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La Colombie attend le verdict du procès pour subornation de témoins de ​​​​​​​l’ex-président Alvaro Uribe

Ce lundi, le tribunal pénal de Bogotá doit rendre son verdict dans le procès très attendu de l’ancien président Alvaro Uribe. Accusé de subornation de témoins, fraude procédurale et escroquerie au jugement, l’ex-chef d’État (au pouvoir entre 2002 et 2010) risque entre six et douze ans de prison. Il pourrait devenir le premier ex-président colombien condamné au pénal.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, la politique colombienne tourne à nouveau autour de l’une de ses figures les plus puissantes et les plus influentes des dernières décennies, écrit le journal El pais. Décrit comme « le procès du siècle », le procès d’Alvaro Uribe a captivé des millions de Colombiens qui ont suivi les audiences en direct. Quelle que soit l’issue du jugement, les conséquences seront autant politiques que judiciaires : si Uribe est reconnu coupable, le leader du Centre démocratique, l’un des partis les plus opposés au gouvernement de Gustavo Petro, pourrait être le premier ancien président colombien à être condamné.

Subornation de témoins

La saga judiciaire remonte à 2012. Un sénateur de gauche, Ivan Cepeda, accuse l’ex-président conservateur Alvaro Uribe d’avoir créé, durant ses deux mandats de 2002 à 2010, sa propre milice paramilitaire. Une milice qui, main dans la main avec les forces armées colombiennes, avait commis des massacres contre des civils pour les présenter ensuite comme des guérilleros. Une milice aussi accusée de liens étroits avec les cartels de la drogue.

Face à ces accusations, Alvaro Uribe crie au complot. Mais cette stratégie se retourne finalement contre lui. En 2018, la Cour suprême colombienne estime que l’ex-président de droite a fait pression sur des témoins potentiels.

Cependant, selon plusieurs médias, aucune preuve irréfutable n’aurait été présentée jusqu’ici, malgré l’audition de près d’une centaine de témoins.

D’autres enquêtes sont en cours

À quelques jours du verdict, la tension est donc palpable. Le président actuel, Gustavo Petro, a évoqué publiquement des pressions sur la justice. Alvaro Uribe, de son côté, dénonce des menaces et traite son successeur de « lâche ».

Condamné ou non, l’intéressé n’en est pas à sa première affaire. Usage de faux, subornation de témoins, mais aussi trafic de cocaïne et enrichissement de ses fils. De nombreux scandales ont éclaboussé la carrière d’Alvaro Uribe. D’autres enquêtes sont en cours, notamment en Argentine, où il est poursuivi pour sa responsabilité supposée dans plus de 6 000 exécutions et disparitions forcées pendant son mandat présidentiel (2002–2010).