CRISE SCOLAIRE : DISCUSSIONS GOUVERNEMENT-SYNDICATS: Avancées majeures, mais trois points bloquent encore les négociations État-G7
Après près de 24 heures de discussions intenses, le gouvernement et les syndicats d’enseignants du G7 ont enregistré des avancées significatives. Mais à trois mois des vacances, des points clés restent en suspens, maintenant la pression autour d’une crise scolaire toujours préoccupante.
Au terme d’une longue session de négociations tenue du lundi 13 avril à 16h au mardi 14 avril 2026 à midi, au ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, le gouvernement et les syndicats d’enseignants réunis au sein du G7 ont fait le point sur l’état d’avancement des discussions.
Dans le communiqué sanctionnant ces travaux, les autorités indiquent qu’un accord a été trouvé sur l’essentiel des points inscrits dans le projet de protocole d’accord. Toutefois, trois questions majeures demeurent en suspens et ont été renvoyées à des discussions ultérieures. Il s’agit de l’élargissement du périmètre du décret n°2026-65 du 27 janvier 2026 relatif aux enseignants décisionnaires, de la question de leur retraite, ainsi que de la défiscalisation des rappels.
Ces points, jugés sensibles, ont été consignés dans une rubrique « Perspectives » et feront l’objet d’une nouvelle séance de négociation prévue le jeudi 16 avril 2026 à 10h.Entre avancées notables et divergences persistantesCo-présidée par les ministres Olivier Boucal et Moustapha Guirassy, la rencontre a réuni l’ensemble des parties prenantes, y compris des représentants de la société civile. Si la signature de décrets attendus de longue date constitue une avancée saluée par les syndicats, leur mise en œuvre effective reste au cœur des divergences.
Porte-parole du G7, Hamidou Dia a précisé que les discussions ont essentiellement porté sur la situation des enseignants décisionnaires. « Pension de retraite, imputation budgétaire et dispositif des 65 ans optionnels : autant de points sur lesquels les deux parties peinent encore à s’accorder, notamment sur les délais et les modalités d’application », a-t-il expliqué.
Autre point de friction : l’élargissement des bénéficiaires des mesures. Selon le responsable syndical, le ministère a bien publié un arrêté précisant les pièces à fournir pour les enseignants concernés par les décrets 2026-65 et 2026-66, en vue de leur intégration ou reclassement dans la fonction publique. Cependant, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS) réclame l’inclusion des enseignants recrutés dans le cadre des programmes des 5000 et des 2000 enseignants, actuellement exclus du dispositif.
Un accord à portée de main sur certains aspects
Malgré ces divergences, des progrès notables ont été enregistrés sur d’autres volets, notamment la question de la surimposition et celle du système de rémunération. Sur ces points, les deux parties semblent proches d’un consensus, tant sur les formulations que sur les échéanciers.Face à l’urgence de la situation, Hamidou Dia a lancé un appel solennel au chef de l’État.
« C’est l’école sénégalaise qui est en danger. C’est l’école publique qui est en jeu », a-t-il alerté, exhortant les autorités à saisir cette opportunité pour préserver ce qui peut encore l’être de l’année scolaire.De son côté, le gouvernement a réaffirmé sa « ferme volonté de trouver, dans les meilleurs délais, une issue heureuse à la crise scolaire ».
Mame Ndella FAYE

