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REPROFILAGE DE LA DETTE: Les grands de la haute finance mobilisés pour négocier avec Dakar

L’éventualité d’une réorganisation de la dette sénégalaise fait bouger les marchés. Plusieurs grands investisseurs internationaux étudient la création d’un front commun pour négocier avec Dakar, dans un contexte de tensions budgétaires et de suspension du programme du FMI.

C’est ce que rapporte hier mercredi 15 juillet 2026. Seneplus, citant une enquête de Bloomberg publiée le 13 juillet par Kerim Karakaya et Jorgelina Do Rosario.
Selon des sources proches du dossier, des discussions officieuses ont été lancées entre détenteurs d’obligations souveraines du Sénégal afin de constituer un front commun. Parmi eux, des mastodontes de la finance comme Morgan Stanley Investment Management et BlueBay Asset Management étudient la mise sur pied d’un comité ad hoc. Selon nos sources, l’objectif, à ce stade encore « embryonnaire », serait de mandater une structure unique pour négocier avec Dakar si le gouvernement décidait officiellement de réorganiser ses engagements financiers. De son côté, l’État sénégalais prépare aussi ses armes.

Un nouveau conseiller financier pour le Sénégal

Toujours selon Bloomberg, les autorités envisagent de recruter un nouveau conseiller financier. Concrètement, des prises de contact auraient déjà eu lieu avec Lazard, Rothschild & Co. et Alvarez & Marsal. Actuellement, la structure parisienne Global Sovereign Advisory accompagne déjà le Sénégal. Toutefois, force est de constater que la nature exacte de l’opération reste floue : s’agira-t-il d’une « restructuration profonde » avec décote ou d’un simple « reprofilage » des échéances ? Le contexte macroéconomique est tendu. La dette publique du Sénégal culmine à 132% du PIB. Dans la foulée, le programme de financement de 1,8 milliard de dollars avec le FMI a été suspendu. Dakar tente désormais de sécuriser une nouvelle facilité de crédit. À cette impasse budgétaire s’ajoute un contexte politique intérieur instable. Dans une note du 9 juillet relayée par Bloomberg, les analystes de Citigroup Inc.estiment que les récentes secousses au sommet de l’État modifient les perspectives financières du pays.
En réalité, la rupture en mai entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko ferait pencher vers « le scénario d’un reprofilage de la dette plutôt qu’une restructuration agressive impliquant une décote ». Les deux hommes affichent des divergences sur la stratégie à adopter face au FMI. Le président Faye maintient une position prudente et non engageante, tandis qu’Ousmane Sonko a à plusieurs reprises fustigé l’idée même d’une restructuration.

Abdoulaye DIAO