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AFFAIRE MADIAMBAL DIAGNE: L’inauguration de l’hôpital de Tivaouane relance le dossier Ellipse Projects

Alors que l’État du Sénégal inaugure, ce lundi 10 août 2026, l’hôpital de Tivaouane, la défense de Madiambal Diagne pointe une « incohérence » dans le traitement judiciaire du dossier impliquant notamment la société française Ellipse Projects et la SCI Pharaon. Une procédure judiciaire concernant notamment ces deux sociétés est toujours en cours devant un juge d’instruction.

L’inauguration de l’hôpital de Tivaouane intervient dans un contexte judiciaire particulier. L’infrastructure, réalisée par la société française Ellipse Projects, est officiellement mise en service ce lundi 10 août 2026 par l’État du Sénégal. Dans un communiqué, la défense de Madiambal Diagne, dirigée par Me Amadou Sall, estime que cette situation soulève des interrogations sur la cohérence de la procédure engagée contre son client et ses proches.

Selon les avocats, la SCI Pharaon figure parmi les nombreuses sociétés ayant conclu des contrats de prestation de services avec Ellipse Projects, principalement dans le cadre de contrats de sous-traitance. Ils précisent toutefois que ni Madiambal Diagne ni la SCI Pharaon, qu’il contrôle, n’auraient directement signé de contrat avec l’État du Sénégal. La défense insiste sur ce point pour rappeler que le partenaire contractuel direct de l’État sénégalais dans les projets concernés demeure Ellipse Projects. Les relations entre cette société française et ses différents prestataires auraient, elles, été établies dans le cadre de contrats de sous-traitance.

Les avocats de Madiambal Diagne s’étonnent dès lors que des poursuites aient été engagées contre leur client, certains membres de sa famille et des proches, alors que l’État continue parallèlement à travailler avec Ellipse Projects sur plusieurs infrastructures. Ils citent notamment le cas de l’hôpital de Tivaouane, réalisé par l’entreprise française et inauguré ce lundi.

La défense affirme également que des discussions auraient été engagées entre les autorités sénégalaises et les dirigeants d’Ellipse Projects afin de permettre la poursuite de certains travaux liés à des infrastructures stratégiques, notamment dans le secteur de la justice. Elle relève ainsi une situation qu’elle juge paradoxale : malgré une plainte déposée par l’État contre Ellipse Projects, les contrats conclus avec l’entreprise n’auraient pas été dénoncés dans leur ensemble. Des négociations seraient même menées en vue de la reprise ou de la poursuite de certains chantiers.

Pour les conseils de Madiambal Diagne, cette situation pose la question de la cohérence entre, d’une part, les accusations formulées dans le cadre de la procédure judiciaire et, d’autre part, le maintien des relations contractuelles avec l’entreprise concernée. Les avocats vont plus loin et dénoncent ce qu’ils considèrent comme un traitement judiciaire injustifié de leur client et de son entourage. Ils s’interrogent notamment sur l’absence, selon eux, d’actes judiciaires visant les dirigeants d’Ellipse Projects, alors même que l’entreprise fait l’objet d’une plainte de la part de l’État.

Pour la défense, « il n’est pas possible » de poursuivre les dirigeants d’une entreprise pour des faits présumés de malversations financières, tout en maintenant des contrats avec cette même entreprise et en négociant avec ses responsables la poursuite de la collaboration.

Dans ces conditions, les poursuites visant Madiambal Diagne, ses sociétés, ses proches et certains membres de sa famille seraient, selon ses avocats, assimilables à un « règlement de comptes ». L’inauguration de l’hôpital de Tivaouane constitue ainsi, aux yeux de la défense, un nouvel élément dans le débat autour de ce dossier. Les avocats estiment que le maintien de la collaboration entre l’État et Ellipse Projects, notamment à travers l’achèvement et la livraison de certaines infrastructures, devrait conduire la justice à reconsidérer la situation de leur client et des autres personnes poursuivies. Ils demandent, en conséquence, que la procédure judiciaire aboutisse à un non-lieu en faveur de Madiambal Diagne, de ses sociétés, de ses proches et des membres de sa famille concernés par les poursuites.

Mariem DIA