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Le Royaume-Uni arrête plus de 460 manifestants à Londres en soutien au groupe interdit Palestine Action

Au moins 466 manifestants pro-palestiniens ont été arrêtés samedi 9 août à Londres, au cours d’une manifestation de soutien au réseau Palestine Action, a annoncé la police londonienne. Ce rassemblement avait été organisé contre l’interdiction début juillet de cette association, également classée « organisation terroriste ». Selon la police londonienne, il s’agit du plus grand nombre d’arrestations effectuées au cours de la même opération depuis 10 ans.

La police a précisé avoir arrêté ou être toutes les personnes ayant brandi la pancarte « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Sur place, des manifestants ont porté d’autres pancartes comme « Agir contre le génocide n’est pas un crime » ou « Free Palestine ».

De nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles dans la foule, à quelques pas de laquelle étaient alignés des voitures de police. Les forces de l’ordre avaient mis en garde les participants contre les « potentielles conséquences pénales » de leurs actes. Les personnes arrêtées n’ont pas opposé de résistance, beaucoup formant un « V » de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d’autres manifestants.

Palestine Action a été ajoutée début juillet à la liste des organisations considérées comme « terroristes » au Royaume-Uni, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l’armée de l’air.

La police métropolitaine londonienne – la Met – a affirmé avoir arrêté les manifestants « soutien à une organisation interdite ». Selon la Met, le total d’arrestations était le plus élevé jamais enregistré dans le cadre d’une seule opération au cours de la dernière décennie, a rapporté le quotidien britannique The Guardian.

« Violation des obligations internationales du Royaume-Uni »

Le groupe Defend Our Juries organise depuis des manifestations pour protester contre cette interdiction, jugée « disproportionnée » par l’ONU. « Nous continuerons tant que le gouvernement tentera de faire taire ceux qui dénoncent sa complicité dans des crimes de guerre, a réagi Defend Our Juries dans un communiqué. Nous sommes déjà de plus en plus nombreux à nous préparer pour la prochaine vague d’actions en septembre. »

« L’arrestation de manifestants par ailleurs pacifiques constitue une violation des obligations internationales du Royaume-Uni de protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion », a dénoncé l’ONG Amnesty International samedi sur X.

Le gouvernement britannique affirme que les sympathisants de Palestine Action « ne connaissent pas la vraie nature » de ce mouvement. « Ce n’est pas une organisation non violente », a assuré la ministre de l’Intérieur Yvette Cooper, disant disposer d’« informations inquiétantes » sur ses projets.

Plus de 200 de ses partisans avaient déjà été interpellés avant la manifestation de samedi, selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries. Trois personnes ont été inculpées en vertu de la loi antiterroriste, le 7 août, pour avoir exprimé leur soutien à Palestine Action, une infraction passible de jusqu’à six mois de prison. L’appartenance à un groupe interdit ou l’incitation à le soutenir peut quant à elle valoir jusqu’à 14 ans de prison.

L’interdiction de Palestine Action a donné lieu à une action en justice entamée par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de cette organisation qui se présentait comme un « réseau d’action directe » visant à dénoncer « la complicité britannique » avec l’État d’Israël, en particulier sur la question des ventes d’armes. La justice britannique doit examiner ce recours en novembre.