Aemo: Les travailleurs de la Protection judiciaire menacent de boycotter les audiences
Le Syndicat national des travailleurs en éducation spécialisée du ministère de la Justice (SYNTES/Justice) a fait une sortie, ce samedi 25 octobre 2025. L’entité dénonce la dégradation continue des conditions de travail au sein de la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (DGPJS).Ces agents sont chargés de la prise en charge des enfants en danger, victimes, témoins ou en conflit avec la loi. Ils disent « se sentir marginalisés et lésés malgré le rôle essentiel qu’ils jouent dans le système judiciaire et social du pays ».Ils prévoient de boycotter des audiences pour les AEMO et des activités socio-éducatives à partir du lundi 27 octobre 2025, un sit-in devant la DGPJS le lundi 10 novembre à 10h, un débrayage les 13 et 14 novembre à partir de 12h et enfin, une grève générale de 72 heures chaque semaine à compter du mercredi 19 novembre 2025 ».Selon le syndicat, « la situation actuelle est le résultat d’un désintérêt prolongé des autorités pour les préoccupations des travailleurs de la DGPJS ». « L’État et particulièrement notre tutelle, le ministère de la Justice, ont été à plusieurs reprises alertés sans que des solutions concrètes ne soient apportées », a regretté le Secrétaire général du syndicat, Baba Lyssa Ndiaye.Le SYNTES/Justice estime que cette marginalisation est d’autant plus incompréhensible que ses membres œuvrent dans un secteur à forte charge émotionnelle et sociale, entre l’éducatif, le social et le judiciaire.Par ailleurs, les revendications des travailleurs s’articulent autour de plusieurs points majeurs. Le premier concerne la révision du décret n°2024-792, modifiant celui de 2023 sur l’organisation du ministère de la Justice. Ce texte réserve le poste de Directeur général de la DGPJS exclusivement aux magistrats hors hiérarchie, une disposition que le syndicat juge « injuste et discriminatoire ».« Ce poste devrait être accessible à tout fonctionnaire de la hiérarchie A, notamment aux inspecteurs de l’Éducation surveillée et de la Protection sociale », souligne le communiqué.Le syndicat dénonce aussi une judiciarisation excessive « des missions de la DGPJS, au détriment de la dimension éducative, dans un contexte où la déjudiciarisation de la protection de l’enfant est pourtant encouragée à l’échelle internationale ».Dans la même dynamique, le SYNTES/Justice réclame également la régularisation et la sécurisation juridique du fonds des primes trimestrielles instauré depuis 2021, mais sans base légale. Les travailleurs demandent l’adoption d’un décret instituant ce fonds, ou à défaut, leur intégration dans le fonds commun de greffe, afin d’éviter toute interruption de paiement.Entre autres, il réclame aussi « la revalorisation de l’indemnité de participation à la judicature, jugée inéquitable (70 000 F CFA pour les éducateurs spécialisés contre 140 000 F CFA pour d’autres corps du même cadre), l’octroi d’une indemnité de sujétion aux chefs de service de la DGPJS, le relèvement du niveau de recrutement des éducateurs spécialisés au Centre de Formation Judiciaire (CFJ), du baccalauréat à la licence, assorti d’un reclassement à la hiérarchie A2, et la prise en compte des agents de la DGPJS dans la prime destinée aux personnels des juridictions et de l’administration centrale, dont ils sont aujourd’hui exclus.

