Cargo coulé au Sri Lanka en 2021: l’armateur singapourien condamné à un milliard de dollars
Le bateau avait brûlé pendant 13 jours avant de sombrer au large de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Il y a quatre ans, l’île de l’océan Indien assistait à la pire pollution maritime de son histoire. L’armateur singapourien, propriétaire du bateau, avait alors payé huit millions de dollars pour le nettoyage et pour le dédommagement des pêcheurs. Largement insuffisant pour la Cour suprême du Sri Lanka, qui a condamné ce jeudi 24 juillet l’entreprise à verser un milliard de dollars de dommages et intérêts.
En juin 2021, le MV X-Press Pearl, un navire battant sous pavillon singapourien, coulait au large du Sri Lanka. Dans sa chute, il a entraîné au fond des océans, les milliers de tonnes de granulés plastique qu’il transportait.
Le résultat du naufrage : un désastre écologique et économique. Quatre-vingts kilomètres de plages souillées par le plastique, mais aussi une marée noire, des produits chimiques dangereux déversés dans l’eau et la pêche interdite pendant des mois. À l’époque, les militants estimaient que le pays mettrait 10 à 15 ans à se remettre de cette catastrophe.
Alors les défenseurs de l’environnement avaient décidé de réagir – en attaquant en justice l’armateur singapourien Express Feeders. Les militants ont accusé le propriétaire du porte-conteneurs de ne pas avoir tout mis en œuvre pour empêcher l’incendie à l’origine du naufrage. Et ces accusations ont été confirmées par le tribunal, qui a retenu que l’équipage avait eu connaissance d’une dangereuse fuite d’acide nitrique neuf jours avant les premières flammes.

Un milliard de dollars de dommages et intérêts provisoires
La Cour suprême du Sri Lanka a donc condamné ce jeudi 24 juillet l’armateur, ordonnant le paiement d’un milliard de dollars de dommages et intérêts. Une somme provisoire, qui pourrait être réévaluée, avertit le jugement de 361 pages.
L’armateur singapourien Express Feeders était propriétaire du MV X-Press Pearl, qui transportait notamment 25 tonnes d’acide nitrique et 28 conteneurs de granulés plastique, aussi surnommés « larmes de sirènes ». Le navire a sombré au large du port de Colombo en juin 2021 après avoir brûlé pendant près de deux semaines.
Les propriétaires du navire ont déjà payé 7,85 millions de dollars (6,67 millions d’euros) pour le nettoyage et à titre de dédommagement des pêcheurs privés de leurs moyens de subsistance après ce désastre écologique. Ils ont ensuite obtenu une ordonnance d’un tribunal maritime de Londres en juillet 2023, limitant leur responsabilité à un maximum de 25 millions de dollars. Le Sri Lanka a fait appel de cette décision. Le gouvernement a également intenté une action en justice contre les propriétaires du navire devant la Cour commerciale internationale de Singapour, réclamant des dommages non précisés.

