union européenne.Mahmoud Abbas a par ailleurs assuré que la réforme du système éducatif se poursuivait « sur la base des normes internationales et en coopération avec l’Unesco, afin de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance, et le respect des autres, tout en préservant l’identité nationale et les droits » de son peuple.Cette réforme s’inspire notamment d’un rapport de l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, préparé à la demande du secrétaire général de l’ONU et qui avait relevé des biais politiques dans certains contenus des manuels scolaires palestiniens.

