{"id":79938,"date":"2023-03-23T09:11:14","date_gmt":"2023-03-23T09:11:14","guid":{"rendered":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=79938"},"modified":"2023-03-23T09:11:34","modified_gmt":"2023-03-23T09:11:34","slug":"lafrique-na-plus-besoin-daides-mais-de-partenariats-positifs-macky-sall","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=79938","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0L\u2019Afrique n\u2019a plus besoin d\u2019aides mais de partenariats positifs\u00a0\u00a0\u00bb (Macky Sall)"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans un entretien exclusif accord\u00e9e accord\u00e9e \u00e0  African. Business de Londres, Macky Sall consid\u00e8re que l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re suscitera tout un \u00e9cosyst\u00e8me porteur d\u2019industries nouvelles et d\u2019emploi, mais qu\u2019elle ne constituera pas, \u00e0 court terme, une manne pour l\u2019\u00c9tat. L\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019Union africaine juge que l\u2019Afrique doit avoir mieux conscience d\u2019elle-m\u00eame et de ses possibilit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous sommes dans un contexte mondial tr\u00e8s compliqu\u00e9, avec la crise Covid et les cons\u00e9quences de la guerre en Ukraine. Si le S\u00e9n\u00e9gal semble bien s\u2019en sortir, quels sont ses d\u00e9fis, aujourd\u2019hui&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Vous le rappelez, la conjoncture mondiale est tr\u00e8s d\u00e9favorable. La crise sanitaire a entra\u00een\u00e9 partout une baisse de l\u2019activit\u00e9, donc de la production et des recettes. Nous rencontrons, en Afrique, une certaine difficult\u00e9 \u00e0 relancer les \u00e9conomies, faute de capacit\u00e9s, car les m\u00e9canismes que nous avons pr\u00e9conis\u00e9s n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivis d\u2019effets. Ces m\u00e9canismes int\u00e9graient par exemple une r\u00e9allocation des DTS (Droits de tirage sp\u00e9ciaux) pour permettre \u00e0 nos \u00e9conomies d\u2019\u00eatre renflou\u00e9es et aux secteurs d\u2019\u00eatre relanc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Survient depuis un an le rench\u00e9rissement des co\u00fbts du p\u00e9trole et des prix des denr\u00e9es alimentaires. Tout cela nourrit l\u2019inflation dans tous les pays et les \u00c9tats ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de subventionner. Ce qui a entra\u00een\u00e9 un manque \u00e0 gagner et augment\u00e9 les d\u00e9ficits.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette conjoncture d\u00e9favorable, le S\u00e9n\u00e9gal a pu tr\u00e8s rapidement \u00eatre au rendez-vous de la relance, de 1,5% en 2020, la croissance s\u2019est approch\u00e9e de 6% en 2022 et nous projetons 10% en 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9 dans les investissements p\u00e9troliers et gaziers et l\u2019ouverture de l\u2019exploitation devrait intervenir au quatri\u00e8me trimestre de l\u2019ann\u00e9e, probablement en novembre-d\u00e9cembre. Cela vient s\u2019ajouter \u00e0 nos efforts dans le secteur marchand et l\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En effet, la Banque mondiale pr\u00e9voit que le S\u00e9n\u00e9gal sera l\u2019\u00e9conomie la plus performante d\u2019Afrique, en 2023 et en 2024. Cela signifie-t-il, pour votre gouvernement, davantage d\u2019infrastructures et d\u2019investissements&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, cela veut dire simplement que l\u2019\u00e9conomie sera robuste&nbsp;! Elle va g\u00e9n\u00e9rer davantage de revenus, et naturellement plus d\u2019investissements. Nous devons \u00e9viter de tomber dans la paresse et dans l\u2019id\u00e9e que les ressources p\u00e9troli\u00e8res vont nous donner une perspective autre que celle de bien travailler comme nous l&rsquo;avons toujours fait&nbsp;! Ces ressources nouvelles vont venir renforcer les secteurs productifs et les secteurs sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Par secteurs productifs, j\u2019entends notamment l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9levage, qu\u2019il nous faut moderniser et intensifier&nbsp;; je citerai \u00e9galement la p\u00eache, nous devons renforcer l\u2019aquaculture et la sylviculture. Bien s\u00fbr, nous devons \u00e9galement travailler au renforcement des filets sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant les quatre ou cinq premi\u00e8res ann\u00e9es, les ressources p\u00e9troli\u00e8res ne seront pas aussi significatives que vous le sugg\u00e9rez&nbsp;: c\u2019est la p\u00e9riode o\u00f9 la part qui revient aux \u00c9tats n\u2019est pas tr\u00e8s importante car elle correspond \u00e0 celle o\u00f9 l\u2019on rembourse le plus gros des moyens engag\u00e9s, les co\u00fbts ant\u00e9rieurs. Au fur et \u00e0 mesure du temps, la part qui revient \u00e0 l\u2019\u00c9tat est plus importante, car nous avons \u00e0 rembourser les investissements nous-m\u00eames, selon les termes des associations nou\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, cette production p\u00e9troli\u00e8re g\u00e9n\u00e9rera des revenus, mais le plus important pour nous r\u00e9side dans l\u2019environnement qu\u2019elle apportera au pays. Nous attendons davantage d\u2019activit\u00e9s dans l&rsquo;industrie parap\u00e9troli\u00e8re, dans les services et dans tous les m\u00e9tiers juridiques, ceux de la fiscalit\u00e9, l\u2019expertise, la comptabilit\u00e9, etc. Cet environnement \u00e9conomique, et je n\u2019oublie pas la logistique, permettra au pays de gagner non seulement gr\u00e2ce au p\u00e9trole et au gaz, mais avec tout l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me qui l\u2019entoure. Nous avons d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9 par la loi le cadre par lequel ces ressources seront g\u00e9r\u00e9es pour \u00e9viter certains errements du pass\u00e9. Tout est anticip\u00e9, calibr\u00e9, vot\u00e9\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez mentionn\u00e9 le cas des DTS et la difficult\u00e9 \u00e0 relancer les \u00e9conomies actuellement&nbsp;; demandez-vous davantage d\u2019aides des pays du G20 et des organismes internationaux pour les pays africains&nbsp;? <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne dirais pas plus d\u2019aides mais plus de partenariats positifs&nbsp;! C\u2019est ce que nous disons \u00e0 nos partenaires du Nord&nbsp;: dans la crise Covid, ils ont pu d\u00e9velopper des m\u00e9canismes permettant d\u2019amortir le choc, ce qui est tout \u00e0 fait louable. Ce sont des sch\u00e9mas de r\u00e9silience qui sont financ\u00e9s \u00e0 coups de centaines de milliards de dollars ou d\u2019euros\u2026 Or, les \u00e9conomies du Sud ne peuvent pas le faire, car nos Banques centrales n\u2019ont pas les m\u00eames possibilit\u00e9s. Donc, faute de ces facilit\u00e9s pour faire face \u00e0 la m\u00eame crise, et parce que les DTS ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s, le FMI a d\u00e9cid\u00e9 de permettre l\u2019utilisation de 650 milliards de DTS qui appartenaient \u00e0 tout le monde mais sur lesquels l\u2019Afrique subsaharienne ne comptait que pour 23 milliards. Un peu d\u2019oxyg\u00e8ne, certes, mais qui a fondu comme beurre au soleil&nbsp;! Le S\u00e9n\u00e9gal a pu obtenir quelque 450 millions de dollars&nbsp;: ce n\u2019est pas grand-chose, mais c\u2019est d\u00e9j\u00e0 quelque chose\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9voque aujourd\u2019hui l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un nouveau tirage qui permettrait d\u2019allouer 100 milliards de DTS \u00e0 l\u2019ensemble des pays en d\u00e9veloppement, pas seulement en Afrique. Il permettait, \u00e0 la faveur d\u2019un effet de levier, de lever 400 milliards&nbsp;$ \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat peu \u00e9lev\u00e9s, de l\u2019ordre de 0,5%. Cela donnerait aux pays la tr\u00e9sorerie permettant de respirer et de mieux relancer la machine. Plusieurs grands pays s\u2019y \u00e9taient engag\u00e9s, notamment les Europ\u00e9ens et la Chine, mais cela bloque aujourd\u2019hui du c\u00f4t\u00e9 du Congr\u00e8s am\u00e9ricain\u2026 Le FMI ne peut mettre que partiellement le m\u00e9canisme pr\u00e9vu, lequel, \u00e0 ma connaissance, ne concerne aujourd\u2019hui qu\u2019un seul pays africain. Tout cela est encore trop lent, mais nous plaidons toujours pour que le monde permette aux pays en d\u00e9veloppement de mieux respirer, ce serait bon pour toute l\u2019humanit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 notre \u00e9tat d\u2019esprit aujourd\u2019hui, en Afrique&nbsp;: celui de b\u00e2tir des partenariats gagnants-gagnants en fonction des int\u00e9r\u00eats r\u00e9ciproques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concernant le d\u00e9ficit budg\u00e9taire et la dette&nbsp;; le S\u00e9n\u00e9gal est-il \u00e0 l\u2019aise avec ses objectifs&nbsp;? <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous suivons les crit\u00e8res de convergence de l\u2019UEMOA&nbsp;: la dette doit \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 70% du PIB, ce qui para\u00eet tr\u00e8s faible, quand on voit que les grands pays ont pass\u00e9 la barre de 100% d\u2019endettement&nbsp;! Mon souhait au sein de l\u2019Union est de relever ce plafond de l\u2019endettement, pourquoi pas \u00e0 90% du PIB. Ce qui donnerait davantage d\u2019espace budg\u00e9taire&nbsp;; notre niveau de d\u00e9veloppement fait que l\u2019\u00c9tat fait tout, donne tout, l\u2019eau, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, etc. On ne peut pas \u00eatre dans un tel sch\u00e9ma et plafonner ainsi l\u2019endettement des \u00c9tats.<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re budg\u00e9taire, le cadre pr\u00e9voit un d\u00e9ficit de 3%, ce qui donne, l\u00e0 aussi, tr\u00e8s peu de marge de man\u0153uvre pour financer les innovations sociales, les \u00e9coles, les universit\u00e9s, les routes, sans oublier la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9, dont nous savons le co\u00fbt. Ce cadrage tr\u00e8s serr\u00e9 est trop demander \u00e0 nos pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la crise Covid, nous discutons de l\u2019ensemble de ces crit\u00e8res&nbsp;: l\u2019Afrique doit-elle respecter les crit\u00e8res de Maastricht d\u00e9cid\u00e9s par l\u2019Union europ\u00e9enne au moment de cr\u00e9er l\u2019euro&nbsp;? Ce qui \u00e9tait le d\u00e9ficit allemand, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, doit-il devenir une norme mondiale&nbsp;? Il n\u2019est pas normal que les pays africains soient dans ce m\u00eame horizon&nbsp;; c\u2019est pourtant aujourd\u2019hui la pens\u00e9e dominante, mais il nous faut r\u00e9fl\u00e9chir ensemble sur la r\u00e9alit\u00e9 des pays et adapter les efforts par rapport aux contextes r\u00e9els. M\u00eame si nous devons ma\u00eetriser les d\u00e9ficits, je ne suis pas contre un certain assouplissement, notamment en mati\u00e8re d\u2019endettement.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela nous conduit \u00e0 la question du financement du d\u00e9veloppement&nbsp;; quelles ressources, quels m\u00e9canismes. L\u00e0 aussi, j\u2019ai engag\u00e9 beaucoup de discussion avec l\u2019OCDE sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former les r\u00e8gles pour permettre un plus grand \u00e9change entre le Nord et le Sud, un plus grand commerce entre nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous devons arriver \u00e0 obtenir des maturit\u00e9s plus longues sur les cr\u00e9dits exports avec des garanties moins ch\u00e8res&nbsp;; ce qui soul\u00e8ve la question de la notation, parce que de la notation d\u00e9pend la perception du risque et donc la valeur des assurances exig\u00e9es. Tout est li\u00e9&nbsp;! C\u2019est un dialogue que nous devons avoir, en toutes responsabilit\u00e9s, et toujours dans un esprit gagnant-gagnant&nbsp;; nous avons d\u2019ailleurs tous \u00e0 gagner dans cette r\u00e9forme de l\u2019OCDE pour que nos pays puissent avoir acc\u00e8s \u00e0 des maturit\u00e9s plus longues, 18 ou 20 ans, et aussi moins d\u2019assurances \u00e0 payer pour nous.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourtant, la situation d\u2019endettement de certains autres pays africains ne vous inqui\u00e8te-t-elle pas&nbsp;? Le Ghana, la Zambie, la Tunisie, sont en difficult\u00e9\u2026<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai, certaines situations d\u2019endettement sont \u00e9lev\u00e9es par rapport aux crit\u00e8res dont nous venons de parler. Et quelques pays ont des difficult\u00e9s de remboursement&nbsp;; nous allons les accompagner. C\u2019est la mission du FMI de se saisir de ce genre de crise, qui peut arriver \u00e0 tous les pays&nbsp;; il faut les accompagner, les aider \u00e0 proc\u00e9der aux r\u00e9formes n\u00e9cessaires, mais je ne vois pas comment un pays peut se d\u00e9velopper sans s\u2019endetter. Bien s\u00fbr, il faut ma\u00eetriser l\u2019endettement qui doit \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 bon escient dans l\u2019investissement et non dans le fonctionnement. Et encore faut-il que l\u2019investissement soit optimis\u00e9. Je crois que globalement, la dette africaine peut \u00eatre qualifi\u00e9e de convenable, elle n\u2019est pas excessive.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous dites que le service public joue un r\u00f4le surdimensionn\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal\u2026<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Partout en Afrique, ce n\u2019est pas propre au S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;! Cela est d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9tat de notre d\u00e9veloppement, nous n\u2019avons pas encore atteint un niveau o\u00f9 le secteur priv\u00e9 peut prendre le relais. Il est arriv\u00e9 \u00e0 certains pays europ\u00e9ens de rester un an sans gouvernement, en Afrique, ce n\u2019est pas imaginable&nbsp;! Les salaires, pour l\u2019essentiel, sont pay\u00e9s par l\u2019\u00c9tat, les chantiers, les march\u00e9s, sont aussi ceux de l\u2019\u00c9tat. Quand nous aurons construit l\u2019infrastructure de base (routes, chemin de fer, les ports), le secteur priv\u00e9 pourra d\u00e9velopper le tout et prosp\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous encouragez le d\u00e9veloppement du secteur priv\u00e9 &nbsp;? <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Absolument, nous ne pouvons pas aller de l\u2019avant sans un secteur priv\u00e9 dynamique, c\u2019est lui qui cr\u00e9e la richesse, la plus-value, et les emplois. Les emplois de l\u2019\u00c9tat sont marginaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand vous comparez le S\u00e9n\u00e9gal de 2012 au S\u00e9n\u00e9gal d\u2019aujourd\u2019hui, quel regard portez-vous sur son d\u00e9veloppement&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En toute objectivit\u00e9, il n\u2019y a pas photo, quel que soit le param\u00e8tre que l\u2019on met en avant. En mati\u00e8re de capacit\u00e9 \u00e9conomique&nbsp;: l\u2019\u00e9conomie a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par trois, les budgets ont \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par trois, de 2&nbsp;400 milliards de F.CFA \u00e0 6&nbsp;500 milliards, en dix ans&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re d\u2019infrastructure, la comparaison est sans commune mesure&nbsp;: voyez ce que nous avons construit en autoroutes, en routes, en universit\u00e9 ; dans l\u2019agriculture, la production a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par deux, parfois par trois dans certaines sp\u00e9culations. L\u2019\u00e9conomie est beaucoup plus puissante, nous avons accompli des progr\u00e8s dans tous les secteurs, l\u2019eau, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne veut pas dire que nous avons tout r\u00e9alis\u00e9, nous avons encore du travail de d\u00e9veloppement devant nous.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En tant que pr\u00e9sident de l\u2019Union africaine, vous avez abord\u00e9 plusieurs dossiers, dont celui de la crise alimentaire, celui des engrais et intrants agricoles. Avez-vous constat\u00e9 des avanc\u00e9s, depuis le d\u00e9clenchement de la guerre en Ukraine&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons obtenu quelques \u00e9volutions favorables, apr\u00e8s les grandes inqui\u00e9tudes exprim\u00e9es au d\u00e9clenchement du conflit en Ukraine. Je me suis rendu \u00e0 Sotchi en juin 2022 pour rendre compte de ces inqui\u00e9tudes. Les accords avec les Nations unies, la Turquie, la Russie et l\u2019Ukraine ont permis l\u2019exportation des graines \u00e0 partir de la mer Noire et le march\u00e9 international s\u2019organise. Depuis d\u00e9cembre, nous d\u00e9veloppons une strat\u00e9gie commune afin d\u2019importer en provenance des \u00c9tats-Unis, un pays qui dispose de sept ann\u00e9es de r\u00e9serves. Ils peuvent donc alimenter le march\u00e9 pour \u00e9viter la sp\u00e9culation. Progressivement, les obstacles qui entravaient le commerce maritime se sont lev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, nous aurons moins de probl\u00e8mes \u00e0 ce niveau et d\u00e9j\u00e0, les prix ont fl\u00e9chi par rapport \u00e0 2022&nbsp;; nous pouvons aller de l\u2019avant. Nous travaillons avec l\u2019Union europ\u00e9enne, la France, l\u2019Allemagne, pour faciliter les \u00e9changes. Ce sont autant d\u2019efforts pour trouver des alternatives, \u00e0 court terme, sur les march\u00e9s des c\u00e9r\u00e9ales et des engrais.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 moyen terme, il s\u2019agit de d\u00e9velopper une agriculture africaine capable d\u2019assurer l\u2019alimentation. Je vous citerai par exemple ce que nous avons d\u00e9cid\u00e9 en d\u00e9cembre aux \u00c9tats-Unis ainsi qu\u2019en janvier lors du sommet sur la r\u00e9silience (nourrir l&rsquo;Afrique)&nbsp;; la BAD a pu mobiliser plus de 36 milliards $ d\u2019investissements dans les programmes agricoles, pour les cinq prochaines ann\u00e9es&nbsp;; c\u2019est quelque chose de tr\u00e8s fondamental et de tr\u00e8s nouveau pour donner \u00e0 l\u2019Afrique la capacit\u00e9 d\u2019assurer son autosuffisance alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates donc confiant dans les capacit\u00e9s du secteur agricole, au S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, il est d\u00e9j\u00e0 en mutation&nbsp;: la m\u00e9canisation s\u2019accroit. Notre objectif de souverainet\u00e9 alimentaire fait que nous r\u00e9injectons des ressources dans notre programme en faveur de l\u2019agriculture de 1&nbsp;600 milliards de F.CFA en trois ans. Nous n\u2019avions jamais autant investi dans l\u2019agriculture&nbsp;! Cela se traduit par davantage de surfaces emblav\u00e9es, de m\u00e9canisation, de ma\u00eetrise des semences, d&rsquo;engrais, bref, davantage de productivit\u00e9 et de production. Sans compter nos efforts en mati\u00e8re de remont\u00e9e de fili\u00e8re&nbsp;: transformation, commercialisation. Cette logique est un peu la m\u00eame partout en Afrique&nbsp;: chacun prend conscience, en fonction du contexte agro\u00e9cologique, qu\u2019on ne peut pas aller de l\u2019avant sans l\u2019agriculture et la transformation agricole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal a un voisinage assez \u00ab&nbsp;turbulent&nbsp;\u00bb&nbsp;; comment voyez-vous les pays du Sahel. Comment affrontez-vous cette situation&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019Africains, nous privil\u00e9gions la sagesse dans nos actions. Et la sagesse veut que le voisinage soit trait\u00e9 avec beaucoup d\u2019\u00e9gard. En tant que pr\u00e9sident de l\u2019Union africaine, je me suis rendu au Mali, au Tchad, deux pays en phase de transition, j\u2019aurais aim\u00e9 me rendre en Guin\u00e9e et au Burkina Faso. Nous essayons d&rsquo;accompagner ces transitions, dans la limite du possible, en conformit\u00e9 avec les instances r\u00e9gionales et sous-r\u00e9gionales. Ces pays africains y sont ancr\u00e9s, et ils ont besoin de notre soutien et de notre compr\u00e9hension. Tout d\u00e9pendra des efforts qu\u2019ils feront, mais je suis pour l\u2019accompagnement de ces transitions, pour qu\u2019elles arrivent \u00e0 bon terme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous ne craignez pas la contagion du djihadisme&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le terrorisme n\u2019\u00e9pargne aucun pays&nbsp;; certes, nous avons subi tr\u00e8s peu d\u2019actions au S\u00e9n\u00e9gal mais il ne faut pas dormir sur ses lauriers&nbsp;; l\u2019essentiel est d\u2019\u00eatre r\u00e9silient et de faire face quand survient une attaque. La contagion, on ne peut pas l\u2019\u00e9viter, dans la mesure o\u00f9 le djihadisme op\u00e8re dans une continuit\u00e9 culturelle, religieuse, sociale. Nous avons des accords de libre circulation des personnes et des biens&nbsp;; par exemple, dans l\u2019espace CEDEAO&nbsp;, les fronti\u00e8res sont ouvertes. Dans un tel contexte, nous ne sommes pas \u00e0 l\u2019abri mais nous travaillons tous les jours pour ma\u00eetriser notre environnement et notre territoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sentez-vous un mouvement panafricain, une confiance dans les sommets internationaux, ou le continent vous para\u00eet-il encore divis\u00e9&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Afrique a une grande conscience d&rsquo;elle-m\u00eame, de ce qu\u2019elle repr\u00e9sente et de ce qu\u2019elle veut \u00eatre. Tout cela est clair dans la t\u00eate des dirigeants et dans celle des Africains, quel que soit le niveau de repr\u00e9sentation. Nous avons la volont\u00e9 de parler d\u2019une seule voix, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas avant ma pr\u00e9sidence et c\u2019est le cas apr\u00e8s. Il est tr\u00e8s important que le pr\u00e9sident de l\u2019Union africaine repr\u00e9sente l\u2019Afrique dans les grandes r\u00e9unions internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous prenons aussi conscience que nous devons travailler davantage ensemble sur les questions africaines, sur les conflits, dans l\u2019\u00e9laboration des solutions, etc. Bien s\u00fbr, l\u2019Afrique est vaste, 30 millions de km<sup>2<\/sup>, plus que la Chine, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Europe r\u00e9unis&nbsp;! Le continent est diversifi\u00e9, de l\u2019Afrique arabe \u00e0 l\u2019Afrique australe\u2026 beaucoup de diversit\u00e9 culturelle, ethnique, religieuse, et de syst\u00e8mes politiques aussi. S\u2019y ajoutent les h\u00e9ritages coloniaux. Il faut mettre en coh\u00e9rence tout cet ensemble. Donc, les Africains doivent se glorifier des efforts entrepris pour conserver cette organisation commune que l\u2019on appelle l\u2019Union africaine&nbsp;! Laquelle essaye, malgr\u00e9 les crises et les tensions, de porter la voix de l\u2019Afrique sur les questions essentielles.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi nous ne devons pas n\u00e9gliger ce que nous sommes en train de faire, nous devons refuser le regard qui pr\u00e9tend que l\u2019Afrique ne fait rien, que l\u2019Afrique n\u2019avance pas, qu\u2019il y a trop de probl\u00e8mes en Afrique, etc. Cette vision ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Si vous agr\u00e9gez les efforts qui se font, dans chaque pays africain, vous constatez que le travail est \u00e9norme, aujourd\u2019hui, sur le continent. Y compris en mati\u00e8re d\u2019infrastructure, d\u2019universit\u00e9, d\u2019investissement\u2026 Tout cela est \u00e9norme, mais il est difficile, encore une fois, de s\u2019en apercevoir dans un espace de 30 millions de km<sup>2<\/sup>&nbsp;! Les Africains doivent avoir confiance en eux-m\u00eames, en leurs <em>leaders<\/em>&nbsp;et en leurs actions ; c\u2019est \u00e0 eux de construire leur continent&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les pays occidentaux, la Chine, la Russie exercent des pressions sur les pays africains, pour qu\u2019ils prennent parti dans leurs propres divisions. Comment les dirigeants africains doivent-ils r\u00e9agir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde est une comp\u00e9tition permanente\u2026 il est donc normal que chacun essaye d\u2019avoir plus d\u2019influence. Aux Africains de faire des choix. Au S\u00e9n\u00e9gal, nous nouons des partenariats avec tout le monde. Nous avons des amiti\u00e9s traditionnelles avec le bloc occidental, j\u2019ai toujours assum\u00e9 cela. Nous entretenons, depuis l\u2019Ind\u00e9pendance, une diplomatie autour de valeurs partag\u00e9es&nbsp;; mais nous avons aussi ouvert notre horizon. C\u2019est pourquoi nous sommes ouverts \u00e0 la Chine et au reste de l\u2019Asie, \u00e0 la Russie, \u00e0 la Turquie\u2026 sans renier nos anciennes amiti\u00e9s avec le bloc occidental. Bien s\u00fbr, nous essayons dans ce monde difficile de tirer notre \u00e9pingle du jeu dans les partenariats. Nous n\u2019entrons pas dans une logique manich\u00e9enne de blocs contre blocs. Dans ce kal\u00e9idoscope mondial, l\u2019Afrique doit jouer son r\u00f4le&nbsp;; le continent a un poids, des ressources et doit compter dans le concert des nations. C\u2019est cette contribution que nous souhaitons apporter, sans \u00eatre \u00e0 la remorque de tel ou tel groupe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Concernant le G20, avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 obtenir une place \u00e0 la table pour l\u2019Union africaine&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous y sommes presque. Et je tiens \u00e0 remercier les pays du G20 qui ont accept\u00e9 et soutenu notre initiative. Nous, Africains, repr\u00e9sentons 1,4 milliard d\u2019habitants, nous sommes 54 pays totalisant un PIB de 2700 milliards de dollars, soit \u00e0 peu pr\u00e8s la septi\u00e8me \u00e9conomie mondiale. Nous avons donc notre place. Plusieurs pays et organisations nous ont tout de suite soutenus dans cette argumentation, comme le Conseil europ\u00e9en, la France, l\u2019Allemagne. J\u2019ai saisi par \u00e9crit tous les membres du G20 et ai obtenu l\u2019accord de la Chine, de la Russie, de l\u2019Arabie saoudite, puis les \u00c9tats-Unis et le Japon, et enfin la Turquie et le Royaume-Uni ainsi que l\u2019Italie. Tous ces pays s\u2019ajoutent \u00e0 l\u2019Afrique du Sud. Nous aurons sans doute le soutien des autres pays, pour qu\u2019\u00e0 la prochaine r\u00e9union du G20 en Inde, l\u2019Union africaine puisse devenir membre permanent de cette instance. Cela lui permettra d\u2019apporter sa vision et sa contribution \u00e0 la marche de la gouvernance mondiale. Ce sera quelque chose de tr\u00e8s positif et je tiens \u00e0 remercier les pays qui nous ont soutenus, pour leur esprit d\u2019ouverture.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous continuons parall\u00e8lement \u00e0 plaider pour que le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies puisse conna\u00eetre la m\u00eame \u00e9volution. Mon successeur \u00e0 l\u2019Union africaine, le pr\u00e9sident des Comores, Azali Assoumani, poursuit ce travail, avec le soutien de tous les chefs d\u2019\u00c9tat africains.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Emmanuel Macron, soutient, dites-vous, le <\/strong><strong><em>lobbying<\/em><\/strong><strong>&nbsp;de l\u2019Afrique au niveau international. Pourtant, la jeunesse africaine francophone semble se m\u00e9fier de plus en plus de la France. Se trompe-t-elle&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Disons les choses telles qu\u2019elles se passent&nbsp;: dans les combats africains, le pr\u00e9sident Macron a toujours \u00e9t\u00e9 de notre c\u00f4t\u00e9 et souvent a \u00e9t\u00e9 parmi les premiers dirigeants \u00e0 porter la parole de l\u2019Afrique. Que la rue africaine, la jeunesse, ait une perception diff\u00e9rente, cela est autre chose. La r\u00e9alit\u00e9 est bien que telle que je vous l\u2019ai d\u00e9crite par le processus d\u2019entr\u00e9e au G20. Et sur d\u2019autres sujets \u00e9galement, comme celui des vaccins, la r\u00e9forme du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU, nous travaillons de mani\u00e8re \u00e9troite et responsable avec la France du pr\u00e9sident Macron, sans \u00eatre inf\u00e9od\u00e9 \u00e0 celui-ci. Si nous ne sommes pas d\u2019accord, nous l\u2019exprimons tr\u00e8s clairement. Le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais soutient les progr\u00e8s de l\u2019Afrique, c\u2019est ce que je vis quotidiennement dans mes rapports avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tony Blair, l\u2019ancien Premier ministre britannique a un dicton&nbsp;: \u00ab&nbsp;<\/strong><strong><em>On est le plus appr\u00e9ci\u00e9 et le moins capable quand on arrive au pouvoir et le moins appr\u00e9ci\u00e9 et le plus capable quand on quitte le pouvoir&nbsp;<\/em><\/strong><strong>\u00bb. Que pensez-vous de cette formule&nbsp;?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il a raison&nbsp;! Quand on est au pouvoir, on n\u2019est pas appr\u00e9ci\u00e9, on est le plus mauvais, le plus m\u00e9chant\u2026 Quand on quitte le pouvoir, cela devient&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Qu\u2019est-ce qu\u2019il \u00e9tait bon dirigeant, on le regrette d\u00e9j\u00e0&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb C\u2019est la vie et il faut accepter les choses telles qu\u2019elles sont\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Monsieur le Pr\u00e9sident, la veille de cet entretien, vous avez re\u00e7u les footballeurs victorieux de l\u2019\u00e9quipe junior du S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;; l\u2019\u00e9quipe senior a enregistr\u00e9 de bons r\u00e9sultats aussi, ces derniers mois. En tirez-vous des le\u00e7ons particuli\u00e8res ? <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes dans une tendance tr\u00e8s positive qui vient r\u00e9compenser les efforts fournis dans l\u2019organisation du sport, dans les investissements consentis dans ce secteur, ainsi dans le management de la f\u00e9d\u00e9ration et les relations de celle-ci avec le gouvernement. C\u2019est une relation de confiance et de complicit\u00e9. Des moyens ont \u00e9t\u00e9 inject\u00e9s dans le sport, les \u00e9quipes sont arriv\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 et les r\u00e9sultats sont \u00e0 la hauteur de nos attentes. Le S\u00e9n\u00e9gal est enfin redevenu Champion d\u2019Afrique en football et d\u2019autres cat\u00e9gories ont aussi \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9es. Cinq coupes d\u2019Afrique en 2022-2023&nbsp;! Nous n\u2019avons pas toujours \u00e9t\u00e9 autant prim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous faut continuer les efforts, en direction de toute l\u2019organisation du football , des cadets aux \u00e9coles de football \u00e0 qui il faut donner un \u00e9cosyst\u00e8me favorable. C\u2019est ce qui permet de produire des footballeurs de talents. Nous avons aussi des infrastructures sportives, des stades, en construction dans les r\u00e9gions du pays. Bien s\u00fbr, cela concerne aussi d\u2019autres sports, comme le basket.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour conclure, revenons sur les grands d\u00e9fis du S\u00e9n\u00e9gal ces prochaines ann\u00e9es. Quels sont-ils, la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s, la formation des jeunes, les investissements<\/strong>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9voquerai d\u2019abord la d\u00e9mographie, que nous devons ma\u00eetriser. Puis il faut donner une perspective \u00e0 la jeunesse, en mati\u00e8re d\u2019employabilit\u00e9, ce qui suppose d\u2019appuyer la formation. Cela suppose de changer les paradigmes du syst\u00e8me \u00e9ducatif. Compte tenu des arriv\u00e9es massives, chaque ann\u00e9e, le syst\u00e8me actuel ne peut pas fonctionner et il ne peut pas donner des possibilit\u00e9s d\u2019emploi aux jeunes. Il faut d\u00e9velopper davantage la formation professionnelle, et nous orienter encore plus vers les m\u00e9tiers du futur, ceux du num\u00e9rique, du code, de la science, les m\u00e9tiers techniques, technologiques, l\u2019innovation. Ces m\u00e9tiers de la nouvelle \u00e9conomie permettront d\u2019absorber \u00e9norm\u00e9ment d\u2019emplois.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, pour absorber ces flux, il faut d\u00e9velopper les infrastructures, les routes, les \u00e9coles, nous devons poursuivre les efforts de construction. Ce qui demande \u00e9norm\u00e9ment de moyens. Puis nous devons faire face au d\u00e9fi s\u00e9curitaire&nbsp;; l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 est une des plus grandes menaces sur nos \u00c9tats, notamment la menace terroriste. Je n\u2019oublie pas les menaces int\u00e9rieures, mais celles-l\u00e0 sont plus faciles \u00e0 affronter.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous devons donc ma\u00eetriser la d\u00e9mographie en donnant des perspectives de formation, d\u2019insertion, d\u2019entreprenariat, il faut apprendre aux jeunes \u00e0 entreprendre. Et d\u00e9velopper ce concept d\u2019entreprenariat afin que chacun soit form\u00e9 pour d\u00e9velopper son activit\u00e9 et que nous puissions les aider dans le financement, les accompagner, plut\u00f4t que de faire croire que l\u2019\u00c9tat peut donner du travail \u00e0 tout le monde. L\u2019\u00c9tat prendra sa part mais celle-ci est faible par rapport aux besoins du march\u00e9 du travail et il faut d\u2019autres perspectives. Elles viendront du secteur priv\u00e9, qu\u2019il faut d\u00e9velopper&nbsp;; c\u2019est pourquoi nous voulons une \u00e9conomie ouverte, une agriculture plus large mais modernis\u00e9e, idem pour l&rsquo;\u00e9levage, tout cela cr\u00e9era des emplois.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et pour vous, donc, la tendance est positive&nbsp;? <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Absolument, tr\u00e8s positive&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>@NA<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un entretien exclusif accord\u00e9e accord\u00e9e \u00e0 African. Business de Londres, Macky Sall consid\u00e8re que l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re suscitera<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":34316,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[5,2,1],"tags":[],"class_list":["post-79938","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-politique","category-sport-sport"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/79938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=79938"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/79938\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/34316"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=79938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=79938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=79938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}