Égypte: une commission intérimaire soutenue par plusieurs pays arabes réfléchit à la future gestion de Gaza
Alors qu’un accord pour une trêve à Gaza n’a toujours pas été conclu, l’Égypte œuvre déjà pour l’après Hamas. Une commission intérimaire palestinienne pour la future gestion de Gaza est en cours de formation. Une initiative soutenue par plusieurs pays arabes.
Les Égyptiens partent du principe que tôt où tard, la guerre prendra fin à Gaza. L’éventualité du déplacement des Palestiniens en dehors de Gaza étant rejetée, l’Égypte parie sur la nécessité de repartir sur un nouveau pied, d’où la recherche du post-Hamas. Le mouvement palestinien est issu des Frères musulmans, confrérie interdite en Égypte et en Jordanie, deux pays frontaliers de Gaza et de la Cisjordanie, respectivement. La confrérie est également bannie dans les deux pays les plus riches du monde arabe : l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Autant de pays qui soutiennent l’initiative égyptienne d’une commission intérimaire.
Pour l’après Hamas, l’Égypte est en consultation permanente avec l’Autorité palestinienne. Le Premier ministre palestinien était ce weekend en Égypte, où il a annoncé que la commission intérimaire pour Gaza était pratiquement formée. Celle-ci serait composée de technocrates et répondrait au gouvernement palestinien de Ramallah. Par ailleurs, 5 000 palestiniens ont été envoyés de Cisjordanie en Égypte pour être formés au maintien de l’ordre à Gaza. Un noyau de police auquel s’ajouteront des milliers d’autres palestiniens issus de Gaza, une fois le cessez-le-feu établi.
Éviter un départ forcé des Palestiniens de Gaza
Ce zèle égyptien veut prévenir tout départ forcé des Palestiniens de Gaza, soit une nouvelle « Nakba », du nom du grand déplacement de ceux habitant en Palestine en raison de la création de l’État d’Israël en 1948. Cette éventualité serait considérée comme une catastrophe sécuritaire et économique par l’Égypte qui, en dehors d’Israël, partage la seule frontière terrestre avec Gaza. La péninsule du Sinaï qui a souffert du terrorisme durant une vingtaine d’années, pourrait à nouveau être déstabilisée.
Il y a aussi un intérêt économique, puisque la reconstruction de Gaza passera forcément par l’Égypte. Cette reconstruction ne récoltera pas de financement sérieux tant que le Hamas dirigera peu ou prou Gaza.
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