Séparation avec Diomaye : Les confidences d’Ousmane Sonko
« Êtes-vous toujours ami avec Bassirou Diomaye Faye ? Vous l’aviez choisi comme candidat de substitution pour la Présidence du pays. Quelles sont vos relations aujourd’hui ? » C’est par cette question que le journaliste d’Al Jazeera Nicolas Haque a interpellé le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, lors de l’entretien qu’il lui a accordé.
En guise de réponse, le leader de Pastef a rétorqué : « Pour moi, il est inutile de rester focalisé sur le passé. Aujourd’hui, nous devons gérer le présent et nous tourner vers l’avenir. Je crois que le destin joue un rôle dans tout ce qui arrive et que Dieu, en fin de compte, trace nos chemins. Mais Dieu agit par des voies bien précises. En l’occurrence, Il m’a confié la responsabilité de choisir le candidat de mon parti à l’élection présidentielle, et j’ai porté mon choix sur un homme ». Avant de préciser, « C’était, bien entendu, ma responsabilité personnelle. Mais si cela n’avait pas été la volonté de Dieu, je ne l’aurais pas choisi. Les événements de ces deux années et quelques peuvent être jugés non seulement par le peuple sénégalais, mais par le monde entier. »
« Je préfère ne pas trop m’étendre sur cette séparation »
Sur les propos du Président de la République selon lesquels « s’il n’y a plus de confiance, je me séparerai de lui » prononcés quelques mois plutôt, Ousmane Sonko a écarté l’idée d’un problème de confiance. Il n’y a pas eu de problème de confiance. Ce qui s’est passé ne relevait pas de la confiance. Vous connaissez très bien les raisons qui ont conduit à cette rupture. Elles n’avaient rien à voir avec la confiance. Je préfère ne pas trop m’étendre sur cette séparation », a-t-il déclaré
Sans s’étendre sur les détails, Ousmane Sonko a expliqué que « tout système politique est fait d’alliances et de ruptures ». Il soutient que la séparation est intervenue « parce que nous avions des visions divergentes quant à nos engagements envers le peuple sénégalais ». D’après lui, il s’agissait du programme. « Il n’était question ni de personnes ni de pouvoir. Il s’agissait des engagements pris envers le peuple sénégalais », dit-il.
« Et comment nous sommes-nous séparés ? Dans de nombreux pays à travers le monde, même dans certaines des plus vieilles démocraties, mais surtout en Afrique, les ruptures politiques sont souvent extrêmement douloureuses et ont de graves conséquences. Elles entraînent fréquemment des troubles susceptibles de déstabiliser un pays. Ce qu’il convient de noter ici, c’est que notre séparation s’est déroulée de manière pacifique et sereine, chacun de nous continuant à assumer ses responsabilités que le peuple sénégalais nous avait confiées », fait-il remarquer.
« Ma préoccupation, c’est de faire de cette Assemblée nationale une institution véritablement grande »
Puis, il embraye : « Le Président Diomaye Faye a été élu par le peuple sénégalais pour exercer la présidence. Il m’a nommé Premier ministre, poste que j’ai occupé pendant un peu plus de deux ans. J’avais choisi de continuer à le soutenir pendant un certain temps. Toutefois, nos divergences ont fini par nous conduire à nous séparer. Je suis désormais revenu aux responsabilités que le peuple sénégalais m’a confiées, à savoir diriger l’Assemblée nationale ».
Pour le leader de Pastef, aujourd’hui, ce qui le préoccupe le plus, et ce qui mobilisera son temps et son énergie, « c’est de faire de cette Assemblée nationale une institution véritablement grande ».

