{"id":20361,"date":"2019-03-10T07:21:45","date_gmt":"2019-03-10T07:21:45","guid":{"rendered":"http:\/\/toutinfo.net\/?p=20361"},"modified":"2019-03-10T07:21:45","modified_gmt":"2019-03-10T07:21:45","slug":"disparition-de-bernard-dadie-pere-des-lettres-ivoiriennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=20361","title":{"rendered":"Disparition de Bernard Dadi\u00e9, p\u00e8re des lettres ivoiriennes"},"content":{"rendered":"<h2 data-ad-loaded=\"true\">L&rsquo;immense Bernard Dadi\u00e9 vient de d\u00e9c\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e2ge v\u00e9n\u00e9rable de 103 ans, a annonc\u00e9 ce samedi le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman. Personnage de nombreux talents, l&rsquo;Ivoirien fut po\u00e8te, romancier, homme de th\u00e9\u00e2tre, mais aussi homme politique et ministre de la Culture sous Houphou\u00ebt-Boigny. Proche du Front populaire ivoirien, il avait pris fait et cause pour Laurent Gbagbo alors que celui-ci \u00e9tait incarc\u00e9r\u00e9 depuis 2011 au centre de d\u00e9tention de la CPI, \u00e0 La Haye (Pays-Bas). L&rsquo;auteur de Climbi\u00e9 et d&rsquo;autres opus devenus des classiques de la litt\u00e9rature africaine, fut le premier \u00e9crivain africain dont on a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le centenaire de son vivant.<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-20362\" src=\"https:\/\/toutinfo.net\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/IMG_20190310_071842_980-300x149.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"149\" srcset=\"https:\/\/toutinfo.net\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/IMG_20190310_071842_980-300x149.jpg 300w, https:\/\/toutinfo.net\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/IMG_20190310_071842_980.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Rendant hommage \u00e0 l\u2019a\u00een\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de son centenaire en 2016, le romancier Koffi Kwahul\u00e9 \u00e9crivait dans\u00a0<em>Jeune Afrique<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Dadi\u00e9 est \u00e0 la litt\u00e9rature ce qu\u2019Houphou\u00ebt est \u00e0 la politique.<\/em>\u00a0\u00bb Autrement dit, un anc\u00eatre incontournable. Voire m\u00eame la matrice \u00e0 partir de laquelle la litt\u00e9rature ivoirienne est n\u00e9e.\u00a0 \u00ab Ecrire est, pour moi, un d\u00e9sir d\u2019\u00e9carter les t\u00e9n\u00e8bres, un d\u00e9sir d\u2019ouvrir \u00e0 chacun des fen\u00eatres sur le monde \u00bb, avait d\u00e9clar\u00e9 l\u2019\u00e9crivain lors de la c\u00e9r\u00e9monie du centenaire. Malgr\u00e9 son grand \u00e2ge, le doyen des lettres africaines \u00e9tait venu personnellement, jeudi 11 f\u00e9vrier 2016, au Palais de la culture d\u2019Abidjan pour recevoir le premier prix James Torres Bodet que l\u2019Unesco lui avait d\u00e9cern\u00e9 en hommage \u00e0 sa longue carri\u00e8re d\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n<p>La particularit\u00e9 de Bernard Dadi\u00e9 est d\u2019avoir pratiqu\u00e9 tous les genres, de la po\u00e9sie \u00e0 l\u2019essai, en passant par la fiction, le th\u00e9\u00e2tre et le conte. Il avait tout invent\u00e9. L\u2019homme avait coutume de collectionner les premi\u00e8res places.\u00a0<em>Climbi\u00e9<\/em>, son roman sans doute le plus connu, publi\u00e9 en 1956, est le premier ouvrage de fiction ivoirien. Avec sa pi\u00e8ce\u00a0<em>Les Villes<\/em>, jou\u00e9e \u00e0 Abidjan en avril 1934, Dadi\u00e9 a donn\u00e9 la toute premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre du corpus dramatique de l\u2019Afrique francophone. Enfin, last but not least, il fut le premier et le seul \u00e0 remporter deux fois le grand prix litt\u00e9raire de l\u2019Afrique noire, la premi\u00e8re fois en 1965 avec son roman\u00a0<em>Patron de New York<\/em>, et la deuxi\u00e8me fois en 1968 avec un autre roman\u00a0<em>La Ville o\u00f9 nul ne meurt<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019autre trait marquant de l\u2019\u0153uvre de Bernard Dadi\u00e9, c\u2019est son refus de la \u00ab\u00a0<em>n\u00e9gritude<\/em>\u00a0\u00bb comme source d\u2019inspiration, tranchant ainsi avec l&rsquo;id\u00e9ologie ch\u00e8re aux grands Africains de \u00e0 sa g\u00e9n\u00e9ration. Pour lui, \u00e9crit Nicole Vincil\u00e9oni, sp\u00e9cialiste de la litt\u00e9rature ivoirienne, \u00ab\u00a0<em>l\u2019Afrique est un v\u00e9cu et non une nostalgie. C\u2019est donc avec un c\u0153ur trop africain pour avoir \u00e0 clamer son africanit\u00e9 qu\u2019il regarde le monde [\u2026]<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Le Victor Hugo de la C\u00f4te d\u2019Ivoire\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Bernard Dadi\u00e9 n\u2019a certes pas \u00e9t\u00e9 le Senghor de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, mais il fut son Victor Hugo, toutes proportions gard\u00e9es. Ecrivain pr\u00e9coce, il est entr\u00e9 en litt\u00e9rature tr\u00e8s t\u00f4t, composant son premier texte de th\u00e9\u00e2tre,\u00a0<em>Les Villes<\/em>, en 1931, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 15 ans, lorsqu\u2019il est encore \u00e9l\u00e8ve \u00e0 l\u2019Ecole primaire sup\u00e9rieure de Bingerville. A 21 ans, il participe \u00e0 la composition d\u2019une sayn\u00e8te inspir\u00e9e de la cosmogonie agni, baptis\u00e9e\u00a0<em>Assemien Dehyl\u00e9 roi du Sanwi<\/em>\u00a0(Ceda, 1979). La pi\u00e8ce fut jou\u00e9e en 1937 au th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es de Paris, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Exposition universelle. Depuis, l\u2019Ivoirien n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00e9crire et a produit une vingtaine de livres, tous genres confondus. Son \u0153uvre raconte les combats de son peuple, ses l\u00e9gendes et ses aspirations que l\u2019\u00e9crivain a lui-m\u00eame incarn\u00e9es en tant que militant anti-colonial, avant de participer \u00e0 la vie politique en tant que, notamment, ministre de la Culture de Houphou\u00ebt-Boigny.<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1916 \u00e0 Assinie, non loin d\u2019Abidjan, sur les rives de l\u2019Atlantique, le futur \u00e9crivain a grandi dans une famille o\u00f9 combats politiques et engagement n\u2019\u00e9taient pas de vains mots. Son p\u00e8re \u00e9tait fondateur du premier syndicat agricole africain. Ce p\u00e8re combatif, qui tenait t\u00eate aux fermiers blancs et \u00e0 l\u2019administration coloniale, s\u2019\u00e9tait pourtant assur\u00e9 que son fils soit \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 l\u2019occidentale en l\u2019inscrivant \u00e0 l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise. Apr\u00e8s de brillantes \u00e9tudes primaires et secondaires, celui-ci partit parfaire son \u00e9ducation au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 \u00e0 la prestigieuse \u00e9cole William-Ponty \u00e0 Dakar, par laquelle ont transit\u00e9 de nombreux dirigeants de l\u2019Afrique ind\u00e9pendante. A sa sortie de l\u2019Ecole, il fut affect\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut fran\u00e7ais d\u2019Afrique noire (IFAN) et passa dix ans au S\u00e9n\u00e9gal, avant de regagner d\u00e9finitivement son pays \u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>A son retour en C\u00f4te d\u2019Ivoire en 1947, Dadi\u00e9 s\u2019engagea dans l\u2019activisme anticolonial, au sein du Rassemblement d\u00e9mocratique africain (RDA), formation cr\u00e9\u00e9e sous l\u2019impulsion de F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, avec le retour au pays des soldats africains qui avaient particip\u00e9 aux batailles sur les fronts europ\u00e9ens et avaient vu l\u2019Europe se d\u00e9chirer dans une longue et terrible guerre fratricide, les colonies africaines furent secou\u00e9es par de timides mouvements de lib\u00e9ration. Avec ses compagnons de lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance, Dadi\u00e9 fut arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9 en 1949 pour \u00ab\u00a0<em>activit\u00e9s anti-fran\u00e7aises<\/em>\u00a0\u00bb. Il fera seize mois de prison, avant d\u2019\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9 au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un non-lieu.<\/p>\n<p>Le jeune homme, traumatis\u00e9 par son passage dans la lutte politique militante, se r\u00e9fugiera alors dans l\u2019\u00e9criture, son premier amour. Il va d\u00e9sormais exprimer son engagement aussi \u00e0 travers la litt\u00e9rature, tout en menant parall\u00e8lement une vie professionnelle et politique intense au sein de l\u2019administration ivoirienne.<\/p>\n<p>L&rsquo;engagement politique de Dadi\u00e9 le conduisit des cabinets minist\u00e9riels au gouvernement. Il fut l&rsquo;un des piliers de l\u2019administration culturelle ivoirienne pendant la longue pr\u00e9sidence d\u2019Houphou\u00ebt-Boigny. D\u2019abord chef de cabinet du ministre de l\u2019Education nationale, puis directeur des services de l\u2019information (1959-61), directeur des Beaux-Arts (1962-63) et des affaires culturelles (1973-1976), il finira sa carri\u00e8re politique en tant que ministre de la Culture et de l\u2019Information, poste qu&rsquo;il occupa entre 1977 et 1986. Pendant ces neuf ann\u00e9es \u00e0 la t\u00eate de ce minist\u00e8re sensible, Dadi\u00e9 favorisa l&rsquo;\u00e9panouissement de la presse libre et lib\u00e9ralisa les pratiques artistiques et culturelles.<\/p>\n<p><strong>Lucide et impitoyable<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est aussi au cours des ann\u00e9es 1950 \u00e0 1980 que Bernard Dadi\u00e9 produisit l\u2019essentiel de son \u0153uvre litt\u00e9raire. Il se fit d\u2019abord conna\u00eetre comme po\u00e8te, avec la publication \u00e0 Paris, en 1950, de son recueil de po\u00e8mes au titre \u00e9vocateur,\u00a0<em>Afrique debout<\/em>\u00a0(Seghers). Les po\u00e8mes au ton martial et \u00e0 la formulation d\u00e9pouill\u00e9e r\u00e9pondent en \u00e9cho aux luttes des hommes noirs asservis et proclament le caract\u00e8re in\u00e9luctable du changement \u00e0 venir. \u00ab\u00a0<em>Les rois du p\u00e9trole et du fer\/ Les princes du diamant et de l\u2019or\/ Les barons du bois et du caoutchouc\/ Veulent me dompter \u00bb, mais \u00ab Nous les emp\u00eacherons de nous mettre le b\u00e2illon<\/em>\u00a0 \u00bb, clame le po\u00e8te.<\/p>\n<p>Les ouvrages se succ\u00e8dent et ne se ressemblent pas. Au cours des deux d\u00e9cennies qui suivirent, Bernard Dadi\u00e9 \u00e9tait au sommet de son art et publia l\u2019essentiel des ouvrages qui ont fait sa renomm\u00e9e. Dans ses premiers livres de contes,\u00a0<em>L\u00e9gendes africaines<\/em>(Seghers, 1954) et\u00a0<em>Le Pagne noir<\/em>\u00a0(Pr\u00e9sence Africaine, 1956), puisant dans la longue tradition orale africaine, il transmet les sagesses tir\u00e9es du pass\u00e9 de son peuple et m\u00eale &#8211; avec brio \u2013 le fantastique, le r\u00e9alisme et le lyrisme. La restitution et la transmission des r\u00e9cits anciens constituent un pan majeur de l\u2019\u0153uvre de Bernard Dadi\u00e9, qui n\u2019eut de cesse de r\u00e9p\u00e9ter que seuls les peuples enracin\u00e9s dans leur pass\u00e9 savent o\u00f9 ils vont, m\u00eame lorsqu\u2019ils ont subi les outrages les plus terribles.<\/p>\n<p>Paru en 1956,\u00a0<em>Climbi\u00e9<\/em>\u00a0(Seghers), \u00e0 mi-chemin entre roman et chronique autobiographique, raconte, tout comme les autres romans de formation de l\u2019\u00e9poque coloniale, les dramatiques dilemmes identitaires de la jeunesse noire alphab\u00e9tis\u00e9e. Celle-ci est tiraill\u00e9e entre les valeurs africaines de ses anc\u00eatres et les f\u00e9tiches de sa civilisation que l\u2019Europe tente de lui imposer \u00e0 travers ses \u00e9coles, sa puissance et sa domination. Tous les jeunes d\u2019Afrique noire connaissent\u00a0<em>Climbi\u00e9<\/em>, devenu un grand classique de la litt\u00e9rature francophone.<\/p>\n<p>Enfin, le trio\u00a0<em>Un N\u00e8gre \u00e0 Paris<\/em>\u00a0(Pr\u00e9sence Africaine, 1959),\u00a0<em>Patron de New York<\/em>\u00a0(Pr\u00e9sence Africaine, 1964) et\u00a0<em>La Ville o\u00f9 nul ne meurt<\/em>\u00a0(Pr\u00e9sence Africaine, 1969), productions embl\u00e9matiques de cette p\u00e9riode faste, mettent en sc\u00e8ne avec une d\u00e9lectation ironique et moraliste la confrontation de l\u2019homme africain avec les m\u00e9tropoles occidentales (Paris, New York et Rome), avec leurs modernit\u00e9s ombrageuses et leurs faux-fuyants. L\u2019auteur donne dans cette trilogie originale toute la mesure de son talent de critique sociale, aussi lucide qu\u2019impitoyable.<\/p>\n<p><strong>Retour au th\u00e9\u00e2tre et&#8230; \u00e0 la politique<\/strong><\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, Bernard Dadi\u00e9 renoua avec le th\u00e9\u00e2tre, porte par laquelle il \u00e9tait entr\u00e9 en litt\u00e9rature dans sa jeunesse. Il publiera successivement, aux \u00e9ditions Pr\u00e9sence Africaine,\u00a0<em>Monsieur Th\u00f4g\u00f4-Gnini\u00a0<\/em>(1970), une satire des m\u0153urs coloniales,\u00a0<em>B\u00e9atrice du Congo<\/em>\u00a0(1970), une pi\u00e8ce historique sur la colonisation portugaise dans l\u2019Afrique centrale,\u00a0<em>Iles de temp\u00eate<\/em>(1973), drame en plusieurs tableaux consacr\u00e9 \u00e0 la lutte de lib\u00e9ration des Ha\u00eftiens, ainsi que d\u2019autres pi\u00e8ces moins connues chez des \u00e9diteurs africains. Riche des ressources dramatiques africaines, le th\u00e9\u00e2tre de Dadi\u00e9 pla\u00eet \u00e0 un tr\u00e8s large public et il a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 sur des sc\u00e8nes internationales, \u00e0 Paris, \u00e0 Avignon et m\u00eame \u00e0 New York.<\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019a quasiment rien produit au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies de sa vie, le centenaire n\u2019avait rien perdu de sa combativit\u00e9, comme en t\u00e9moigne son int\u00e9r\u00eat persistant pour la vie politique dans son pays. N\u2019avait-il pas r\u00e9cemment vou\u00e9 aux g\u00e9monies le chef de l&rsquo;Etat ivoirien Alassane Ouattara, l&rsquo;accusant de n\u00e9gliger la voix du peuple ? L\u2019homme avait d\u2019ailleurs depuis longtemps pris fait et cause pour Laurent Gbagbo, allant jusqu&rsquo;\u00e0 assumer d\u00e8s 2002 la direction du Congr\u00e8s national de r\u00e9sistance pour la d\u00e9mocratie (CNRD), mouvement mis en place par Simone Gbagbo pour la d\u00e9fense son mari. En 2016, \u00e0 l\u2019occasion de son centenaire, il avait lanc\u00e9 une p\u00e9tition publique pour r\u00e9clamer la lib\u00e9ration de Gbagbo, rappelant que \u00ab\u00a0<em>depuis plus de cinq ans la CPI peine \u00e0 apporter la moindre preuve mat\u00e9rielle au soutien des charges retenues contre Laurent Gbagbo<\/em>\u00a0\u00bb. La p\u00e9tition avait recueilli 26 millions de signatures!<\/p>\n<p>Les prises de position de Bernard Dadi\u00e9 contre le r\u00e9gime ivoirien en place n&rsquo;ont pas toutefois emp\u00each\u00e9 le ministre de la Culture d&rsquo;Alassane Ouattara de participer \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de remise de prix \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain par l&rsquo;Unesco, qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 Abidjan le 11 f\u00e9vrier 2016. Sans doute parce que l&rsquo;oeuvre litt\u00e9raire de Dadi\u00e9, reconnue dans le monde entier, n&rsquo;appartient \u00e0 aucun camp et d\u00e9passe les rivalit\u00e9s politiques du moment. On pourrait dire qu&rsquo;elle n&rsquo;est ni ouattariste, ni gbagboiste, en parodiant l&rsquo;\u00e9crivain qui aimait r\u00e9p\u00e9ter dans ses ann\u00e9es de militantisme politique aux c\u00f4t\u00e9s de F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0<em>ni houphou\u00e9tiste, ni antihouphou\u00e9tiste, mais tout simplement ivoirien\u00a0<\/em>\u00bb !<\/p>\n<p><strong>( Par rfi )<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;immense Bernard Dadi\u00e9 vient de d\u00e9c\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e2ge v\u00e9n\u00e9rable de 103 ans, a annonc\u00e9 ce samedi le ministre ivoirien de<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":20363,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[5,18,21,17,15,6,2,4],"tags":[],"class_list":["post-20361","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-afrique","category-culture","category-education","category-environnement","category-international","category-politique","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20361","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20361"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20361\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20361"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20361"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20361"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}