Politique

BASSIROU DIOMAYE FAYE SUR LA DÉMARCHE DES NATIONS-UNIS: « Le Sénégal continuera de s’opposer, à toute forme de ‘deux poids deux mesures’ »

Le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la position du Sénégal face aux dérives de l’ordre international actuel, marquées par « une banalisation du recours unilatéral à la force, en contradiction flagrante avec les principes de la charte des Nations Unies ». Il s’exprimait, avant-hier, à Diamniadio, à l’occasion de la Conférence des ambassadeurs et consuls généraux du Sénégal.

« Le Sénégal condamne toute approche sélective de la valeur de la vie humaine et continuera de s’opposer, avec constance, à toute forme de ‘deux poids deux mesures’ », a déclaré le chef de l’État, affichant une ligne diplomatique claire face aux tensions internationales.
Dans son allocution, le président de la République a mis en garde contre un contexte mondial particulièrement instable, marqué par « de grandes turbulences géopolitiques et des défis inédits, y compris dans notre voisinage immédiat, avec des risques sérieux de fragmentation de notre espace communautaire ». À ces incertitudes s’ajoutent les effets du dérèglement climatique, une crise économique persistante, ainsi qu’un multilatéralisme « mis à rude épreuve » par la recrudescence des conflits armés et les tensions entre puissances nucléaires.
Face à cette situation, il a insisté sur la nécessité de préserver les fondements du droit international. « Nous assistons à une banalisation du recours unilatéral à la force, en contradiction flagrante avec les principes de la charte des Nations-Unies », a-t-il rappelé, estimant que cette évolution « met en péril l’équilibre du monde et heurte profondément notre conception de la dignité humaine ».

Plaidoyer pour un ordre international plus juste
Dans ce contexte, le président Faye a appelé à « œuvrer à l’avènement d’un ordre international plus juste, où l’humain demeure au cœur des préoccupations, et où chacun pourra vivre dans la paix, la dignité et la sécurité ». Il a assuré que « la voix du Sénégal continuera de porter, avec clarté et détermination, sur les causes d’essence universelle », tout en s’inscrivant dans une dynamique d’action unitaire aux niveaux sous-régional et continental.
Convaincu du rôle stratégique du continent, Bassirou Diomaye Faye a souligné que « l’Afrique devait renforcer son intégration pour peser davantage sur la scène internationale ». Cet engagement doit se traduire, selon lui, par « une implication accrue dans la conception et la mise en œuvre des politiques communautaires, ainsi que par une mobilisation collective pour faire entendre la voix africaine ».
« Pour nous, le multilatéralisme doit rester le cadre privilégié de l’action internationale », a-t-il affirmé. Toutefois, a-t-il précisé, ce système « doit non seulement se réinventer impérativement, mais doit aussi être rénové et revitalisé pour le sortir du statu quo post-guerre mondiale ».
Dans cette perspective, le chef de l’État a plaidé pour « une réforme ambitieuse de la gouvernance mondiale », afin de la rendre « plus équitable, plus représentative et mieux adaptée aux réalités contemporaines ». Il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique d’y occuper « la place qui lui revient », avec une meilleure prise en compte de ses priorités.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé l’engagement du Sénégal sur les enjeux climatiques. « La diplomatie sénégalaise restera engagée pour la cause climatique selon le principe de responsabilité commune mais différenciée, en faveur d’une transition énergétique juste et équitable », a-t-il confié.

Mamadou Lamine CAMARA