LA CHRONIQUE DE MLD : Le message puissant des Lions
Par Mamadou Lamine DIATTA
Ces deux dernières dates FIFA ont permis aux 18 millions de Sénégalais de snober un peu cette actualité politique ronronnante sur fond de querelle intestine Diomaye vs Sonko pour mettre le curseur sur les valeureux Lions de Pape Thiaw qui incarnent carrément un Sénégal plus serein et plus focus sur les enjeux de l’heure.
En livrant deux matchs de haute facture contre le Brésil et le Kenya, l’équipe nationale de football était davantage dans la représentation et la symbolique. Certes les résultats bruts sont importants pour le peuple exigeant et souvent chauvin du foot mais il est certain que ces rencontres diffusées en mondovision ont sûrement réconcilié le peuple sénégalais avec lui-même en ces temps de crise politico- économique et d’incertitude. C’est connu, le football est l’opium du peuple. Une vérité de Lapalisse. C’est la raison pour laquelle la défaite essuyée contre le Brésil ( 0/ 2) et la victoire historique (8/0 ) contre le Kenya ont suscité beaucoup d’émotions et diverses réactions.Si ces politiciens prompts à se castagner pour marquer leur territoire et polir leur ego renvoient une pâle image du pays, il va de soi que les prestations de nos vaillants Lions nous apportent clairement du baume au cœur. À défaut de grives, on se contente de merles dit l’adage. Le Leadership se décline sous des formes insoupçonnées.
Pape Thiaw et ces Lions ont donc envoyé plusieurs messages à l’opinion publique. Il faut prendre du recul pour les décrypter sans passion.
Contre le Brésil estampillé -sélection la plus titrée du monde, ils ont certes goûté à l’amer goût de la défaite après 26 rencontres livrées sans perdre mais ils sont tombés les armes à la main. Mieux, ils ont dû tirer de précieux enseignements relativement à la gestion du temps en premier lieu. Dans les milieux du football professionnel comme dans la vie courante, le diable est dans les détails. Ce retard accusé ( arrivée à 40 minutes du coup d’envoi) est une faute professionnelle. La nouvelle équipe fédérale a dû tirer les leçons.
La maigre consolation à tirer de cette confrontation c’est qu’il n’y’a rien de choquant à perdre contre ce Brésil coaché par l’un des meilleurs techniciens du monde.
Tout de même, les Lions se sont bien étalonnés avec en ligne de mire une quatrième participation à la phase finale de la coupe du monde, le Saint des Saints de cet écosystème complexe.
La victoire probante et historique 8/0 contre le Kenya a été justement la cerise sur le gâteau pour un groupe visiblement calibré pour la gagne avec la libération d’ondes positives sous la houlette d’un coach ouvert d’esprit.
Mais l’urgence signalée reste cette CAN qui sera jouée dans quelques semaines au Maroc.
Lors des deux derniers regroupements en Angleterre et en Turquie, les échos de la tanière parvenus à l’opinion publique ne sont point rassurants. Les Sénégalais sont réputés être de véritables têtes de mule prêts à tout pour s’approcher des Lions afin de gagner en visibilité. Mais c’est contre-productif. L’environnement des Lions doit être dépollué en perspective de la CAN marocaine. Pape Thiaw devrait prendre les devants pour marquer son territoire, bunkeriser la tanière et protéger ses joueurs par ricochet. La haute compétition s’accommode mal de cet amateurisme marron constaté depuis quelques temps dans la gestion de ces professionnels de haut niveau qui jouent en Angleterre, en France, en Arabie Saoudite et ailleurs dans le monde. Tout est lié.

