Turquie: ouverture d’un procès capital pour l’opposition et le maire d’istanbul emprisonné
En Turquie, Ekrem Imamoglu affronte de nombreux procès, mais celui qui s’ouvre ce 12 septembre est particulièrement important. Il concerne l’annulation de son diplôme universitaire. Le maire d’Istanbul, démis de ses fonctions et incarcéré depuis six mois pour des allégations de « corruption » qui n’ont pas encore été jugées, risque jusqu’à huit ans de prison pour « falsification de document officiel ».
Le principal rival du président Erdogan accuse, à l’inverse, le pouvoir d’avoir fait annuler son diplôme obtenu il y a plus de 30 ans pour une raison simple : l’empêcher de se présenter à la prochaine présidentielle. Même s’il est libéré, même s’il est acquitté dans ses autres procès, Ekrem Imamoglu ne pourra en effet pas être candidat si la justice maintient l’annulation de son diplôme.
Son parti, le CHP, affrontera quant à lui lundi 15 septembre une audience capitale dans un procès pour « fraudes » lors d’un congrès fin 2023. Le congrès qui avait désigné son dirigeant actuel, Özgür Özel. Sous sa direction, le CHP a remporté les municipales l’an dernier, sa première victoire en plus de 45 ans, et la première défaite d’Erdogan.
La justice pourrait décider de destituer Özgür Özel et de nommer à sa place un administrateur. Il s’agirait ni plus ni moins d’une prise de contrôle de l’opposition par le pouvoir. Un événement qui serait inédit dans l’histoire politique, pourtant troublée, de la Turquie. À la veille de ce procès, le CHP appelle à une grande manifestation à Ankara le 14 septembre.

