Des diplomates d’Israël et de Syrie se sont rencontrés à Paris en vue d’une «désescalade»
Le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani a rencontré mardi 19 août Ron Dermer, titulaire du portefeuille des Affaires stratégiques israéliennes à Paris. Cela pour discuter de la « désescalade » entre les deux pays voisins, en vue de renforcer la « stabilité dans la région », a annoncé l’agence officielle syrienne Sana. Les échanges « se déroulent sous médiation américaine », note l’agence.
Les discussions de mardi 19 août ont porté sur « un certain nombre de dossiers liés au renforcement de la stabilité dans la région et le sud de la Syrie », ainsi que sur la « désescalade et la non-interférence dans les affaires internes syriennes », selon l’agence officielle syrienne Sana.
Les États-Unis rêvent d’une normalisation des relations entre la Syrie et Israël. Mais pour l’instant, les discussions sont plus limitées et visent à « établir un environnement plus stable », selon la télévision d’État syrienne.
Les échanges ont aussi permis d’aborder la question d’un retour à l’accord de désengagement de 1974 entre les deux pays, qui avait créé une zone tampon. « Ces discussions se déroulent sous médiation américaine, dans le cadre d’efforts diplomatiques visant à renforcer la sécurité et la stabilité en Syrie et à préserver l’unité et l’intégrité de son territoire », a ajouté l’agence syrienne.
Si la Syrie et Israël sont toujours officiellement en état de guerre, les rencontres entre les ministres al-Chaibani et Dermer sont devenues assez fréquentes. Avec notamment plusieurs rencontres diplomatiques qui ont déjà eu lieu en juillet en vue de la « désescalade ». Et d’autres têtes-à-têtes ont eu lieu également à Bakou, en Azerbaïdjan.
Les affrontements à Soueïda évoqués lors des discussions
Les délégations des deux pays ont également évoqué, à Paris, la « surveillance du cessez-le-feu » dans la région à majorité druze de Soueïda, où des violences intercommunautaires ont fait plus de 1 400 morts, selon une ONG, et ont entraîné l’intervention d’Israël.
Les affrontements ont opposé des combattants de la minorité druze, qu’Israël affirme vouloir protéger, à des tribus sunnites. En juillet, Israël a bombardé le palais présidentiel et le quartier général de l’armée syrienne à Damas pour forcer les troupes gouvernementales, qui s’étaient déployées à Soueïda, à s’en retirer.
Un cessez-le-feu a été proclamé par les autorités le 19 juillet, après une déclaration de Washington affirmant avoir négocié une trêve entre Israël et la Syrie afin d’éviter une escalade. La trêve fragile tient depuis, mais la tension reste vive dans la province de Soueïda.

