COUP FATAL DE L’ACCIDENT ROUTIER: Raymond Tine, une lueur d’espoir après la chirurgie
Victime d’un grave accident de la route, Raymond Tine a dû subir une lourde chirurgie plastique faciale. Aujourd’hui, ce jeune étudiant en génie civil de 26 ans, double rescapé, retrouve peu à peu l’espoir après un long parcours médical semé d’épreuves.
Dans sa maison familiale des HLM Grand-Médine, Raymond Tine nous accueille avec un large sourire. Un sourire qui masque le mal profond vécu depuis quatre ans, lorsqu’un accident de voiture, à l’âge de 22 ans, a laissé son visage complètement défiguré.
Un sourire retrouvé après quatre ans d’épreuves
« Tu es courageux ! ». « Un vrai lion ! ». « Action de grâce ! » : les mots de ses parents témoignent du long combat mené par leur fils. Cloîtré chez lui, ne sortant que pour ses rendez-vous hospitaliers, Raymond avait perdu confiance en lui et refusait toute visite. La kinésithérapie n’ayant pas apporté de résultats notables, son médecin lui suggère une chirurgie plastique.Au départ sceptique, Raymond finit par accepter l’idée et en parle d’abord à son père, qui approuve, puis à sa mère, qui s’y oppose catégoriquement.
Après de longues discussions, elle finit par céder. Un oncle, médecin orthopédiste en France, organise son transfert médical à Bordeaux.« Plus le jour approchait, plus j’avais peur. Je pouvais même perdre la vie. Mais je n’ai jamais partagé mes angoisses avec ma famille », confie-t-il. La veille du départ, il réunit les siens : « Si Dieu en décide autrement, pardonnez-moi. Je ne pouvais pas vivre avec un visage morcelé ».
Huit heures au bloc, quatre mois d’hospitalisation
À Bordeaux, après deux semaines d’analyses et de préparation, l’opération dure huit heures. « Par la grâce de Dieu, tout s’est bien passé », dit-il avec émotion. Mais le parcours ne s’arrête pas là : quatre mois d’hospitalisation, un suivi lourd, des traitements coûteux.« J’ai vu des patients mourir après opération. Chaque fois, je me disais : demain ce sera peut-être mon tour », raconte Raymond, reconnaissant d’avoir survécu.
Une nouvelle vie, entre France et Sénégal
Depuis son départ, Raymond n’était pas revenu au Sénégal. Un an après son intervention, il revoit enfin sa famille. Mais sa convalescence doit se poursuivre en France, où se trouve son équipe médicale.
« Je pourrais rester ici, mais cela suppose des allers-retours à Bordeaux. Mes parents ont déjà trop dépensé. Je continue de prendre des médicaments à vie. Je peux dire que ma vie est une bénédiction », lance-t-il, dans un éclat de rire.Sa mère, Gertrude Mbengue, n’y croyait pas au début. « Je priais jour et nuit. Quand il disait qu’il allait mieux, j’avais du mal à le croire. Je voulais juste le voir revenir », explique-t-elle.
Le mauvais coup du plus
Mais la guérison fut encore mise à l’épreuve. Un jour, alors qu’il prenait sa douche, Raymond s’évanouit et resta une vingtaine de minutes au sol. L’infirmier dépêché par son oncle alerta les secours. Transporté aux urgences, il subit de nouveaux soins.« J’avais souvent des maux de tête liés à du pus logé dans mon nez. Cela avait infecté une partie de mon visage et j’ai dû subir une petite intervention pour l’enlever », raconte-t-il, interrompant son récit par une gorgée d’eau.
Aujourd’hui, Raymond met en garde les jeunes, surtout les filles, contre les chirurgies esthétiques non médicales. « Je vous jure que c’est dur. Si ce n’est pas pour une nécessité médicale, je le déconseille », dit le miraculé.Entre souffrance, courage et foi, le parcours de Raymond Tine reste celui d’un survivant, porté par l’amour des siens et une résilience qui force l’admiration.
Viviane Diatta

