Révision constitutionnelle : Les révélations de Thierno Bocoum
Dans un contexte de vives tensions politiques entourant la proposition de loi n° 17/2026, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-LES LEADERS, a publié une analyse au vitriol pour contester le projet de réforme de la charte fondamentale. L’opposant s’attaque d’emblée aux arguments des partisans du texte, qualifiant de « faux » l’argument selon lequel ces réformes traduiraient les promesses électorales de Pastef. Il rappelle qu’au contraire, « le candidat Bassirou Diomaye Faye et le pastef proposaient la suppression de la fonction de Premier ministre et son remplacement par un Vice-président de la République ». Selon lui, « les Sénégalais n’ont donc jamais été consultés sur le transfert de nouvelles compétences constitutionnelles au Premier ministre ».
Thierno Bocoum rejette également l’affirmation selon laquelle le projet soumis aux députés serait conforme à la version initiale : « Le texte adopté n’est pas celui qui avait été soumis à la consultation publique. L’article 57, notamment, ne figurait pas dans l’avant-projet publié par le Gouvernement ». Il souligne que les modifications apportées par les parlementaires ont « modifié substantiellement la composition et les compétences de la future Cour constitutionnelle ». Enfin, il conteste la prise en compte des réserves juridiques, affirmant qu’il est « inexact d’affirmer que toutes les observations du Conseil constitutionnel ont été prises en compte » puisque l’article 4 a été maintenu alors que le Conseil avait « expressément exigé sa suppression ».
Pour justifier son appel au rejet de la réforme, le leader de l’opposition articule ses critiques autour de trois axes fondamentaux. Sur le plan judiciaire, il affirme que « cette réforme affaiblit la justice » en amputant la future Cour constitutionnelle de sa capacité à contrôler les actes internes de l’Assemblée nationale. Il avertit qu’en retirant ces mécanismes de contrôle, la majorité crée « un déséquilibre institutionnel préoccupant » en soustrayant une partie du fonctionnement parlementaire au regard du juge.
La modification la plus critique réside, selon lui, dans la restructuration de l’Exécutif : « cette réforme renforce considérablement les pouvoirs d’un Premier ministre qui n’est pas élu ». Thierno Bocoum s’inquiète de voir le chef du gouvernement déterminer la politique de la Nation en concertation avec le président, pouvoir présider le Conseil des ministres par délégation ou encore engager la responsabilité du Gouvernement sur la loi de finances. Pour l’ancien parlementaire, cette transformation profonde se traduit par « un renforcement inédit de la position constitutionnelle du Premier ministre et une réduction des moyens de contrôle du Parlement ».
Le dernier argument développé est d’ordre purement financier et procédural. L’opposant soutient que « cette proposition est juridiquement irrecevable » car la création d’une nouvelle Cour constitutionnelle et l’éventualité d’un référendum entraînent des dépenses publiques majeures, sans qu’aucune compensation financière n’ait été prévue. Il évoque à ce titre un « aveu particulièrement révélateur » des auteurs du texte, qui ont eux-mêmes justifié la baisse du nombre de juges de neuf à sept par la volonté de « ne pas alourdir les charges publiques ». En conclusion, Thierno Bocoum appelle le peuple à rejeter ce projet, rappelant qu’une Constitution est « le patrimoine commun de la Nation » et que les citoyens sont fondés à s’y opposer lorsque son équilibre est menacé.

