Campagne agricole : un budget de 130 milliards de francs CFA, dont 69 milliards pour l’achat d’engrais
Le gouvernement a consacré 130 milliards de francs CFA à la campagne de production agricole de cette année, dont 69 milliards destinés à l’achat d’engrais, 39 milliards à l’acquisition de semences et 10 milliards à la mécanisation de l’agriculture, a indiqué le directeur de l’agriculture, Makhtar Ndiaye, mardi, à Dakar.
L’Institut sénégalais de recherches agricoles va bénéficier de ce budget.
En intervenant à un conseil interministériel consacré à cette campagne, M. Ndiaye a évalué la facture à payer par l’État aux fournisseurs d’engrais et de semences à 154 milliards, dont 67 milliards déjà payés.
Cette année, la quantité d’engrais à distribuer aux paysans est de 59 152 tonnes, a-t-il dit, lors de cette rencontre présidée par le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, en présence de représentants de nombreuses organisations paysannes.
L’État a atteint cette année “le plus haut niveau de livraison [des] quatre dernières campagnes”, a signalé Makhtar Ndiaye, concernant la mise en place des intrants agricoles.
Pour la présente campagne, 61 923 tonnes d’arachide seront distribuées aux agriculteurs, selon M. Ndiaye. Il signale que 53 127 tonnes ont déjà été mises en place dans les 14 régions du pays, soit 85 % de la quantité achetée par l’État.
La plupart des régions ont reçu plus de 90 % de leur quota de semences d’arachide. Celle de Matam a obtenu le plus faible taux de mise en place, 43 %.
Cette année, 4 203 tonnes de niébé, 3 938 tonnes de maïs, 1 202 tonnes de sorgho, 624 tonnes de sésame et 600 tonnes de maïs hybride seront distribuées aux paysans.
Le gouvernement a acquis une quantité particulièrement élevée de 5 000 tonnes de semences fourragères, dans le but de “sécuriser” l’alimentation du bétail, selon le directeur de l’agriculture.
Il affirme que le niébé fourrager est subventionné à 100 %, pour le même objectif.
Cette année, l’État s’est fixé un objectif de production de 2,7 millions de tonnes de céréales, selon le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.
Le Premier ministre assure que l’État cherche à “augmenter le nombre de mois productifs et rentables” pour les agriculteurs, à accroître le volume de production (mil, riz, etc.) et à s’acquitter entièrement du paiement des dettes des précédentes campagnes agricoles.
“La présente campagne de production agricole a bien démarré, même si l’ANACIM (l’agence météorologique) a annoncé une saison pluviométrique déficitaire, anormale ou à démarrage tardif”, a assuré M. Lo.
Les “grands transferts d’eau” prévus pour approvisionner toutes les régions à partir du lac de Guiers et d’autres cours d’eau vont faciliter la maîtrise de l’eau, selon le Premier ministre.
La loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique, adoptée lors du Conseil des ministres du 5 juin dernier, sera bientôt proposée aux députés en vue de son adoption, a-t-il dit.
Les agriculteurs doivent disposer de titres de propriété sur les terres qu’ils cultivent, a affirmé Ahmadou Al Aminou Lo en précisant tenir cet engagement du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Cette année, le gouvernement va “orienter les dépenses vers les facteurs de productivité”, a assuré le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba.
“On ne doit plus attendre la fin de la production pour entamer la commercialisation des produits agricoles”, a ajouté M. Ba.

