ABBÉ FORMOSE MARIE MENDY, CLERGÉ DIOCÉSAIN DE ZIGUINCHOR: « Ce Dimanche symbolise à la fois la gloire messianique et l’annonce de la Passion du Christ »
Les chrétiens ont célébré, hier, « Dimanche des Rameaux », marquant le début de la Semaine sainte. L’abbé Formose Marie Mendy, du clergé du diocèse de Ziguinchor, explique la signification de ce jour, ses différentes étapes ainsi que la symbolique de la couleur liturgique.
Que célèbrent les chrétiens le « Dimanche des Rameaux » ?
Le « Dimanche des Rameaux » et de la Passion constitue une véritable porte d’entrée dans le mystère pascal. Six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus fait son entrée à Jérusalem. Il est acclamé par la foule qui tapisse le sol de manteaux et de rameaux verts, formant un chemin royal en son honneur. À travers cette célébration, les chrétiens commémorent deux grands mystères : la glorification du Christ et l’annonce de sa Passion. Ce jour marque à la fois une entrée triomphale et le début du chemin vers la croix. L’Évangile rapporte que la foule, venue en grand nombre pour la fête, apprit que Jésus arrivait à Jérusalem. Elle prit des rameaux de palmiers et sortit à sa rencontre en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! ».
Ces paroles sont reprises comme antienne d’ouverture lors de la liturgie. Le célébrant bénit les rameaux, puis l’on proclame l’Évangile de l’entrée messianique du Christ. S’ensuit une procession vers l’église, marquant l’ouverture solennelle de la Semaine sainte qui conduit à Pâques. Ainsi, ce dimanche symbolise à la fois la gloire messianique du Christ et l’annonce de sa Passion. En cette année liturgique A, les fidèles méditent la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ selon saint Matthieu.
Pourquoi les rameaux ?
Les rameaux trouvent leur origine dans l’accueil réservé à Jésus lors de son entrée à Jérusalem. La foule avait coupé des branches de palmiers et les avait étendues sur son passage, en signe d’honneur et de royauté (Jn 12, 13). Dans la tradition, ces gestes étaient réservés aux rois et aux vainqueurs. En brandissant ces rameaux, le peuple reconnaissait Jésus comme le Messie attendu.
Aujourd’hui encore, les rameaux bénis rappellent cet événement. Ils deviennent pour les fidèles un signe de marche vers Pâques, à la suite du Christ. Ils symbolisent à la fois la victoire – le Christ acclamé comme Roi – et la Passion, puisqu’il entre dans la ville où il sera crucifié. Après la messe, les fidèles conservent ces rameaux dans leurs maisons, souvent placés sur les croix, comme signes de protection, de vénération et de confiance envers le Christ crucifié. La tradition liturgique prévoit également que ces rameaux soient conservés pour être brûlés l’année suivante. Les cendres obtenues serviront au Mercredi des Cendres, qui ouvre le temps du Carême.
En réalité, la gloire du Christ ne se révèle pleinement qu’au sommet de la croix. C’est ce mystère que l’Église contemple en ce jour : la gloire et la Passion réunies dans une même célébration. Cette procession des Rameaux est donc une reproduction symbolique de l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. Jésus, conscient de ce qui l’attend, avance comme un Roi qui accepte son destin : offrir sa vie pour le salut de l’humanité. Les fidèles, en procession, l’acclament à leur tour, célébrant sa royauté et son amour salvateur.
Pourquoi le prêtre est-il habillé en rouge ?
Dans la liturgie, la couleur rouge est généralement associée aux martyrs. Elle renvoie directement à la Passion, au sang versé et au sacrifice. Le « Dimanche des Rameaux » étant aussi le « Dimanche de la Passion », les prêtres quittent le violet du Carême pour revêtir le rouge. Cette couleur évoque à la fois la royauté du Christ et son sacrifice sur la croix. Le rouge symbolise également le sang du Christ versé pour l’humanité, mais aussi l’amour divin et l’action de l’Esprit Saint. Il exprime ainsi le don total de Jésus.
La liturgie, en tant que culte public rendu à Dieu, mobilise toutes les dimensions de l’être humain, y compris les sens. Les couleurs liturgiques participent à cette pédagogie spirituelle. Durant le Carême, le violet domine pour signifier la conversion et la pénitence. Mais à l’approche de la Semaine sainte, le rouge s’impose pour rappeler la Passion du Christ et l’amour extrême qui s’y manifeste.
Viviane DIATTA

