POLEMIQUE AUTOUR DE STARLINK: L’État défend une arrivée encadrée et conforme
Face aux polémiques suscitées par l’arrivée du service Internet par satellite Starlink d’Elon Musk au Sénégal, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall, a tenu à rassurer l’opinion publique. Il a affirmé que toutes les procédures réglementaires prévues par le Code des télécommunications ont été strictement respectées.
Intervenant par téléphone lors d’un panel sur le numérique intitulé « Infrastructures numériques et connectivité universelle : enjeux, modèles et perspectives », organisé par le cabinet KPMG en partenariat avec Helios Towers, le ministre est revenu sur les conditions d’entrée de Starlink sur le marché sénégalais.« Les règles ont été suivies, que ce soit avec Starlink ou avec d’autres opérateurs, dans le respect strict des procédures d’attribution telles que prévues par le Code des télécommunications », a déclaré Aliou Sall.
Il a rappelé que tout opérateur, quel qu’il soit, est soumis au même cadre réglementaire, sans toutefois préciser le type exact de licence ou d’autorisation accordé à l’opérateur satellitaire.Selon le ministre, le service d’accès à l’Internet haut débit par satellite est désormais disponible au Sénégal à l’issue de discussions approfondies avec plusieurs opérateurs satellitaires. L’État, a-t-il souligné, a fait le choix d’une approche ouverte et inclusive, en échangeant également avec des opérateurs nationaux capables de déployer ce type de technologie.
Aliou Sall a mis en avant l’enjeu majeur de la fracture numérique, rappelant l’existence de 540 zones blanches réparties sur environ 700 localités, affectant près de 7 millions de Sénégalais non connectés, avec des répercussions significatives sur l’économie nationale. « Il serait une erreur pour l’État du Sénégal de mettre tous ses œufs dans le même panier », a-t-il insisté, évoquant la nécessité de diversifier les technologies et les partenaires.
Il a également tenu à préciser que Starlink ne vient pas concurrencer les opérateurs de réseaux terrestres, mais plutôt compléter leur action, en apportant une solution alternative et efficace pour l’accès à l’Internet haut débit, notamment dans les zones enclavées.
De son côté, le Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), Dahirou Thiam, a indiqué que Starlink a été autorisé sur la base d’un cahier des charges élaboré par le régulateur en concertation avec les acteurs concernés, notamment le ministère de tutelle. Il a assuré que tous les opérateurs, sans distinction, seront soumis aux mêmes règles de régulation.
Revenant sur la thématique générale du panel, Dahirou Thiam a par ailleurs encouragé la mutualisation des infrastructures, qu’il considère comme un levier essentiel pour accélérer la connectivité universelle et optimiser les investissements dans le secteur des télécommunications.
Mame Ndella FAYE

