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ABDOULAYE FALL, PRESIDENT DE LA FSF SUR LES EVENEMENTS DE LA FINALE DE LA CAN 2025: « Jamais un pays ne s’était autant opposé au Maroc que le Sénégal »

Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) est revenu sur les événements qui se sont passés le jour de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), dont le Sénégal a remporté le trophée pour la 2e fois, le 18 janvier dernier, à Rabat, fac au Maroc (1-0). Abdoulaye Fall révèle que tout était planifié pour mettre le Sénégal devant les faits accomplis. Mais il soutient qu’ils ont anticipé pour parer à toutes éventualités. Pour ce qui est de la réaction de Pape Thiaw durant le match, il annonce qu’ils sont sur la même longueur d’onde, de même que les plus hautes autorités du pays.

Lors d’une cérémonie de Sargal organisé chez lui, à Bambey, ce samedi, après la sacré de l’équipe nationale du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations qui s’est déroulé au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, Abdoulaye Fall est revenue sur les conditions d’hébergement des Lions ainsi que les événements qui se ont déroulé lors de la finale. Le président de la Fédération Sénégalaise de football (FSF) soutient que le Maroc ne pensait pas que la coupe allait lui échapper une fois arrivé en finale.

« Il n’y a aucun pays qui s’est opposait au Maroc comme le Sénégal l’a fait. Le président de la Fédération royale marocaine de football, Faouzi Lekjaa est l’un des premiers à m’avoir félicité quand je suis élu président de la FSF », note-t-il, avant d’enfoncer le clou : « Jamais un pays ne s’était autant opposé au Maroc que le Sénégal. Il faut se le dire, les Marocains tiennent tout en main et décident de tout à la CAF. Parce que ce sont eux qui ont la vice-présidence de la CAF, ils ont les moyens, et beaucoup de pays n’osent pas aller contre leur volonté. Personne n’ose prendre position contre eux. Faouzi Lekjaa est mon ami. Mais il y a des choses qu’on ne négocie jamais. C’est pour cette raison qu’on en est là aujourd’hui ».

Défaillances dans l’hébergement et la sécurité à Rabat Pour ce qui est de l’hébergement Abdoulaye Fall annonce qu’ils étaient dans de très bonne condition à Tanger. « Nous sommes très méthodique, avec une équipe extrêmement compétente. Nous étions dans de très bonne conditions à Tanger. Et tout s’est passé très bien lorsque nous avons quitté Tanger après les demi-finales pour aller à Rabat pour la finale », souligne le patron du football Sénégalais. Mais, comme la meilleure façon de gérer, c’est d’anticipé les difficultés, Abdoulaye Fall dit avait demandé à son Secrétaire général de se rendre à Rabat, avec le DAGE du ministère des Sports, en mission avancée, avant le départ des Lions.

« C’est parce ce qu’on avait déjà demandé à la CAF et à la Fédération royal marocaine dans quel hôtel allions-nous loger. Ils nous ont sifflé un nom d’hôtel à 24 heures de notre départ pour Rabat. Mais Abdoulaye Sow qui l’a visité m’a clairement dit que l’équipe nationale n’allait pas loger dans cet hôtel. Pourtant, tous les autres adversaires du Maroc ont accepté de loger là-bas. Mais dès qu’on a vu l’hôtel, on savait qu’on ne pouvait pas loger là-bas, parce que, d’habitude, ce sont nos équipes de jeunes qui y logent. C’est un hôtel qui se trouve dans le centre-ville, où il y a la pollution sonore », révèle-t-il.

« De plus, ils ont voulu nous forcer à nous entraîner dans leur propre camp de base, le centre Mohamed VI. Quand on a reçu la notification, on a tout simplement refusé d’y aller. J’ai visité ce camp à plusieurs reprises. C’est un camp très moderne avec tout ce qu’il faut et n’y a pas quelque chose comme ça au Sénégal. Le problème est que, une fois dedans, tu n’as plus des secrets. Tout ce que tu travailles est su par tes adversaires. Alors, pourquoi vouloir nous imposer ce camp pour une finale face au Maroc ? On a refusé catégoriquement », poursuit-il.

Abdoulaye Fall est aussi revenu sur l’arrivée chaotique des Lions à Rabat. « Vous avez aussi remarqué l’arrivée des Lions à Rabat. Il n’y avait aucune mesure de sécurité. Ce que nous avons déploré dans un communiqué, rappelle-t-il, présidant qu’« il n’y avait pas même de cordon de sécurité ».

Le face-à-face avec Lekjaa et Veron

« Par la suite, Abdoulaye Saydou Sow m’a dit d’aller voir le président de la CAF, Patrice Motsepe et le président de la Fédération Marocaine, Faouzi Lekjaa. Je n’ai pas l’habitude de courir derrière les gens. Mais je suis quand même parti voire Faouzi Lekjaa, qui était avec Veron Mosengo, Secrétaire général de la CAF, puis j’ai rencontré le président Patrice Motsepe. Quand j’ai fait part de la situation à Lekjaa, il m’a dit que c’est la CAF qui n’a pas fait on travail. Et quand j’ai demandé Veron, il a rejeté la faute sur le Maroc. J’ai compris qu’ils se payer ma tête. C’est par la suite que j’ai demandé au Secrétaire général de la FSF de faire un communiqué », relate M. Fall.

Aussitôt après la publication du communiqué de presse dans la soirée du vendredi 16 janvier, Abdoulaye Fall rapporte avoir été contacté par Faouzi Lekjaa. « À 1 heures 30 du matin, Faouzi Lekjaa m’a appelé. Il m’a dit président, qu’est-ce qui se passe ? Je lui ai répondu, président, ceci est une mesure conservatoire. Demain, on fera un point de presse. On ne jouera jamais dans ces conditions. Il m’a alors dit, président, laisse la CAF de côté. Demain, viens me voir et je ferai ce que tu veux », dévoile le président de Bambey FC.Prenant à témoin Khalilou Fadiga, avec qui il a été voir le patron du football Marocain et président du Comité d’organisation de la CAN 2025, dans son bureau au ministère des Finances, il explique que ce dernier a donné immédiatement des instructions qui ont été mise en œuvre.

« La sécurité a été renforcé autour de l’équipe nationale, avec même des check-points à plusieurs kilomètres pour filtrer les accès. Pour l’entrainement, j’ai dit que nous voulions l’annexe du stade Moulay Abdallah et cela a été acté. Concernant les tickets, on nous avait donné trois tickets pour la délégation de l’équipe nationale du Sénégal. Je n’avais aucune possibilité pour en acheter d’autres. Vous trouvez ça normal pour une équipe finaliste de la CAN ? Vous trouvez normal que tout revienne au Maroc ? Il m’a dit : envoie-moi la liste des membres de la délégation, je te donne des billets pour la loge royale, la loge Vip et des macrons aussi pour les voitures », confie Abdoulaye Fall à propos de sa rencontre avec Lekjaa.

Le piège de la CAF sur les arbitres de la finale

Le président de la Fédération sénégalaise de football indique que le seul aspect où il n’avait pas de solution c’est sur l’arbitre. « On devait savoir les officiels pour la finale deux jours avant. Ça aurait dû être annoncé lors de la réunion de la commission technique. Quand on a posé la question, ils nous ont dit qu’ils n’ont pas encore d’information concernant les arbitres de la finale, parce qu’il y a un délai pour récuser l’arbitre. Mais ils nous ont notifié les officiels la veille de la finale à 22 heures. Et quand le Secrétaire général Abdoulaye Sow les a appelés, ils ont dit qu’ils voulaient protéger les arbitres afin qu’ils ne soient mis sous pression. En ce moment-là, on ne pouvait plus récuser l’arbitre. On a quand même préparé la lettre de récusation et on l’a envoyé à la CAF quand nous sommes arrivés au stade », souligne-t-il.

L’acte de Pape Thiaw salué

Pour ce qui est de la réaction de Pape Thiaw qui a demandé à ses joueurs de quitter la pelouse, Abdoulaye Fall avalise totalement cette décision. « On est entièrement d’accord avec lui (Pape Thiaw). Même nos dirigeants au plus haut niveau sont d’accord avec lui. Il y a des détails que je ne vais pas dévoiler. Quand j’ai vu la situation, j’ai dit à Abdoulaye Sow descendons. On allait demander aux joueurs de terminer le match. Mais le temps d’arrivée, la situation s’est décanter. Le fait est qu’il y a des équipes qui ont été très bonne durant la compétition, mais peut-être, du fait de certaines conditions et autres faits, ont quittés la CAN prématurément », dit-il.

« De notre côté, nous avons anticipé et nous avons surveillé beaucoup choses pour ne pas être pris de cours », soutient-il. L’éloge à Abdoulaye Sow« Le Secrétaire général Abdoulaye Sow est très méticuleux, il suit les choses de prêt. C’est l’un des meilleurs dirigeants du football africain. Le temps qu’il met pour suivre les choses de très près, dans les moindres détails, moi je n’ai pas ce temps. Il n’y a aucuns détails qui lui échappe. Il veille sur tout, sur la pelouse, les arbitres, le commissaire de match, le coordonnateur et même le délégué. C’est pour dire qu’il suite tout. C’est comme ça qu’on a travaillé jusqu’à la fin », conclut le président de la FSF.

Fatou DIOUF