{"id":168764,"date":"2025-11-15T08:33:00","date_gmt":"2025-11-15T08:33:00","guid":{"rendered":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=168764"},"modified":"2025-11-15T06:37:51","modified_gmt":"2025-11-15T06:37:51","slug":"nouvelle-tendance-de-la-gente-feminine-mireille-et-sous-le-soleil-le-retour-triomphal-des-tresses-africaines-au-senegal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/toutinfo.net\/?p=168764","title":{"rendered":"NOUVELLE TENDANCE DE LA GENTE F\u00c9MININE,\u00ab Mireille \u00bb et \u00ab Sous le soleil \u00bb : le retour triomphal des tresses africaines au S\u00e9n\u00e9gal"},"content":{"rendered":"\n<p>Sous l\u2019impulsion des r\u00e9seaux sociaux et d\u2019artistes comme Mia Guiss\u00e9, les tresses africaines refont surface dans les salons de Dakar. Entre tradition et modernit\u00e9, ce retour en force c\u00e9l\u00e8bre la beaut\u00e9 naturelle et la fiert\u00e9 afro des femmes s\u00e9n\u00e9galaises.<\/p>\n\n\n\n<p>Longtemps rel\u00e9gu\u00e9es au second plan, les tresses africaines refont aujourd\u2019hui surface avec \u00e9clat dans les salons de coiffure s\u00e9n\u00e9galais. Autrefois symboles d\u2019identit\u00e9 et de statut, elles renaissent sous de nouveaux codes, entre tradition et modernit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Dakar comme dans ses banlieues, la mode des \u00ab Mireille \u00bb ou \u00ab Sous le soleil \u00bb, agr\u00e9ment\u00e9es de perles color\u00e9es, fait fureur. Les instituts de beaut\u00e9 ne d\u00e9semplissent plus. Reportage \u00e0 FaalQueen, temple capillaire de Keur Mbaye Fall, dans la banlieue dakaroise.Une effervescence capillaire \u00e0 DakarIl est 11 h 37, ce dimanche 19 octobre. \u00c0 l\u2019institut de beaut\u00e9 FaalQueen, sis \u00e0 Keur Mbaye Fall, l\u2019ambiance est \u00e9lectrique. L\u2019air est parfum\u00e9, les \u00e9tag\u00e8res d\u00e9bordent de perruques de toutes couleurs. Dans la salle principale, les apprenties coiffeuses &#8211; les jumelles Awa et Adama, Mariama, Mamy Kant\u00e9 &#8211; s\u2019activent autour des clientes.Quelques minutes plus tard, Fatou Tour\u00e9 Mme Thiam, la propri\u00e9taire, descend avec gr\u00e2ce de l\u2019\u00e9tage, v\u00eatue d\u2019un ensemble bleu ciel. Elle salue chaleureusement ses clientes avant de leur souhaiter la bienvenue. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je veux des tresses, il fait chaud ! \u00bb, lance une jeune femme au teint clair, d\u00e9clenchant des rires complices. \u00ab Ah oui, les tresses sont devenues tendance, surtout depuis que Mia Guiss\u00e9 les a remises \u00e0 la mode. Avec ses perles multicolores, c\u2019est \u00e0 la fois chic et authentique ! \u00bb, confie Fatou, tout sourire. <\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9ance commence. Deux heures de tressage minutieux, de papotages et d\u2019\u00e9changes sur la beaut\u00e9 \u00ab afro \u00bb qui refait surface.<\/p>\n\n\n\n<p>Une coiffure, une m\u00e9moire<\/p>\n\n\n\n<p>Bien avant que la modernit\u00e9 n\u2019impose greffages et cheveux liss\u00e9s, les coiffures tress\u00e9es, cornrows, nattes coll\u00e9es, box braids, ou encore \u00ab Senegalese twists \u00bb, \u00e9taient un langage. Elles traduisaient l\u2019appartenance \u00e0 une ethnie, un \u00e2ge, un rang social, ou m\u00eame un \u00e9v\u00e9nement de vie.Au S\u00e9n\u00e9gal, chaque communaut\u00e9 poss\u00e9dait ses propres codes.<\/p>\n\n\n\n<p> Ces motifs, v\u00e9ritables cartes d\u2019identit\u00e9 capillaires, racontaient une histoire avant m\u00eame qu\u2019un mot ne soit prononc\u00e9. Mais la mondialisation et les standards de beaut\u00e9 import\u00e9s ont peu \u00e0 peu effac\u00e9 ces marqueurs culturels. Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Un retour aux sources et \u00e0 la fiert\u00e9 afro<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi cet engouement soudain pour les tresses africaines ? Les raisons sont multiples. D\u2019abord, un retour \u00e0 l\u2019identit\u00e9 et \u00e0 la fiert\u00e9 afro, dans un contexte mondial o\u00f9 les cheveux naturels et les coiffures traditionnelles sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9s. Les tresses, au-del\u00e0 de l\u2019esth\u00e9tique, deviennent un acte militant : une affirmation de soi et de son h\u00e9ritage.Ensuite, elles allient beaut\u00e9 et praticit\u00e9 : r\u00e9sistantes \u00e0 la chaleur, protectrices pour les cheveux cr\u00e9pus, et surtout durables. <\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9seaux sociaux jouent aussi un r\u00f4le majeur. Sur TikTok et Instagram, les vid\u00e9os de coiffures africaines, agr\u00e9ment\u00e9es de perles, fils dor\u00e9s ou m\u00e8ches color\u00e9es, se multiplient, inspirant des milliers de jeunes femmes. \u00c0 Dakar, les salons rivalisent de cr\u00e9ativit\u00e9. On y marie les influences modernes aux traditions s\u00e9culaires, on tresse, on invente, on ose.<\/p>\n\n\n\n<p>Les styles phares du moment<\/p>\n\n\n\n<p>Les box braids longues tiennent le haut du pav\u00e9 : de grosses nattes \u00e9paisses, souvent prolong\u00e9es par des extensions. Les cornrows \u00e0 motifs g\u00e9om\u00e9triques ou diagonaux offrent un rendu structur\u00e9, plaqu\u00e9 et \u00e9l\u00e9gant. Les accessoires font toute la diff\u00e9rence : perles color\u00e9es, fils m\u00e9talliques, bijoux capillaires ou m\u00e8ches bicolores\u2026 Chaque t\u00eate devient une \u0153uvre d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J\u2019ai fait mes tresses pour avoir un style propre et pratique. Et puis, j\u2019aime ce que \u00e7a dit de moi. Je suis fi\u00e8re de mes racines. Les Am\u00e9ricaines et les Europ\u00e9ennes adorent nos tresses ! Nous devons, nous aussi, les assumer \u00bb, t\u00e9moigne Astou, une cliente venue se faire tresser, le sourire aux l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p>La parole aux professionnelles<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re ses ciseaux et ses peignes, Fatou Tour\u00e9 observe la transformation. \u00ab Avant, les clientes demandaient surtout des d\u00e9frisages. Maintenant, elles r\u00e9clament des tresses africaines. On parle motifs, accessoires, entretien\u2026 C\u2019est devenu un vrai art ! \u00bb, confie la coiffeuse.Son institut emploie une dizaine de jeunes femmes, form\u00e9es aux techniques ancestrales revisit\u00e9es. \u00ab C\u2019est un travail minutieux, mais gratifiant. Les tresses, c\u2019est notre h\u00e9ritage. Et aujourd\u2019hui, c\u2019est aussi notre gagne-pain \u00bb, glisse-t-elle fi\u00e8rement \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n\n\n\n<p>Tradition, cr\u00e9ativit\u00e9 et \u00e9conomie locale<\/p>\n\n\n\n<p>Le renouveau des tresses africaines d\u00e9passe la simple effet de mode. Des tresses \u00ab Mireille \u00bb \u00e0 \u00ab Sous le soleil \u00bb, c\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel, \u00e9conomique et identitaire qui s\u2019est empare des jeunes filles et femmes S\u00e9n\u00e9galaises depuis quelques semaines.Le ph\u00e9nom\u00e8ne est culturel, parce qu\u2019il r\u00e9affirme la beaut\u00e9 noire et la richesse des traditions s\u00e9n\u00e9galaises. Il est aussi \u00e9conomique, car il dynamise tout un secteur. <\/p>\n\n\n\n<p>Des salons, aux coiffeuses, en passant par les fournisseurs d\u2019extensions et d\u2019accessoires, chacun y gagne. Il est identitaire enfin, parce qu\u2019il incarne une g\u00e9n\u00e9ration qui assume sa double appartenance : enracin\u00e9e et moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Une renaissance capillaire et symbolique<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les rues de Dakar, sur les plages, dans les transports, les universit\u00e9s, les \u00e9coles ou les march\u00e9s\u2026 les tresses racontent \u00e0 nouveau une histoire. Celle d\u2019un peuple fier de ses origines, pr\u00eat \u00e0 revisiter son patrimoine.Le retour des tresses africaines au S\u00e9n\u00e9gal n\u2019est pas qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne esth\u00e9tique. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une r\u00e9appropriation culturelle, un mouvement de fiert\u00e9 et un pont entre pass\u00e9 et pr\u00e9sent. Sous le soleil br\u00fblant de Dakar, chaque tresse, chaque perle, chaque motif semble murmurer : \u00ab Nous sommes belles, fortes, et fi\u00e8res d\u2019\u00eatre nous \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Adama AIDARA <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous l\u2019impulsion des r\u00e9seaux sociaux et d\u2019artistes comme Mia Guiss\u00e9, les tresses africaines refont surface dans les salons de Dakar.<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":168765,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[5,4],"tags":[],"class_list":["post-168764","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/168764","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=168764"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/168764\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":168766,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/168764\/revisions\/168766"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/168765"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=168764"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=168764"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/toutinfo.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=168764"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}