Société

DR MASSAMBA GUEYE, SPECIALISTE DE LA LITTERATURE ORALE AFRICAINE: « Au niveau sociétal, je ne connais pas un événement où la datte est essentielle »

Éminent universitaire, chercheur, conteur, poète et critique littéraire sénégalais, Dr Massamba Guèye, expert reconnu en littérature orale et en patrimoine immatériel, est également le fondateur de la Maison de l’Oralité et du Patrimoine « Kër Leyti ».

Interrogé sur la place de la datte dans les sociétés ouest-africaines, il apporte un éclairage historique et anthropologique.

« En réalité, la datte est un produit introduit avec l’Islam. Vous constatez tous qu’il s’agit d’un produit importé. Il existe peut-être des zones comme la Mauritanie ou certaines régions de l’Afrique de l’Ouest où le palmier dattier fait partie du quotidien alimentaire. Mais au Sénégal, son usage est surtout marqué durant le Ramadan », explique-t-il.

Selon lui, la datte est devenue un produit culturel par le biais de la religion, mais elle ne s’inscrit pas dans les traditions sociales anciennes au même titre que certains produits locaux.

« On ne peut pas dire, traditionnellement, que la datte, comme la noix de cola par exemple, soit utilisée dans les rituels sociologiques. Au niveau sociétal, je ne connais pas d’événement où la datte est essentielle », ajoute-t-il.

Le chercheur rappelle également que le mot wolof « Tandarma » renvoie aussi à l’idée de noyau, soulignant l’origine exogène du fruit. « C’est un fruit venu de l’Arabie avec l’Islam. Il porte une dimension spirituelle, mais, à ma connaissance, il n’était pas intégré aux faits de société traditionnels », confie-t-il.

Adama AIDARA