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République Tchèque: la propagande communiste criminalisée et passible de prison

Le président tchèque, Petr Pavel, a promulgué jeudi 17 juillet un texte interdisant explicitement la promotion du communisme, au même titre que celle du nazisme, dans l’espace public. Dans un ancien pays communiste, qui a encore un parti communiste, l’application de cette nouvelle législation s’annonce compliquée.

Ce pourrait être un changement anecdotique, ce nouvel amendement au code pénal tchèque. Mais les conséquences potentielles au niveau judiciaire sont grandes et, symboliquement, le texte promulgué par le président Petr Pavel est radical. Il place la propagande communiste au même niveau que la propagande nazie sur le plan judiciaire. Elle est désormais, elle aussi, passible de poursuites et d’emprisonnement.

Le texte, initié par des historiens notamment, prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour toute personne qui « crée, soutient ou promeut des mouvements nazis, communistes ou autres qui visent manifestement à supprimer les droits de l’homme et les libertés ou à inciter à la haine raciale, ethnique, nationale, religieuse ou fondée sur la classe sociale ».

Difficile de dire dans quelle mesure cette réforme législative va encombrer ou non les tribunaux, dans un pays où le parti communiste arbore encore une étoile sur son blason et où la jeunesse communiste brandit la faucille et le marteau. Ces deux symboles sont dorénavant potentiellement passibles de poursuites en République tchèque, où le parti communiste a gouverné sous la férule de Moscou entre 1948 et 1989, avec son lot de victimes et d’injustices.

Alliés à d’autres formations, dont les sociaux-démocrates, pour les prochaines élections législatives d’octobre, les communistes tchèques n’entendent pas s’avouer vaincus et dénoncent une manœuvre pour les mettre hors-jeu.

RFI