{"id":171133,"date":"2025-12-16T07:51:01","date_gmt":"2025-12-16T07:51:01","guid":{"rendered":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=171133"},"modified":"2025-12-16T07:51:26","modified_gmt":"2025-12-16T07:51:26","slug":"saison-des-xal-dakar-croque-la-pasteque-les-vendeurs-se-plaignent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=171133","title":{"rendered":"SAISON DES \u00ab XAL \u00bb: Dakar croque la past\u00e8que, les vendeurs se plaignent"},"content":{"rendered":"\n<p>Depuis plus de deux mois, Dakar savoure pleinement la saison des past\u00e8ques, commun\u00e9ment appel\u00e9es \u00ab Xal \u00bb en wolof. D\u2019octobre \u00e0 aujourd\u2019hui, les art\u00e8res de la capitale se sont transform\u00e9es en v\u00e9ritables march\u00e9s \u00e0 ciel ouvert. Des Maristes \u00e0 Libert\u00e9 6, en passant par Sacr\u00e9-C\u0153ur, les vendeurs &#8211; en gros comme au d\u00e9tail &#8211; occupent trottoirs et ronds-points, attirant une client\u00e8le avide de fra\u00eecheur.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux Maristes, Aliou Pomane, venu de Koungheul dans la r\u00e9gion de Kaffrine, \u00e9coule lui-m\u00eame la production de son champ. \u00ab J\u2019ai cultiv\u00e9 ces past\u00e8ques en deux mois et quinze jours. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 Dakar avec mon stock le 5 novembre \u00bb, explique-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux Maristes, la gal\u00e8re du producteur-vendeur<\/p>\n\n\n\n<p>Mais derri\u00e8re l\u2019abondance, les difficult\u00e9s sont nombreuses. La chaleur, l\u2019absence de stockage adapt\u00e9 et la d\u00e9t\u00e9rioration rapide des fruits plombent ses espoirs de b\u00e9n\u00e9fices. \u00ab Les past\u00e8ques sont pos\u00e9es \u00e0 m\u00eame le sol, \u00e7a pourrit vite. Une seule past\u00e8que pourrie peut contaminer les autres \u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Aliou estime ses frais de d\u00e9placement \u00e0 450 000 FCFA, incluant la coupe, le transport et la manutention, sans compter les co\u00fbts de labour et de culture. \u00ab On est en d\u00e9cembre et je n\u2019ai pas encore d\u00e9gag\u00e9 de b\u00e9n\u00e9fice. J\u2019ai juste couvert mes frais. J\u2019ai vendu entre 200 000 et 400 000 francs jusque-l\u00e0 \u00bb, confie-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 avec pr\u00e8s de 50 tonnes de past\u00e8ques, transport\u00e9es dans un camion \u00e0 moiti\u00e9 rempli, il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9coul\u00e9 son stock initial et fait revenir d\u2019autres cargaisons depuis son champ. Les prix varient selon la taille et la qualit\u00e9 : 300, 500, 1 500, 2 000 jusqu\u2019\u00e0 2 500 FCFA. \u00ab On est l\u00e0 24h\/24. Et puis, je donne aussi beaucoup. C\u2019est \u00e0 manger, il faut sortir l\u2019assaka. Des gens demandent, on partage \u00bb, glisse-t-il, philosophe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Libert\u00e9 6, un business bien rod\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Libert\u00e9 6, \u00e0 proximit\u00e9 du BRT, un groupe de jeunes est assis autour d\u2019un imposant tas de past\u00e8ques. L\u2019ambiance est d\u00e9tendue. Abdou, l\u2019un des vendeurs, raconte une installation r\u00e9cente mais d\u00e9j\u00e0 rentable. \u00ab On s\u2019en sort bien. Les S\u00e9n\u00e9galais aiment beaucoup le \u2018Xal\u2019 \u00bb, assure-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe emploie trois man\u0153uvres charg\u00e9s de d\u00e9charger les camions. \u00ab Une fois les frais sortis, on arrive \u00e0 gagner quelque chose \u00bb, affirme Abdou, pr\u00e9cisant que les prix oscillent eux aussi entre 500 et 2 500 francs.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur place, des charretiers-revendeurs viennent r\u00e9guli\u00e8rement acheter des past\u00e8ques, parfois \u00e0 prix cass\u00e9s, qu\u2019elles soient en bon \u00e9tat ou l\u00e9g\u00e8rement ab\u00eem\u00e9es, pour aller les revendre ailleurs dans la ville. Abdou souligne \u00e9galement un point important. \u00ab On a fait toutes les d\u00e9marches administratives \u00e0 la mairie pour avoir l\u2019autorisation de s\u2019installer. En r\u00e9sum\u00e9, dit-il, on ne se plaint pas \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le regard du revendeur ambulant<\/p>\n\n\n\n<p>Intercept\u00e9 \u00e0 Sacr\u00e9-C\u0153ur, Mass Diop sillonne Dakar avec sa charrette \u00e0 la recherche de clients. Contrairement \u00e0 Aliou, il n\u2019est pas producteur mais revendeur. \u00ab On nous am\u00e8ne les past\u00e8ques depuis le Saloum ou Gossas. Nos stocks sont \u00e0 Libert\u00e9 6, au rond-point Gadaye \u00bb, explique-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Son b\u00e9n\u00e9fice est modeste mais suffisant. \u00ab J\u2019y trouve mon compte. C\u2019est un petit b\u00e9n\u00e9fice. Parfois beaucoup, parfois pas trop, \u00e7a d\u00e9pend \u00bb, nuance Mass qui dit vendre jusqu\u2019\u00e0 40 past\u00e8ques par jour. Les marges varient selon le prix d\u2019achat. \u00ab Je peux acheter \u00e0 700 et revendre \u00e0 1 000 francs. Ou acheter \u00e0 250 et revendre \u00e0 500 ou 600 \u00bb, renseigne-t-il, indiquant que chez lui, le prix maximum d\u00e9passe rarement 1 000 FCFA.<\/p>\n\n\n\n<p>Chauffeur de profession, Momar profite de la saison de la past\u00e8que pour arrondir ses fins de mois. \u00ab J\u2019ai commenc\u00e9 le 12 novembre. Je vends jusqu\u2019\u00e0 la fin de la campagne, apr\u00e8s je reprends mon travail \u00bb, confie-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Une saison populaire, entre d\u00e9brouille et solidarit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les rues de Dakar, la saison des \u00ab Xal \u00bb est bien plus qu\u2019un simple commerce. Elle est un moment de d\u00e9brouille \u00e9conomique, de solidarit\u00e9 informelle et de consommation populaire. Entre producteurs venus de l\u2019int\u00e9rieur du pays, vendeurs organis\u00e9s et revendeurs ambulants, la past\u00e8que s\u2019impose comme un fruit phare de saison : accessible, rafra\u00eechissant et profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans les habitudes urbaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Mame Ndella FAYE<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus de deux mois, Dakar savoure pleinement la saison des past\u00e8ques, commun\u00e9ment appel\u00e9es \u00ab Xal \u00bb en wolof. 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