LA CHRONIQUE DE MLD: Vieira ou la transition grandeur nature. Par Mamadou Lamine DIATTA
La présentation officielle du nouveau coach des Lions Patrick Vieira aura lieu ce vendredi 18 septembre 2026 au stade Léopold Sédar Senghor. Le nouveau patron de la tanière n’aura après aucun répit d’autant qu’il devra se mettre rapidement au taquet en ne disposant que d’une petite semaine avant de plonger dans le bain de la compétition internationale. Premier test, le match Mozambique –Sénégal prévu le 25 septembre prochain à Maputo pour les éliminatoires de la CAN 2027.
Vieira est donc prévenu, rien ne lui offert sur un plateau d’argent surtout avec un public sénégalais connaisseur et exigeant à la fois. La pression, tous les coachs du monde la connaissent et la vivent au quotidien. Sauf que le nouveau patron de la tanière découvre pratiquement l’environnement particulier du football africain.OGC Nice, Crystal Palace, New-York City Fc, Genoa, et le Racing Club de Strasbourg ces clubs qu’il a déjà managés n’ont rien à voir avec un contexte africain où l’incertitude et l’improvisation relèvent souvent de la banalité. Et puis, les nombreux errements d’une fédération sénégalaise aux profils controversés n’incitent que très peu à la sérénité. Autrement dit, Vieira devra d’abord éprouver de réelles capacités d’adaptation, apprivoiser le cadre, faire des arbitrages dans l’urgence, imposer sa méthode de travail, déployer son style et s’atteler à obtenir une adhésion massive du groupe de performance qu’il va d’ailleurs dévoiler ce vendredi. Vaste programme ! Mais c’est largement dans les cordes de ce natif de Dakar qui aura quand même pas mal bourlingué à travers le monde à cinquante ans révolus. Oui, ce coach a sûrement engrangé assez d’expérience dans le haut niveau pour avoir les reins assez solides et faire preuve de résilience dans ce challenge excitant et exaltant de coach des Lions du Sénégal.
Il est évident qu’il arrive dans un moment délicat de l’Histoire du football sénégalais avec de récents évènements qui ont laissé un goût de cendre comme cette élimination aux 16èmes de finale de la Coupe du monde dans un match où les vainqueurs Belges ont été de véritables miraculés.
Vieira débarque donc dans un tel contexte et il sera obligé d’ouvrir une phase de transition qui s’annonce difficile surtout avec le retrait de plusieurs cadres comme Edouard Mendy qui a annoncé sa retraite internationale sans oublier le cas particulier du sémillant milieu box to box Pape Guèye qui a décidé de boycotter la sélection jusqu’à nouvel ordre. Il ne faut également pas occulter le dossier Koulibaly, un cadre qui n’est plus que l’ombre de lui-même du fait de nombreuses lacunes physiques et même techniques constatées en pleine coupe du monde. Autant dire que celui que beaucoup de supporters appellent affectueusement le ministre de la défense des Lions est plus proche de la retraite sportive. Idem pour Sadio Mané ce Leader technique qui n’a plus ses jambes de vingt ans.
Dans de telles conditions, on comprend parfaitement que le technicien franco-sénégalais puisse faire dans l’ouverture en donnant sa chance au défenseur central Malang Sarr malgré l’exil de l’ancien Lensois vers la Saudi Pro League moins cotée que la Premier League British ou encore la Liga et la Ligue 1 française… D’autres profils comme Ngagne Demba Thiam le portier de Monza (série A Italie) et Maguette Guèye milieu défensif du Racing Santander (Liga Espagnole) seraient également dans les plans du nouveau coach. Si ces informations se confirment, on pourrait parler de mini-révolution, disons d’un rajeunissement de l’effectif. C’est dans l’ordre normal des choses.
La tanière ne doit pas être un sanctuaire pour certains cadres indéboulonnables qui avaient réussi par exemple à avoir l’oreille de Pape Thiaw au point de lui faire prendre des décisions qui défiaient parfois la logique footballistique.
Il faut rebattre les cartes en veillant quand même à assurer les grands équilibres par un savant dosage entre les fameux cadres et de nouvelles pépites, sortes de jeunes loups aux dents longues. C’est très subtil et Vieira est payé pour relever un tel challenge.
L’essentiel pour le joueur convoqué, c’est de se donner à fond pour mériter le maillot national.

