FINANCEMENT CLIMATIQUE: Les besoins du Sénégal estimés à plus de 4 616 milliards FCFA sur la période 2025-2030
Le Sénégal évalue à plus de 4 600 milliards de francs CFA ses besoins de financement climatique pour la période 2025-2030. Un montant colossal révélé, hier, lors des Journées Climat et Développement, qui traduit l’urgence d’agir face aux effets déjà visibles du dérèglement climatique et l’ambition du pays de bâtir une économie résiliente et sobre en carbone.
Le Sénégal aura besoin de plus de 4 616 milliards de francs CFA pour financer ses politiques climatiques sur les cinq prochaines années. L’annonce a été faite par Mary Teuw Niane, Directeur de cabinet du Président de la République, lors de la cérémonie d’ouverture de la première édition des Journées Climat et Développement, tenue hier, à Diamniadio.
« Les besoins de financement climatique sont estimés à 8,2 milliards de dollars, soit 4,5% du PIB cumulé sur la période 2025-2030 », a déclaré Pr Niane, en présence de la Directrice régionale de la Banque mondiale.Selon lui, ces chiffres traduisent à la fois l’ampleur du défi et le potentiel de transformation du pays.
« L’action climatique doit devenir une solution globale pour préserver nos écosystèmes, créer des emplois verts, assurer notre souveraineté alimentaire, mieux gérer nos territoires et moderniser nos infrastructures. Elle doit aussi bâtir une économie sobre en carbone et renforcer notre système éducatif vers une responsabilité citoyenne durable », a-t-il souligné.
Des impacts déjà mesurables
Pour le Directeur de cabinet du Chef de l’État, le changement climatique constitue « l’une des crises les plus complexes et les plus urgentes de notre siècle ». Bien que la contribution du Sénégal aux émissions de gaz à effet de serre reste marginale, le pays en subit de plein fouet les conséquences : vagues de chaleur, érosion côtière, inondations, sécheresses et pertes agricoles.
« Une seule année de sécheresse coûte à notre économie près de 500 millions de dollars, tandis que les inondations annuelles engendrent des pertes estimées à 100 millions de dollars, a révélé Mary Teuw Niane. Si nous restons inactifs, d’ici 2050, 75% de notre littoral pourrait être menacé, exposant plus de deux millions de Sénégalais au risque de pauvreté ».
Le rapport présenté à cette occasion estime que l’inaction climatique pourrait coûter jusqu’à 9,4% du PIB d’ici 2050, alors que des mesures d’adaptation ciblées pourraient générer des gains économiques de 2% dès 2030. Les secteurs prioritaires identifiés sont l’agriculture, la pêche, la foresterie, l’énergie, l’eau et la santé, autant de leviers stratégiques pour la résilience et la sobriété carbone, en cohérence avec la stratégie Sénégal 2050.
Le climat, un levier de transformation durable
Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Abdourahmane Diouf, a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire du climat un moteur de développement durable. « Nous avons engagé un processus d’élaboration d’un texte réglementaire sur le climat, la mise en place d’une taxonomie verte et d’une stratégie de développement à long terme conforme aux Accords de Paris », a-t-il indiqué.
Le ministre a également souligné les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 2.0). « Nous comptons déjà 139 projets dans le secteur agricole, représentant plus de 300 milliards de francs CFA mobilisés pour promouvoir les bonnes pratiques », a-t-il précisé.
Cette première édition des Journées Climat et Développement, tenue à Diamniadio, marque une étape clé dans la mobilisation nationale pour la transition écologique. Elle vise à renforcer la concertation entre l’État, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile, autour d’une ambition commune : accélérer la résilience du Sénégal face aux défis climatiques, tout en transformant ces menaces en opportunités de croissance verte.
Mamadou Lamine CAMARA

