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France: le Premier ministre Sébastien Lecornu face à une semaine cruciale pour son premier budget

C’est une semaine à haut risque qui débute pour le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. Chargé de trouver un compromis pour faire adopter un budget délicat, il multiplie les consultations tout en cherchant à incarner une rupture avec ses prédécesseurs. Samedi 13 septembre, il est notamment revenu sur la suppression de deux jours fériés initialement prévus dans le cadre du budget Bayrou. Malgré ces signaux, le chef du gouvernement reste pris en étau entre les multiples revendications.
Il y a d’abord la pression des syndicats de travailleurs, qui appellent à une mobilisation dans la rue jeudi 18 septembre. La patronne de la CFDT Marylise Léon, reçue vendredi 12 septembre à Matignon, pointe un manque de clarté dans la communication de Sébastien Lecornu

Le ton est encore plus ferme chez la CGT. Sa secrétaire générale, Sophie Binet, met en garde le Premier ministre : « Je lui ai dit que s’il ne voulait pas rejoindre le cimetière des premiers ministres qui déborde déjà, il fallait qu’il affiche et qu’il prenne des actes de rupture forts et immédiat. On n’a pas besoin d’un premier ministre pour prendre des notes, on a besoin d’un premier ministre pour apporter des réponses. » La CGT réclame notamment l’abrogation de la réforme des retraites et une nouvelle réforme de l’assurance chômage.

Mais Sébastien Lecornu doit aussi composer avec les attentes du patronat. L’organisation patronale française du Medef prévient qu’une hausse des impôts déclencherait une vaste mobilisation.

À cela s’ajoute la pression des agriculteurs. La FNSEA, principal syndicat de la profession, annonce une grande journée d’action le 26 septembre, notamment pour protester contre l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur.

Ce contexte marque un véritable exercice d’équilibriste pour Sébastien Lecornu, qui, après les syndicats, reçoit dès ce mardi les oppositions politiques à Matignon. Alors que le Premier ministre consulte les partis avant de former son gouvernement, la droite, qui se verrait bien rester au gouvernement, se trouve contrainte de faire des concessions, notamment au moment où Sébastien Lecornu cherche un accord de non-censure avec la gauche.