ActualitéSport

SAISINE DU TAS PAR LE SÉNÉGAL: Le Club des avocats marocains accuse la FSF de « voyoucratie sportive »

Quelques heures après la conférence de presse tenue à Paris par le pool d’avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF), dans le cadre de la saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) contre une décision du Jury d’appel de la CAF, le Club des avocats du Maroc est monté au créneau avec une riposte musclée.

Dans un communiqué au ton particulièrement désobligeant, les avocats marocains critiquent le registre lexical employé par le président de la FSF, qualifié de « médiéval » et « belliqueux ». Ils pointent notamment l’usage de l’expression « croisade morale et juridique », estimant qu’« on ne plaide pas une cause technique avec les mots de la guerre ». À leurs yeux, ces déclarations traduisent une « fébrilité manifeste » et relèvent davantage de l’émotion que d’une argumentation juridique solide, dans le cadre d’une procédure qu’ils jugent « pleinement contradictoire ».
Sur le fond, les avocats marocains défendent vigoureusement la décision contestée, qu’ils présentent comme une avancée jurisprudentielle importante. Selon eux, elle vient combler un vide réglementaire concernant les cas d’abandon de terrain et s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence du TAS. Une décision appelée, affirment-ils, à « faire date » et à marquer « la fin de l’ère de la ‘Baltaja’ (voyoucratie sportive) sur les pelouses africaines », en mettant un terme aux pratiques de pression ou de retrait.
Le communiqué rejette également les accusations de « chantage diplomatique » liées à l’incarcération de 18 supporters, évoquées par la partie sénégalaise. Les avocats marocains estiment que ces poursuites reposent sur des « preuves vidéographiques irréfutables » et relèvent exclusivement du champ judiciaire. Ils dénoncent à ce titre une « atteinte à la souveraineté judiciaire du Royaume du Maroc », rappelant que la justice marocaine agit « avec rigueur et indépendance », en dehors de toute considération sportive.
Enfin, dans une attaque plus directe, ils estiment que le président de la FSF « n’est pas fondé à distribuer des brevets d’éthique », en référence à des soupçons de corruption évoqués dans son environnement, ajoutant ainsi une dimension politique et morale à une controverse déjà très tendue sur le terrain juridique.

Fatou DIOUF