Société

MATINEE EN BRASSARDS ROUGES SUR LE BRT: Colère au volant, les chauffeurs dénoncent des cadences « épuisantes »

Les chauffeurs du Bus Rapid Transit (BRT) ont élevé la voix, ce vendredi, devant la préfecture de Guédiawaye. Arborant des brassards rouges, ils ont dénoncé leurs difficiles conditions de travail, les longues amplitudes horaires ainsi que l’absence de dialogue avec la direction. Tout en maintenant le service pour les usagers, les conducteurs interpellent directement les autorités étatiques afin qu’une solution soit rapidement trouvée.

Le malaise social gagne le réseau du Bus Rapid Transit (BRT). Ce vendredi 15 mai, plusieurs chauffeurs se sont rassemblés devant la préfecture de Guédiawaye pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « conditions de travail éprouvantes ». Brassards rouges au bras, les manifestants ont choisi une forme de protestation symbolique tout en continuant d’assurer le transport des usagers.
À travers cette mobilisation, les conducteurs veulent alerter sur la pénibilité croissante de leur métier. Le syndicat des chauffeurs évoque notamment des journées de travail particulièrement longues, des temps de repos insuffisants et un manque de dialogue avec la Direction générale.
« Les chauffeurs sont fatigués. Nous n’avons pas de réponse », a déclaré le Secrétaire général du syndicat, M. Sambe, face à la presse. Selon lui, plusieurs tentatives de rencontres avec la Direction générale sont restées sans suite. « Nous n’avons jamais été reçus par le Directeur général », a-t-il regretté, précisant toutefois que des discussions ont eu lieu avec les responsables des ressources humaines.

Des horaires jugés intenables
Parmi les principales revendications figure la question des amplitudes horaires. Certains chauffeurs affirment assurer des rotations allant de 7 heures du matin à 21 heures, un rythme qu’ils considèrent difficilement soutenable sur la durée.
« C’est un rythme difficile à tenir », confie un conducteur rencontré sur les lieux de la manifestation. Les syndicalistes estiment que ces horaires, combinés à la pression quotidienne liée à la circulation et à la sécurité des passagers, accentuent la fatigue physique et mentale des travailleurs.
Les chauffeurs réclament également une révision du système de repos et de congés. Selon eux, une semaine de repos ne suffit pas pour récupérer de la pénibilité du travail, surtout dans un secteur aussi exigeant que le transport urbain.

La situation des femmes conductrices au cœur des préoccupations
Le mouvement social a aussi mis en lumière les difficultés rencontrées par les femmes chauffeurs. Le syndicat évoque notamment des problèmes liés aux congés de maternité et à l’aménagement des conditions de travail pour les conductrices.
« Les femmes sont dans des situations compliquées », ont dénoncé les représentants syndicaux, qui demandent une meilleure prise en compte des réalités sociales et familiales des travailleuses du secteur.
Malgré leur colère, les chauffeurs assurent vouloir privilégier le dialogue afin d’éviter toute perturbation majeure du service. Pour l’heure, le port du brassard rouge demeure leur principal moyen de contestation.
Les manifestants appellent toutefois les plus hautes autorités à intervenir rapidement. Ils interpellent notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le Premier ministre Ousmane Sonko, afin qu’une médiation soit engagée entre les travailleurs et la direction du BRT.
Cette montée de tension intervient dans un contexte où le BRT est devenu un maillon essentiel du transport urbain dans l’agglomération dakaroise, transportant chaque jour des milliers d’usagers entre Dakar et Guédiawaye.

Mame Ndella FAYE