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Impact négatif du pétrole : Dans le calvaire des femmes de Ndangane à cause de Sangomar

Largement affectées par l’exploitation pétrolière au large de Sangomar, les femmes transformatrices de produits halieutiques ont élevé la voix depuis le village de Ndangane, porte d’entrée du parc national du Delta du Saloum. Elles alertent sur la précarisation croissante de leurs conditions de vie depuis le démarrage des activités de la multinationale australienne Woodside. Exigeant le respect sans délai des clauses du contrat liant l’entreprise aux communautés locales, elles menacent désormais de hausser le ton face à ce qu’elles considèrent comme une forme d’indifférence.

À Ndangane, situé à quelque 270 kilomètres de Dakar, le vent salé balaie encore les rives de la mangrove. Mais les paniers des femmes, eux, sont dramatiquement vides. Ce village, niché au cœur du Delta du Saloum, voit ses ressources se raréfier et ses activités traditionnelles décliner. Les femmes transformatrices de produits halieutiques y lancent un cri d’alarme. Un an après le début de l’exploitation pétrolière à Sangomar, elles témoignent d’un changement brutal dans leur quotidien.Se faisant leur porte-parole, Mama Ndiémé Ndong, animatrice de l’Union locale des femmes du Delta du Saloum, dresse un tableau sombre : « Avant, avec les arches, on pouvait remplir 5 à 10 bassines par jour. Une bassine transformée donnait facilement 1,5 à 2 kg. On vendait les 2 kg à 2 500 francs. Ça nous faisait environ 150 000 francs par mois », déplore cette originaire de Mar Lodj. « Aujourd’hui, même en allant jusqu’en haute mer, on revient parfois avec moins de 500 grammes. »Des revenus divisés par dix, une économie en chute libreLe constat est sans appel : de revenus mensuels qui frôlaient les 150 000 francs CFA, certaines femmes sont tombées à moins de 20 000 francs CFA. Une baisse de plus de 90 %, qui fragilise lourdement la survie économique de nombreuses familles de la zone. D’après les témoignages recueillis par L’As, la cause de cette dégringolade est clairement identifiée : l’exploitation pétrolière offshore menée par Woodside, à une cinquantaine de kilomètres des côtes, bouleverserait profondément l’écosystème marin.Selon Mama Ndiémé Ndong, en un an d’activités, la multinationale n’a toujours pas rendu publique son étude d’impact environnemental, ni détaillé son plan de gestion environnementale. Pire encore, les consultations communautaires, censées précéder tout projet extractif, n’auraient jamais été menées de manière inclusive. « Nous ne savons rien. On ne nous a jamais demandé notre avis. On subit. Et on nous demande de patienter, sans explication », regrette Mme Ndong, citée par L’As.